Confession Intime

Déc 16 2010

Aujourd’hui je n’ai pas eu peur. Aujourd’hui je n’ai pas eu mal. Ni au ventre. Ni au bras. Ni au cœur. Ni ailleurs. Aujourd’hui je n’ai pas pensé une seule fois à mourir. Je n’ai pas voulu m’enfermer chez moi en attendant que la vie des autres passe. Aujourd’hui, je crois bien que j’ai vécu une journée complétement normale. Une journée pas très drôle, une journée avec le froid qui pique les joues, le sommeil qui s’accroche aux paupières, mais une journée banale. Aujourd’hui pour la première fois depuis plus de six mois, je me suis autorisée à penser que peut-être, tout irait bien, pour de vrai cette fois, pas comme les dernières fois, pas seulement pour quelques semaines, que tout irait bien, pour de bon, que c’était possible en tout cas. Pourtant je craignais cette journée. Je me suis demandée à chaque instant si j’allais bien, si ma tête tournait, si mes jambes m’abandonnaient, si j’étais encore normale, si j’étais encore là. J’étais là. J’étais bien.

On m’avait prévenu pourtant. De ce sentiment de renaissance. De l’effet quasi immédiat de la molécule. Des bienfaits d’un diagnostic qui se pose, enfin. Je m’emballe peut-être. J’ai tellement envie que ca marche. J’ai du mal à expliquer ce que m’a apporté cette journée de calme intérieur, ce sentiment de faire partie de ceux qui bougent, de ceux qui vivent, la certitude d’être capable, encore. Ce n’était pas parfait, mais c’était tellement mieux déja, le temps qui passe sans que j’ai la sensation qu’il s’étire pour ne jamais finir, ne pas paniquer, ne pas pleurer, ne pas se sentir prisonnière, et puis respirer, j’avais l’impression de ne plus jamais pouvoir inspirer normalement, comme si quelque chose de mou et de dense se figeait entre mon palet et mes sinus, comme si ma trachée se serrait à chaque filet d’air gagné, un combat à chaque mouvement de ma poitrine vers l’oxygène, tout cela paraît dramatique, je sais, mais c’est assez pathétique à vivre chaque jour, je ne veux pas le cacher.

Peut-être que c’est placebo tout ça. Je m’en fous. Je veux bien avaler toutes les gélules en sucre possibles si elles me permettent de sortir sans crainte de moi même, si elles me permettent de revivre. J’emploie des mots énormes, je sais. On peut se moquer, ce n’est pas très grave. Je suis apaisée, et si tout fonctionne, tout devrait bien se passer. Il n’y a que la vie devant. Il n’y a que des possibles. Et c’est un putain de changement.

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