Dans le couloir

jan 19 2012

Moi j’avais pas tellement envie qu’il parte. Pas vraiment. Ca me laissait comme un creux dans mon trop plein de moi, dans mes journées petits cubes dans les petites cases, répétez s’il vous plaît je ne comprends pas, opérateur please, mon cerveau ce grumeau, et puis le téléphone sonnait et je me mettais à rire presque par réflexe, parce que j’avais décidé de rire de tout ce qu’il pourrait dire, même le commun, même l’absurde, même ce qui me laissait ce goût entre les dents, entre le pourri et le sublime, ce truc en trop qui rendait tout caduque, qui annulait en permanence ce qu’il disait quelques secondes avant. Pas le genre de type auquel tu racontes ton enfance malheureuse et ton déguisement de fée à la foire aux costumes de St Jean de Mont l’été, le genre à décider de tout, ce qu’il te donne et ce qu’il te prend, sans que tu puisses vraiment faire oeuvre de volonté, juste décider de laisser faire et de rire, puisque rien n’aurait d’importance, puisqu’on pourrait tout se dire.

Il y a des gens qu’on décide d’aimer sans leur demander leur avis, sans faire de déclaration ou de promesses, qu’on aime malgré eux parfois, parce qu’on a la certitude un peu surnaturelle qu’il existe quelque chose de plus dense, de plus lourd que les mots qu’on échange. Il y a de ces gens qu’on aime pour toute la vie, même sans les voir, on les porte quelque part, on s’en souvient et on les fait vivre, dialogues inventés et souvenirs en replay. Est ce qu’on les aime pour ce qu’ils sont ou pour ce que nous décidons d’en faire dans notre salle de montage intérieure, coupez-collez-oubliez ? L’important c’est de les faire bouger, de les animer entre deux ombres, un drap tendu et une bougie dans la rétine, les doigts qui bougent et les idées qui s’agglutinent. Et si ce que je ressens m’appartiens, seulement à moi, si l’impression, le sentiment, si mon souvenir est coloré en post-production, alors tant pis, j’aime mieux ça qu’un monde plat et gris, où les rires sont moins sonores et les sourires moins grands. Je décide d’aimer comme je décide de me souvenir, à ma manière, sans jamais partager, pour éviter l’usure, pour éviter que le Polaroïd ne se fane, oublié sur une table d’entrée.

Moi j’avais pas tellement envie qu’il parte ce matin, quand j’ai attrapé le quart d’une seconde son regard dans le couloir devant l’ascenseur, et qu’il m’a semblé qu’il n’était pas si heureux, et que j’aurais aimé croire que c’était de me quitter, mais que ca pouvait être tout autre chose, un caillou dans sa chaussure ou sa montre mal réglée. Peut-être que j’attendais qu’il se retourne comme dans un film guimauve et qu’il me serre une dernière fois, sur une musique un peu triste mais pleine d’espoir, du genre qui raconte que la vie continue et qu’il faut se battre, comme si on sortait de chimiothérapie et qu’un enfant très beau se mettait à faire ses premiers pas sur le tapis de la salle d’attente, bref quelque chose de miraculeux et d’extraordinaire qui n’existera pas.Peut-être que c’était mieux comme ca, parce que se dire au revoir c’est juste la putain de ta race d’une corvée infame, et qu’il y a d’autres moments bien plus tristes, et qu’il n’y pas de raison de faire de tout un mauvais film. Moi je n’aime pas que les gens partent, je les aime juste à côté, là où je peux les attraper et les pincer, et même là je les trouve encore trop loin, je veux les manger et les avaler, les digérer et les stocker entre deux bourrelets, je veux les gens que j’aime sous mon épiderme, au chaud, calés.

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C’est le bordel

jan 07 2012

C’est le bordel. Parfois c’est bien, ce bordel. Parfois tu ne marches pas sur une aiguille en te levant, les chaussettes ne se perdent pas entre la machine à laver et tes pieds, il reste du café et une tasse propre, alors finalement rien n’est grave, et puis il fait beau, alors vraiment on s’en fout, que ca soit rangé ou pas, que l’ascenseur tombe en panne ou qu’il ne reste plus de lait de soja. C’est le bordel mais c’est joli, un peu comme dans une maison avec trop de mômes quand tu n’en as pas, quand t’as encore l’oeil ému par les petites chaussures éparpillées et les traces de doigts sur le canapé. Et puis, tu sais pas trop pourquoi, ce qui était charmant devient à chier, le doigt de pied qui se coince sous le canapé, l’air froid en sortant de la douche et la serviette roulée en boule sur le carrelage mouillé, la bouilloire qui met trois plombes à siffler, le téléphone qui sonne trop ou pas assez, le bordel tourne capharnaüm et ton cerveau peine à s’organiser, tu peines sur les mots et tes phrases sont débiles, tu te pinces le ventre pour te réveiller, tu te tires les cheveux mais rien n’y fait, c’est le bordel, c’est trop le bordel et il est trop tard pour ranger.

Je me pose là comme une putain de statue de commandeur, les pieds noyés sous une pile de fringue qui dégueule de mon armoire, Pax Malm sans portes, la putain de ta race de perceuse, con de suédois, enculé de déménagement, vie de merde, petite larme. Et puis j’oublie, parce que tu ne peux pas passer ta vie à t’émouvoir sur un paquet de vis oublié quelque part, dans un appartement que tu as quitté en trainant les pieds, tu peux pas te laisser déborder par les souvenirs, par les images au ralenti, tu sais, le temps où t’y croyais, alors je tape dans le vide, je casse un verre. Parce qu’à part ça, il n’y a vraiment rien d’intelligent à faire, juste s’enfoncer des aiguilles sous la peau exprès, pour voir si ca fait toujours aussi mal, pour voir si tu ressens autant la douleur, l’abandon et l’enfermement. Pas la peine de jouer, l’histoire tu la connais, qu’est ce qu’il y a d’autre à dire, qu’est ce qu’il y a d’autre à expliquer, foutu pour foutu, raté pour raté, encore un train qui passe, encore des années à effacer. Perte et profit, ma putain de devise, je vais me faire tatouer.

