Bonjour Connasse

Déc 06 2010

Je me suis pas battue souvent, enfin pas pour de vrai. Souvent avec des meufs, la pension ca te fait ça, moi j’étais une grande gueule, la grosse de service, j’en prenais plein la gueule mais je rendais aussi, et quand ca allait trop loin, ca virait catfight, je t’attrape par les cheveux et je te fais bouffer de la terre, j’ai l’avantage de peser plus lourd que toi, si je décide de te bloquer dans un coin je fais masse et je t’assassine, me demande juste pas de courir, ca serait tricher, laisse toi frapper silencieusement dans un recoin du couloir, chiale et promet que tu vas me buter, j’ai peur pas peur, quand j’ai la boule au ventre je sens plus rien.

La dernière fois que je me suis vraiment acharnée, c’était en terminale, récréation entre trois heures de philosophie un vendredi matin, je me moque ouvertement d’une fille que je déteste, que je méprise, j’oublie qu’elle est derrière moi et je me la joue vraiment, tout y passe, son physique de fourmi et ses dents de lapins, insultes faciles de gamine, comme dans un mauvais film je ne comprends pas pourquoi mon auditoire de réagit pas, comme dans une mauvaise comédie, c’est parce qu’elle est juste là, elle me saute dessus par derrière, tente un étranglement, elle finit par me mordre jusqu’au sang, m’arrache un morceau de bras dans la bataille, je suis obligée de la cogner pour qu’elle lâche, au départ je me défends seulement, je tente de la bloquer, et puis c’est plus fort que moi, la violence que tu ne contrôles pas, ca part d’un coup et tu peux plus rien gérer, elle tombe et je continue à la frapper, coups de pieds dans le ventre, je sais pas si je peux m’arrêter, j’ai envie de la tuer, j’ai envie de lui faire mal, qu’elle chiale et qu’il y ait du sang, personne ne bouge autour, ca va trop vite, il faudra que deux profs nous séparent pour que je la laisse partir.

Trois jours d’exclusion plus tard, des conversations avec ma mère, le mot d’excuse obligatoire que je dois faire, retour en pension, plus personne ne me parle, je suis devenue la cinglée, ca me va bien, c’est avec cette étiquette que je passe mon bac et que je finis l’année. J’ai pas de regret, plus de dix ans après, c’est peut-être inquiétant, je me revois la cogner et ca me fait du bien, son ventre sous mon pied, sa gorge que je serre, les cheveux qui restent coincés entre mes doigts alors qu’on nous sépare, j’ai recroisé cette fille des années après, j’ai toujours la même haine, la même envie de la taper, ce truc complétement débile et primal qui t’empêche de parler, seulement j’avais grandi, alors je l’ai juste évitée, changé de trottoir et explosée par la pensée, fantasmé sur ce que j’aurai pu faire pour finir de me venger, après tout j’ai toujours la trace de ses dents sur mon avant bras, il lui manque certainement un souvenir de moi.

Depuis j’ai balancé quelques coups de coude appuyés dans le métro, j’ai filé une ou deux baffes dans des situations critiques, mais pas de rixe, j’y pense souvent, j’avoue, c’est terrible de se dire qu’on pourrait en arriver là, mais c’est une excellente soupape que d’imaginer ta tête cogner contre le rebord du trottoir, tes cheveux longs qui trainent dans l’eau croupie qui traîne là, ton arcade devenue bleue et les griffures qui suintent le long de tes joues, je le ferai pas mais ca me détend, ca m’apaise, de t’imaginer privée de liberté, entravée par mes mains qui te tiennent, le ventre tordu sous mes genoux qui s’acharnent, le souffle coupé et les larmes d’impuissance, tu peux plus rien dire, connasse, tu paies juste enfin, t’as fermé ta grande gueule, au moins pendant que je te saigne, que je t’abime et que je te désintegre.

Commentaires fermés sur Bonjour Connasse

Comments are closed at this time.

Get Adobe Flash player