Faut parler, il paraît, faut que ca sorte, faut que ca chiale et faut que ca crie, faudrait se mettre en colère, faudrait détester, faudrait s’animer d’une haine farouche, faudrait réagir, faudrait pas se laisser aller. Moi je ferme bien ma gueule parce que si je l’ouvre je vomis, je gerbe des yeux et je tremble des pieds, parce qu’il n’y a rien à dire à part le désespoir d’avoir perdu alors qu’on ne pensait pas jouer. Ni tirage ni grattage pour les handicapés de la chance, je perds tout depuis ma naissance, mes clés mon écharpe mes gants mon bonnet, ca se casse, ca se défile, ca décide de s’en aller, t’as beau les serrer fort, t’as beau les engueuler, tout disparait, tout s’annule, rien n’est jamais comme sur l’emballage, les couleurs un peu passées.

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L’ascenseur

jan 02 2012

J’aime pas les ascenseurs. Ce truc encastré dans le béton qui va et qui vient à la merci d’un ordinateur maléfique. Descend ou monte, après tout tu ne contrôles rien, c’est Hal et les machines, tu pousses un bouton mais c’est une illusion, il suffit d’un rien, d’un fil ou d’un conduit, pour que les portes se referment ou que les rouages s’emballent, pour que ta tête vienne s’écraser 6 étages plus bas dans un amas  sanguinolent de câbles et de sacs de courses remplis. Et puis il y a l’espace, ou plutôt le manque d’air, le manque de portes et de fenêtres, les lumières artificielles qui ne te montrent jamais comme tu aurais voulu être. C’est le lieu des déceptions, des coups de fils coupés, des mots perdus, des cabas qui se renversent, du canapé qui ne veut pas rentrer, des déménagements et des emménagements, des bébés qu’on oublie. Et la culpabilité. Ce truc que tu n’imagines pas. Parce que les gens me regardent toujours quand je rentre, parce que je prends trop de place, parce qu’il y a une limite de poids. Alors dans ma tête, c’est les chiffres et les lettres, je me mets à additionner les poids supposés de ces étrangers, cette dame au manteau de fourrure semble malingre, mais son chien obèse compense, cet homme trop musclé doit souffrir de son IMC classé en obésité, et cet enfant, quatorze kilos, peut-être quinze, et moi, 480, encore 120 avant que la sonnerie de surcharge ne retentisse, on ne pourra pas m’accuser, on ne pourra rien dire, ce n’est pas de ma faute, cette fois je n’y suis pour rien. Et pourtant la machine refuse de s’élever et je sens les yeux qui se collent dans mon dos et qui m’accusent, l’homme tousse et la dame soupire, il faut que quelqu’un se décide à sortir et bien sur c’est moi, parce que je suis la plus lourde et que c’est de ma faute, si l’ascenseur ne décolle pas et si mon père ne m’aime pas.

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Histoire de la grosse bite à travers les Âges

déc 11 2011

Dans l’immensité des expériences que nous offre cette chienne de pute de vie, à travers les naissances, les premiers emplois, les ratés conjugaux, les lettres d’huissiers et les tartines qui tombent toujours du côté beurré, il y a quand même quelque chose qu’on ne nous enlèvera pas, quelque chose qui n’appartient qu’à nous, ce moment magique et singulier où tu t’aperçois que ton amant a une grosse bite. Je ne parle pas de la bite moyen-plus, celle qu’on croise relativement régulièrement au rayon surgelés de supermarchés, celle qu’on feint d’adorer en la frottant délicatement contre notre joue, non, vraiment la grosse bite, celle qui ressemble au déodorant FA de tes 15 ans, celui là même que tu utilisais pour te dévirginiser tranquillement pendant la sieste de Papa et Maman. Un morceau de bidoche énorme, mini roti sans filet, aussi large en bas qu’en haut, long comme un saucisson sec, et dur comme une dent de bébé requin, voilà le portrait de la queue qui t’extirpe à chaque fois ce soupir-sourire de contentement lorsque tu la découvres pour la première fois attachée à quelqu’un. D’ailleurs parlons en de ce quelqu’un : il arrive que par un coup du destin, cette pute donc, on se retrouve à bécoter de façon déshabillée un type pas franchement jojo, pas franchement ta came, mais par désœuvrement, par alcoolémie avancée ou par sens du service à l’humanité, tu décides quand même de te le taper. Le genre de mec que tu embrasses pas trop parce qu’il pue un peu de la gueule, mais qui fait bien la grande cuillère quand t’as besoin de souffler trois minutes dans les bras d’un individu, n’importe lequel. Bref, imaginons ce Marcel Quidam, et offrons lui par le plus grand des miracles une bite énorme. Génie ! Folie ! Marcel gagne immédiatement +5 points dans l’échelle de l’intêret. On pourra rapporter aux copines avec la syntaxe suivante : « Marcel ? ouais je sais il est pas terrible, mais quand tu vois sa bite, franchement, tu comprends tout quoi ».

On comprend tout, on comprend rien, mais on sait que la grosse bite est un atout. Il convient maintenant de préciser qu’un connard à la queue bouffie qui s’en servirait comme d’un marteau piqueur dans notre pudding intérieur serait malvenu. A gros engin, grosse responsabilité. Essayez donc de vous faire pilonner en levrette pendant 28 minutes par une bouteille d’Evian format Sport, et revenez ici nous donner vos impressions. C’est pas terrible, ca fait mal, voir même ca blesse, ca crevasse et ca fissure, ca assèche le fondement et ca nous demande de nous cracher sur les doigts en rythme pour subvenir à nos besoins de lubrification. C’est donc très pénible et pas du tout jouissif. On ne pourra même pas prétendre s’adonner à une fellation endiablée pour calmer les velléités de terrassement de notre ami bien monté : la grosse bite ne rentre en effet pas dans ta bouche. Il te faut prendre des pauses de PornStar fatiguée, de côté, par en dessous, par dessus, en rond, pour l’appréhender avec comme résultat final la certitude d’avoir complètement oublié comment on sucait. La grosse bite a cela d’infantilisant : comme on ne la croise pas tous les quatre matins, on perd parfois l’habitude et l’entraînement nécessaire à son utilisation optimale. On fait de notre mieux sous le regard compréhensif du mâle, qui bien conscient de son priape argument, devra se résigner à se faire sucer du bout de la langue tout au long de sa vie, à moins d’employer un succédané plastique ou de louer les services d’une professionnelle. On se consacre alors étrangement plus facilement aux testicules, grandes oubliées des ébats avec les sexes de taille normale, car elles nous semblent soudain de taille parfaite, c’est à dire, qu’elles ont au moins, ELLES, la décence de rentrer en entier dans notre gosier. Une fois ces détails d’échelles, de centimètres et de coudées réglés, il vous faut ensuite définir les paramètres de votre servitude à la déesse Bite : êtes vous prête à utiliser des moulages en plastique afin de préparer votre orifice anal à une pénétration ? C’est laid mais c’est pourtant fort pratique : pour un rdv à 21H, commencez dès 15h à expliquer à votre anus qu’il va être perforé en tous points, et du carotte à la courgette, de Charybde en Scylla, détendez en toute simplicité votre musculature puissante. Parce que toutes les langues et tous les doigts du monde ne suffiront pas, vous le savez comme moi.

Si la grosse bite est insucable et inbaisable par le commun des mortels, il reste tout de même de charmants spécimens pédagogues et spécialistes attachés à ces appendices. Et puis la queue énorme surprise dans le caleçon de l’ami de l’après-midi, c’est un peu comme trouver un billet de 20 euros dans le caniveau, du chocolat de marque dans les pochettes surprises pour garçons de chez LIDDL, ou une tête de beu dans ton paquet d’Amsterdamer ca tient de la légende urbaine. Et quand ca t’arrive plusieurs fois de suite, tu penses tout de suite à la Perfect Week : 7 jours, 7 queues énormes, un seul challenge, en sortir sans mycoses et sans brûlures au 3ème degrés au genoux. Dans l’euphorie de l’enchaînement, tu repenses bien sur avec nostalgie à toutes les bites normales que tu as aimé avant, tu les serres contre ton imaginaire coeur comme un bouquet de fleur séché acheté sur un marché en Provence après les vacances, tu sais que tu y reviendras, parce qu’elles sont fidèles, travailleuses, loyales, mais comme une connasse, tu préfères croire à ta chance, et tu rachètes un paquet de Manix XXL, avec un sourire complice de la pharmacienne, et la musique de Rocky dans les oreilles.

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La dame qui sait écrire

nov 30 2011

Ils arrivent l’air penaud, souvent. Un crayon à la main,  une feuille sale et tordue qui sort d’une poche trop petite. Ils voudraient arrêter l’abonnement, au téléphone, à l’éléctricité, au gaz, écrire une lettre aux impôts ou à la sécurité sociale. Seulement, ils ne peuvent pas. Parce qu’ils ne savent pas écrire. Souvent c’est seulement une question d’alphabet. Ils pourraient faire des centaines de lignes en arabe ou en farsi, mais nos cursives, non merci, trop difficile, trop compliqué, les accents et les accords, pas le temps, d’abord il faut travailler, ensuite apprendre à parler. Alors comme j’ai l’air aimable et que je tape vite, c’est moi qui m’y colle. J’ai beau expliquer que quelques mots suffisent, qu’on peut juste écrire « RESILIER MAINTENANT MERCI » en gros, ca ne suffit jamais. Ils veulent de jolies phrases, des tournures galantes pour l’opérateur de saisie qui traitera leur missive, ils veulent une pleine page de verbiage inutile, des s’il vous plaît et des je vous en prie, des mots trop polis presque collants pour « faire français », une syntaxe comme dans les livres d’apprentissage. Alors je colle des adverbes et des adjectifs compliqués, des nonobstant et des conséquemment, et pour un instant j’ai un pouvoir incroyable, et je vois bien qu’ils m’admirent un peu, celui de savoir écrire un français à peu près correct, sans hésitations et sans trop de râtures, sans avoir à demander l’avis d’un cousin ou d’un fils sur une conjugaison ou sur la forme d’une majuscule. Ce n’est rien pourtant, juste la capacité à former des lettres et à les assembler, mais pour ces quelques minutes, sous leur dictée, je suis celle qui sait, l’experte es administration, la bonne fée postale, « la dame qui sait écrire’ ».

Ceux qui me touchent le plus sont sans doute ceux qui arrivent avec un brouillon. Leur écriture est celle des enfants après quelques leçons, quelques b-a-ba, les « e » sont encore très ronds et les « l » bien hauts dans les lignes, elle ne leur appartient pas encore, elle est encore la copie de celle de l’institutrice ou de l’assistant d’alphabétisation. Les espaces qui séparent les mots et les signes de ponctuation sont comme de longs silences, crispés, tendus, impatients, mal assurés, leurs phrases incomplétes, abandonnées en plein verbe, le feutre qui fuit et la mine qui se brise, c’est toute une histoire de les lire. Et puis leur regard, inquiet, comme si j’allais juger de leurs capacités ou de leur intelligence, leurs excuses souvent, de ne pas pouvoir, de ne pas savoir, d’avoir à demander de l’aide, parce que leur fils au collège est en vacances, et que c’est lui qui fait les papiers d’habitude tu comprends, parce qu’ils n’ont pas compris ce qu’on leur demande et qu’ils ont l’impression qu’on se moque d’eux, repli blessé, yeux  baissés. « C’est bien ce que j’ai écrit ? » « Tu rigoles pas  hein ! », alors non, je ne rigole pas, devant les triples « S », les « Monsieur, Madame, Monseigneur », les approximations phonétiques et les tournures sorties tout droit de Plus Belle La Vie ou d’une chanson de Johnny. Je recopie, j’enlumine, je colorie, j’essaie de ne pas faire de fautes, parce que finalement, je sais juste un peu mieux qu’eux, j’ai juste quelques heures de plus de français à l’école, et je m’en voudrais de faillir à leur attente de perfection, la lettre parfaite comme s’ils étaient français, comme si tous mes compatriotes maîtrisaient le subjonctif.

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Coeur Totem

nov 26 2011

D’abord sa bouche trouve la mienne, parfaitement, sans heurts de dents et langue qui se cherche. Et l’odeur de son cou monte peu à peu vers ma tête penchée, chemise repassée et corps parfumé. Ses mains se posent sur ma taille, évaluation rapide de la masse à déplacer, ses lèvres trouvent mes seins, écartent mon décolleté. Je voudrais savoir ce qu’il pense de ce corps inconnu jusqu’alors, je voudrais qu’il me dise que je le fais bander, qu’il glisse à mon oreille quelques insanités d’usage, des compliments usagés pour amants fatigués. Ce soir il ne dira rien. Je me pends à sa queue pour me rassurer, déboutonne un par un les boutons de son pantalon pour la trouver massive et dure, récompense à mon ego floué. Il ne peut pas savoir. Il ne sait pas à quel point le poids de son sexe dans ma main m’enchante. Comme j’ai envie de crier à la bonne surprise, de le prendre en photo et d’envoyer sa queue par tir groupé à mes copines esseulées. La prise est bonne. Mentalité de merde. Je m’en fous. Je veux sa queue en moi comme un putain de totem, le poids de son corps tout entier entre mes cuisses, mon ventre mou déformé, entaillé par le sien, ses doigts enfoncés dans ma chair trempée, je n’ai plus peur de me déshabiller, je ne crains ni la lumière, ni les ombres, chibre paratonnerre à angoisses tristes de grosse fille fraîchement débarquée. Il ne veut pas de mes seins, prises facile pour obsédés classiques, appâts cheaps, mais se perd entre mon nombril et mes genoux, se déshabillant d’une main pendant que l’autre s’enfonce, se tord, vibre et respire à l’intérieur de moi. Cuisses relevées, gouttes de sueur, main crispée sur son épaule, doigts qui voudraient se briser entre les siens serrés, serrant ses doigts, suçant sa langue, les yeux perdus, presque révulsés, tout glisse et tout s’allume, tout danse autour de moi.

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Fluide.G

nov 02 2011

« Toute ressemblance, etc »

J’ai fait un rêve. Le rêve qu’une petite dizaine de blogueurs influents, cette race sucée et resucée par les marques pour être ensuite déféquée un peu partout sur les réseaux sociaux, ces individus entre la loutre et l’auteure ratée qui aurait bien voulu mais qui préfère se faire payer à montrer son cul sur un plateau télé, ces êtres dans le caniveau du People, entre Loana-après et la blogueuse beauté, se rassemble. Et qu’ensemble, avec tous leur petits sphincters, ils se mettent à réfléchir fort, très fort. Si fort que toutes leurs idées sortent directement de leurs crânes sous la forme d’arc-en-ciel et de petits poneys. Si fort que les pages se noircissent au rythme endiablé de Bon Iver et d’Arcade Fire, pendant qu’une meuf en jean slim orange, à frange et à grosses lunettes prépare des cupcakes super-top-régressifs-de-la-mort dans un coin d’une cuisine en laqué taupe. De leurs cerveaux au top de la tendance, surfant sur la hype, à cheval sur la nouveauté, surgit cette idée révolutionnaire :

- »Hey DUDES comment j’ai une IDEE de FOLIE !! SI ON TAPAIT SUR LES GROSSES MOCHES ? c’est genre juste TELLEMENT original quoi !! »

- »Nan mais trop FORT le mec quoi ! mais ouais t’as raison, elles prennent trop la confiance depuis quelques mois avec Beth Ditto quoi, j’suis dégoutée, genre y’a plus que du 40 chez Kulte quoi, genre faut être grosse s’habiller proprement, laisse tomber »

- »Ouais mais quand même quoi, on peut quand même pas trop leur taper dessus, parce que bon, imagine on ferait un numéro spécial Maigres et Noirs, bah ca passerait mal, rapport que c’est un peu du racisme nan ? »

- » WHAT ? nan mais t’es grave toi ! du racisme et puis quoi encore ? POINT GODWIN mec ! Elles ont qu’à pas bouffer quoi, c’est pas si compliqué, regarde nous, on est normaux, et pourtant on brunche chez BIA tous les dimanches j’veux dire. Nan les grosses c’est genre des cas sociaux, genre la gueule dans les chips quoi. Et puis elles assument nan, t’as qu’à allumer la télé pour les voir, Belle toute Nue et Relooking Extreme tu vois le truc ? »

- »Non mais vazy on est pas des débiles sans coeur quand même j’veux dire. On va y aller franco, mais en même temps on va faire genre c’est pour rire tu vois, et puis on va insérer des petits pages entre les insultes pour faire passer le truc, genre on vous comprend, genre les grosses et moches sont nos amies, il faut les aimer aussi, tu vois … »

- »Ouais genre une claque un bizou quoi, genre je te traite de grosse truie uniquement bonne à la reproduction, et après je mets un super visuel de Nutella pour te consoler, hinhin, trop fort »

- »ahaha ouais trop fort, genre les grosses elles s’en foutent un peu de l’apparence, donc laisse tomber les pages modes ou beauté genre,  c’est niqué d’avance comme concours pour elles, donc pas la peine de faire genre on s’intéresse vraiment au sujet, on va juste tartiner de la merde sur une bonne quarantaine de pages, et puis caler un petit compliment de temps en temps pour faire glisser tranquille »

BANCO.  Et chacun de penser que de toutes façons, on ne pourrait pas les accuser de mauvaise foi, attendu que l’équipe rassemble en elle même deux moches et une demie grosse. On se rassure comme on peut.

C’est ainsi qu’on vit apparaître un peu partout dans les kiosques à journaux un délicieux pamphlet, un recueil au goût unique de médiocrité et de saindoux-gras-double, le merveilleux, l’entier, le très drôle : FLUIDE.G


  Une oeuvre de Linda, Styliste en CM1

Bien sur on dira que je manque d’humour.

Bien sur on dira que le concept de Fluide G, c’est justement de rentrer dans le lard des gens.

Bien sur on dira que je réagis parce que je suis moi même grosse et moche. (Et là, ils n’ont pas tort)

Bien sur on dira que je suis jalouse, vilaine, aigrie, de trouver ridicule et RIGOLOL d’organiser les soirées d’un féminin « décalé mais féministe » au Pink Paradise, temple de la nunucherie à paillette, de la Rolex avant 50 ans, et de la barre qui sent l’anus en fin de soirée. Autre débat.

Bien sur.

Mais ca ne me fait pas rire. Pourtant je peux rire sur les gros, les grosses, les moches, les musulmans, les juifs, le Christ, l’avortement, la Shoah. Mon spectre est assez large. Je peux même me moquer de moi assez grassement, et accepter qu’on m’en serve de plus vertes. Pas de problèmes. Peut-être parce que j’en ai déja pris plein la gueule avant sur le sujet. Mais je ne veux pas faire de pathos. On est là pour rire, n’est ce pas ?

C’est terriblement mal écrit. Non, l’échelle du talent n’est pas la mienne, c’est juste une constatation. C’est une compilation grossière de ce qu’on peut trouver sur des blogs BD ou sur des billets d’humeur, avec des idées passées à la machine 30 fois par Twitter.

C’est très égoïste. Natas fait du Natas. Vaness fait n’importe quoi. Lam fait Lam. Okay. C’est sympa sur vos blogs. Mais après ca ? Il se passe quoi ?

C’est terriblement cliché. Tout y passe. Les noirs qui aiment les gros culs, les musulmans intégristes, les grosses qui bouffent comme des ogres, les gens mal habillés, les effeuilleuses moches et connes. C’est un genre de bestiaire des clichés les plus chiés depuis 3 ans. Sans nouveauté, sans angle. Sans rien.

C’est sale. C’est moche. C’est gras. C’est un Big Mac froid. Tu le bouffes parce que t’as faim, quand t’es comme une loque sur ton canapé, à moitié défoncé, parce qu’il n’y a rien d’autre à grailler, et que ton cerveau est incapable de faire l’effort de te lever.

 

Alors, chers auteurs, auteures, connards et associés, j’espère que vous vous adorez. Vraiment. J’espère que vous êtes super fiers de vous, du haut de vos 22 berges ou de vos 30, de vos petites réussites médiatiques ou de vos rêves de gloire. J’espère que vous avez pris du plaisir à vous croire drôles. Que vous vous êtes gargarisés des heures durant sur le chemin de fer de votre bouze, que vous avez échangé des petits mails taquins sur l’avancée de vos articles, que vous avez annoncé fièrement autour de vous ‘on fait un truc trop fort, un truc sur les grosses moches quoi, genre on a tellement pas de limites’. J’espère que vous êtes bien payés, surtout, pour assumer ce genre de merdes.

 

 

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J’attire humblement votre attention sur la réponse  de SexActu

Pour ceux qui ont la flemme, je la résume : je chouine, j’ai pas d’humour, j’enlève le droit aux femmes d’avoir de l’ambition (je suis donc un connard machiste), et je suis un punk à chien. Bisous.

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40 astuces belges pour faire monter le désir

oct 24 2011

Les citations sont en italiques, et reprennent cet article.

1. Portez des sous-vêtements hyper sexy pendant la journée. Une fois à la maison, vous n’aurez qu’une envie, les retirer au plus vite.

Oui alors je t’explique. Un sous-vêtement sexy, j’imagine que tu ne parle pas de ma combinette en pilou ou de mon soutien-gorge des grands débordements à armature Force 6 renforcée aux épaules par du chaterton ? Non ? Donc pendant que je vais acheter du foie de veau et chercher les enfants, pendant que je tape des formules Excel 8 heures de suite sur un clavier, tu me demandes de m’enfoncer violemment de la dentelle dans le fondement. C’est ca ? C’est un peu comme dans Les Bronzés quoi, on te tape sur le crâne pour te faire oublier que tu as la jambe cassée : à la fin de la journée, t’as les muqueuses en vrac et pour seule vision un bidet rempli de vaseline apaisante ou de biafine. Super plan. Okay.

2. Prenez un bain chaud et relaxant. Puis enfilez une nuisette en soie.

Prenez un bain froid et stressant. Enfilez un treillis en barbelés. Non mais sérieusement, quelqu’un a déjà essayé d’enfiler un vêtement en soie en étant un peu humide ? Ce mec veut nous faire ressembler un putride knacki ?

3. Appliquez un baume à lèvres mentholé. Votre bouche sensuelle vous donnera de l’assurance et une haleine fraîche.

Applique toi du baume du tigre sur la bite. Sérieusement. Essaie. C’est drôle. Je te juuuuure. Allez. Essaie quoi. Non ? Tu veux pas ? Mais c’est sensuel pourtant. Ca donnera à ta queue une assurance folle et une haleine fraîche. Tu voudrais pas puer de la bite quand même ? Tu voudrais pas avoir la queue raplapla ?

4. Rasez-vous les jambes.

C’est tellement excitant. Le doux crissement de la lame sur ma pilosité. La couleur rose pâle du rasoir jetable qui contraste sur le blanc cassé de mes mollets. MmM. Je me sens toute chose.

5. Pendant qu’on parle de poils, pourquoi ne pas tenter une épilation brésilienne du maillot? Histoire de rendre la partie la plus intime de votre corps encore plus sensible.

Encore plus sensible oui. Voilà. On a tout dit. Surtout quand la professionelle de l’épilation te demande d’écarter tes grandes lèvres ou de te mettre à quatre pattes pour aller chercher la dernière touffe de poils. Quand tu sens la cire te poser juste là, juste à côté de la muqueuse, et que tu sais qu’il va falloir tirer, parce que tu peux pas vivre le reste de ton existence avec une couche de cire posée sur le périnée. Alors tu respires. Et t’as mal. Et tu penses à l’Angleterre. A Churchill. A ces grands hommes. Et tu te sens toute chose. Toute excitée à l’idée d’être à quatre pattes devant une adolescente en stage de CAP Beauté chez Body Minute qui est probablement en train de te juger, de compter les boutons sur ton fion ou de penser à sa prochaine soirée. Tu jouis presque. Non mais je te jure. Non.

6. Faites une micro-sieste de 30 minutes, entièrement nue. Vous vous sentirez détendue et à l’aise avec votre corps au réveil.

D’abord le concept de la micro-sieste. A d’autres. Et se réveiller à l’aise avec son corps quand toute sa surface adipeuse est couverte de marques de plis du drap, que tes paupières sont collées par un kloug immonde de déjections diverses, et que tu pues un peu de la gueule, crois moi, c’est aussi compliqué que de se réveiller dans un déshabillé en soie façon Damart circa 1987.

7. Dévoilez un peu de peau, juste un aperçu.

DADADADADADAAAAAM DADADADADADAAAAAM DADADADADADADAM DADADA DADADADAAAAAAM.

(c’était la pub Dim)

Donc dévoiler sa peau. Donc auto-érotisme ? Parce que je veux bien me kiffer à la race, me réciter des incantations sexuelles dans le miroir, me masturber 12 fois par jour, mon imaginaire érotique, c’est quand même souvent la peau des autres. Donc pas auto érotique ? C’est se rendre disponible en se dévoilant qui devrait m’exciter ? C’est marcher dans la rue avec un décolleté ou une jupe un peu trop courte en me répétant intérieurement « Ouuuuuh comme je suis une vilaine fille ouuuuuh » qui doit me faire mouiller ma culotte ?

8. Ajoutez un sex-toy à votre liste de courses et assurez-vous que c’est votre dernier shopping avant de rentrer à la maison.

Faire monter le désir avec un objet en plastique dont vous ne connaissez ni le fonctionnement ni le prénom, voilà un conseil judicieux pour femme coincée. Je vous conseille de taper directement dans le jouet anal XXL, ca devrait vous assurer des sensations très MMMmMM.

9. Envoyez un sms provocant à votre amant et attendez sa réponse.

« Je te quitte. »

10. « Oubliez » de porter une culotte à votre prochain rendez-vous galant.

Mais à quel usage ? Pour soi ? Parce qu’on est une vilaine fille sans culotte ? Ou pour l’annoncer fièrement ? Quel est le but ? Expliquez vous.

11. Entraînez-vous à prendre des poses aguicheuses au lit pour vous sentir plus confiante.

Enfin un conseil, un vrai ! Si vous manquez de confiance en vous, ne cherchez pas à vous renforcer par des techniques chiantes et pénibles comme la réflexion ou la discussion avec votre partenaire, mais déguisez vous plutôt en pute ! A quatre pattes, les cuisses ficelées dans de la grosse résille et le string fendu bien en évidence, vous l’attendez dans la pénombre, face contre oreiller ! Vous évitez donc tout moment de gêne ou de partage, et vous servez enfin votre but : vous êtes un bon trou !

12. Regardez un film avec Ryan Gosling

Pendant l’acte ? Faut penser à ce monsieur en particulier pendant la pénétration ? Avant ? Après ? Pourquoi lui en particulier ? Il est marabou ? Il guérit les soucis de sécheresse vaginale et autres éructations ? Il enlève les virus de mon PC à distance ? Il fait revenir l’être aimé ? Toutes les femmes mouillent en coeur pour ce mec ?

13. Allez au hammam et demandez une lotion à base de rose ou de concombre. Ces senteurs aphrodisiaques vont vous rendre folle de désir.

Quand je vais au hammam, je demande le massage 20 minutes s’il vous plaît. Ca se passe au milieu d’une grande salle humide, avec plein d’autres femmes qui regardent, et c’est Oujda qui me masse, comme si ma grand mère me cherchait des poux microscopiques dans chaque recoin de chaque capiton de mon corps. Palpé-roulé-tape-sur-les-fesses-huile-de-bébé. T’as grossi, t’as maigri, t’es jolie, t’as un mari, viens là que je te roule les poignets, encore 5 minutes, je te masse les pieds, tu fais la manucure tout à l’heure, allez hop, c’est fini. Very Sexy.

14. Partagez un de vos fantasmes coquins avec votre partenaire et n’épargnez aucun détail.

Oui, là, peut-être.

15. Tentez les hauts talons et la mini jupe. Juste une fois.

MAIS POURQUOI FAUT IL SE DEGUISER EN IMAGINAIRE PUTE POUR S’EMOUSTILLER BORDEL DE PUTAIN DE BOIS ?

16. Tamisez la lumière et allumez des bougies à la cannelle ou à la vanille.

Oui il ne manquerait plus qu’on puisse voir quelque chose et que votre amant puisse deviner que vous ne ressemblez pas tout à fait à un mannequi tchèque de 13 ans. Enlevez l’ampoule, portez des draps noirs aux fenêtre, et faites brûler de l’encens en prières.

17. Lisez un livre érotique. Quand vous arrivez à un passage qui vous fait rougir, continuez.

Donc je lis un livre érotique. Je sais que c’est érotique, parce que je l’ai acheté dans la section EROTIQUE de la librairie, et même que c’est marqué dessus. Donc je m’attends à être excitée. #MEGASURPRISE

18. Lisez ce passage à voix haute à votre chéri.

Oui, là, pourquoi pas.

19. Offrez-vous un parfum sensuel et enivrant. Appliquez-le sur votre nuque, derrière vos genoux et sur les seins.

Quelqu’un a loupé la dernière tendance en matière de parfum : ca se porte uniquement sur un papier, et pas sur le corps, c’est vulgaire.

20. Troquez vos collants contre des porte-jartelles.

Parce qu’avoir le cul à l’air, c’est très excitant ? Ou parce que le porte-jarretelle fait partie de l’uniforme de la fille de mauvaise vie dans l’imaginaire des mecs et que donc, on sait qu’on va faire bander, et que donc ca devrait nous exciter ?

21. Buvez la moitié d’un verre de vin. Juste assez pour vous détendre sans être ivre.

Et fumez un peu de beuh. De la Jack. Ou de la White Widow.

22. Faites du yoga.

Parce qu’une femme doit être souple pour être performante au lit. Vous n’allez pas vous offrir à votre homme, votre seigneur et maître, lourde et empâtée comme un vulgaire pain de saindoux ! Reprenez vous, et faites travailler vos articulations afin de pouvoir assurer des heures durant le Reverse Cowboy.

23. Regardez un film sexy, comme « Le Dernier Tango à Paris » ou « Infidèle ».

Y’a Ryan machin dedans ?

24. Masturbez-vous plus.

Avec le sex toy anal des courses en regardant des films avec Ryan Machin, en portant un porte jarretelle.

25. Musclez votre périnée.

Commencez déjà par situer votre périnée. Serrez vos fesses. FORT. Vous allez sentir que ca bouge aussi devant. Voilà. C’est ca. Vous pouvez jouer à arrêter de faire pipi, comme dans les colonnes sexualité des magasines féminins, mais ca marche très bien à sec. Mais franchement, je sais bouger mes Kegels sur commande, et je ne peux pas dire que ca m’excite particulièrement. C’est mieux quand on se contracte sur quelque chose. A deux ou à plusieurs.

26. Inscrivez-vous à un cours de pole dance ou de striptease.

TOUTES DES PUTES. (bis) (ter)

27. Envoyez un message à votre amant en lui décrivant étape par étape ce que vous avez envie de lui faire une fois que vous serez seuls.

Oui bon.

28. Faites fondre du chocolat noir. Trempez-y des fraises et faites-les goûter à votre partenaire. Demandez-lui de faire pareil.

Mais c’est pas bientôt fini de foutre de la bouffe partout, sur les draps et sur le canapé, parce qu’on veut se faire un trip gastronome en string ? Le chocolat colle, la crème fouettée tourne. Essayez le ketchup.

29. Allez découvrir de nouvelles positions sur Internet. Il faut bien se tenir au courant.

Suivez les bureaux de tendance et les grands créateurs. Ils décident de votre avenir sexuel.

30. Les huîtres et le champagne, ce n’est pas seulement un cliché. Ça marche vraiment. 

Oui, ca me fait vomir moi.

31. Mettez un rouge à lèvres rouge pétant.

TOUTES DES PUTES. (soupir)

32. Allez dans un club de striptease avec vos copines. Admirer d’autres filles sexy peut faire des merveilles pour votre modjo.

TOUTES DES PUTES (je me fatigue)

33. Rien ne vaut un peu d’affection en public avec votre amoureux.

Oui, je vous propose de pratiquer une gâterie buccale dans un square pour enfants vers 16h30. Succés assuré.

34. Flirtez gentiment avec un autre homme.

TOUTES DES PUTES (quoi ?)

35. Pensez au sexe. Vous êtes coincée dans un embouteillage ou dans une file au supermarché? Évadez-vous le temps d’un fantasme.

48 minutes de Porte d’Orléans à Porte Maillot ? Chouette alors ! Au lieu de faire attention à la route, de me remaquiller ou de chanter Céline Dion dans l’intimité de mon habitacle, je vais m’imaginer un gang bang torride avec Charly, Lulu, et Ryan Machin. Même que je vais délicatement frotter mon entrejambe contre le pommeau de vitesse. OH OUI METS MOI LA TOUTE. Mais bien sur.

36. Essayez plein de sous-vêtements dans un magasin de lingerie chic. Achetez l’ensemble qui vous fait sentir belle, fière et féminine.

Parce que les dessous ont le pouvoir de vous donner la confiance en vous dont vous manquez. Parce que la consommation, c’est l’affirmation de soi. Oui oui.

37. Faites-vous masser.

TOUTES DES PUTES CES MASSEURS.

38. Rejouez-vous mentalement la dernière nuit sauvage avec votre homme dans les moindres détails.

Oui bon.

39. Demandez-lui de vous envoyer une photo sexy pendant la journée.

Moi j’aime les photos des gens quand ils sont en train de faire caca. Mais chacun sa came j’imagine.

40. Faites pareil pour lui. 

Déguisez le en pute. Payez lui un cours de pole dance. Maquillez le à outrance. Branlez le en public. Normal quoi.

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L’important c’est pas la chute

oct 18 2011

Celui qui appelle, je ne veux jamais lui parler. Sa présence me gêne, ses mots sont trop jolis, sa voix trop posée, je me sens lui mentir, je me sens glisser, je sais que je n’ai pas le courage de me refuser. Alors je ne décroche pas et je regarde mon téléphone vibrer, son nom en gros s’affiche comme pour ne pas l’oublier, en cadence sur le rythme des pulsations électroniques. Celui qui n’appelle pas, je passe mon temps à le chercher, dans les espaces vides qui nous rassemblent, dans des fenêtres trop petites, des éclaircies trop rapides. Alors je regarde mon téléphone ne pas sonner, et la facade triste animée par des messages inutiles me donne envie de l’insulter. Et puis, au milieu, moi, qui ne veut rien, ni de lui, ni de l’autre, qui ne sait pas ce qu’elle attend ou ce qu’elle désire, qui se monte juste des projets en fils invisibles pour ne pas s’évanouir. Moi qui cherche, comme une idiote, dans le regard d’inconnus ce qu’on a pu aimer jusqu’ici, avant de décréter que ce n’était ni suffisant, ni valable, juste tristement jetable.

Je ne me suis pas regardée dans un miroir depuis plus d’un mois. Par endroits, pour corriger un cheveu ou souligner un trait, pour me rendre avenante, pour ne pas inquiéter, mais pas en pied, et pas longtemps. J’ai peur de me voir trop seule dans ce reflet. Derrière moi, il y a quelques semaines encore, des ombres bienveillantes, le regard de celui que j’aimais, piliers imaginaires, tuteurs pour mes reins courbés. Aujourd’hui, juste moi, ce qu’il en reste, entre les larmes et la tristesse qui dégueule de mes pores pour s’agglutiner en montagnes sèches sur les parois de la baignoire, quand je me frotte jusqu’au sang pour réveiller la chair qui dort, cet amas vivant qui ne m’obéit plus, jambes vacillantes et douleurs venues d’ailleurs, petite vieille cassée, centre sympathique désaxé. Il ne faut rien lâcher, il ne faut rien lâcher, mais mes prises se sont barrées, mes mains sont vides, je m’accroche à moi même, je m’accroche à mes doigts et à mes pieds, et si je saute au bout de la planche, c’est que tout est déjà vide tout autour, on ne tombe pas bien loin dans le néant, on flotte quelques instants, scaphandrier céleste, et on oublie de respirer. Le corps plein d’air remonte à la surface, et flotte entre deux eaux vides, entre deux bulles, jusqu’à ce que ton instinct de vie, jusqu’à ce que l’adrénaline, ne t’empêche totalement de te laisser crever. Alors je me remaquille. Et je dis que tout va bien se passer.

 

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Sodomie de couple

oct 17 2011

Les hommes veulent tous t’enculer mais passent tous par des chemins de merde pour te l’imposer. C’est normal maintenant, c’est comme ca que ca se passe, ton trou du cul en libre service, et si t’es pas contente tu passes pour une coincée, une lourde, une paumée. Tu la prendras bien profond, au moins une fois tous les deux mois, pour rappeler à Jean Maurice qu’il a pris la bonne option en se casant avec toi plutôt qu’avec Sophie de la compta, tu offres ton cul comme un sacrifice obligatoire, c’est rien d’autre que les impôts conjugaux, ferme les yeux, pousse un peu, pense à autre chose et surtout ferme là, dans quelques minutes, dans quelques secondes, il va hurler comme une merde liquéfiée et se retirer sans faire attention, te passer une main sur le cul comme une bonne jument travailleuse, et aller se laver la bite dans le lavabo de la cuisine. Et toi t’es là, le cul ouvert, les dents crispées, la trace de bave sur l’oreiller froissé, t’as payé ta dette ma bonne conne, tu t’es laissée faire, t’as gagné la paix pour quelques semaines, avant que ses doigts boudinés ne viennent te signifier que tes vacances anales sont terminées.

Bien sur t’as essayé d’aimer ca, d’abord pour faire plaisir, comme dans une pub pour le chocolat à la fête des mères, t’avais envie de lui faire ce petit cadeau, cette petite fantaisie, toi la nana qui se tord le ventre quand elle chie, t’avais envie d’être la reine du paddock, la princesse de ses nuits, et puis il en voulait, tu le savais, tu sentais son ventre contre tes fesses en levrette, et cette manie de poser son sexe juste là, juste là où il ne faut pas, comme si tu ne savais pas ce qui pouvait se passer si tu bougeais, si tu reculais. Les premières fois, t’avais envie, y’avait ce truc un peu dingue, cette envie d’être remplie, pas tellement la douleur d’abord, juste après, une fois que tu avais joui, la crampe, la brûlure, le dégoût, et l’autre derrière qui continue, qui s’active et qui se donne comme à un grand prix, des coups de reins qui se transforment en coups de battes, tu râles, il se calme, tu te tortilles, il insiste, tu te couches, il grogne, tu te retournes, il débande. Il faudrait lui dire, lui expliquer, mais on est cons avec les mots du sexe, surtout quand on veut faire kiffer, et puis tu voudrais qu’il devine, qu’il sente quand tu te resserres et quand tu n’en peux plus, qu’il écoute la différence entre un cri et un soupir, qu’il fasse attention à ce qui entoure ton trou du cul pendant qu’il te baise, si c’est possible.

Et puis y’a son regard. Ses yeux mouillés de chien triste quand tu lui annonces que vraiment, tu ne peux pas. Sa manière pathétique de jouer avec ses spaghettis dans son assiette, comme si tu venais de lui annoncer qu’on t’amputait des nichons demain, qu’on devait buter le chien. Plus jamais ?  Et si moi j’arrêtais de te bouffer la chatte ? Tu sais pas quoi répondre, parce que jamais c’est long quand même, et que tu as de plus en plus de mal à supporter le crissement du métal sur l’assiette en verre, t’as envie de te lever, d’aller prendre un bain, de lui gueuler d’aller enculer des putes si ca va tellement lui manquer, mais tu dis rien. Tu la fermes. Parce que le couple c’est regarder ensemble dans la même direction. T’essaie bien de lui proposer de se faire empapaouter lui même, une banane, un concombre, pour détendre l’atmosphère. Mais toujours sa mine déconfite de gamin déçu devant le magasin de jouet fermé. Alors tu dis qu’on verra. Qu’il faudra bien te préparer. Qu’il faudra être gentil. Tu lui donnes un sucre. Il remue la queue. Tout est parfait.

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