Sa race

Mar 24 2011

Envie de taper. D’éclater ma main dans ta face. De carrer mon poing dans un mur. Envie de gueuler, de faire une scène, faudrait que ca hurle, que ca fasse du bruit, faudrait que ca s’voit, qu’une troupe se forme autour de moi, casser une dent, briser un os, griffer une joue, arracher une mèche, les épaules en dedans, les genoux en dehors, le menton fier, la gueule ouverte, les insultes, les bonnes, celles qui énervent, celles qui viennent chercher loin, celles qui provoquent et qui tâchent, celles qui font BIM BIM, tu te souviens, comme on se battait, pour rien, pour un mot sur ta mère ou pour se laisser en chien, pas de discussion, ferme ta gueule, vire de là ou mange ma main, c’était un peu trop simple, maintenant faut discuter, argumenter, s’excuser et reculer. Je suis une jeune fille polie, je suis bien élevée, pourtant je rêve parfois de te faire saigner, te mordre dans le gras et ne rien lâcher, voir ta petite gueule salie se mélanger au macadam mouillé, prendre de l’élan et continuer à cogner, direct du pied dans ton estomac vidé, bien sur ca n’arrivera jamais, dans une bagarre je perds à la course, je gagne à la masse, je porte le coups et j’écrase l’adversaire, je bloque, j’immobilise, je te regarde t’étouffer, je ne suis pas vicieuse, je suis plutôt pacifique, j’ai juste cette rage qui monte et qui ne veut pas se calmer, ferme ta gueule enculé, sinon j’te plante, je crache à tes pieds sur tes pompes cirées, faire mal ou se faire mal, main éclatée contre le mur en béton armé.

C’est pas ma faute. C’est les gens. Ceux qui ne veulent pas comprendre. Ceux qui refusent de changer. Ceux avec qui tu ne peux pas discuter, parce que tes efforts de patience échouent, parce qu’ils sont abrutis, parce qu’ils ont décidé de t’emmerder, tu vois le genre, le troll massif, le mec tellement faux qu’il devient transparent, y’a pas de matière dans sa connerie, c’est mou, c’est incolore, c’est inodore, c’est même pas de la merde, ca n’a même pas la valeur d’un déchet, c’est du vent pourri, c’est de la branlette egotique de petit garçon mal baisé qui cherche à se faire remarquer, regarde maman comme je suis méchant, regarde maman comme je me suis tout sali à la récré. Pour être sale mec, faut savoir se torcher, faut savoir étaler la merde et bien le faire, il ne suffit pas de se proclamer crado premier, tu cherches la merde sans rien assumer, tu suces tellement que ta bouche est un trou béant, tu prends sans rendre, fallait penser au moment où les rôles allaient s’inverser, la lune de miel est terminée, la guerre est déclarée. C’est un exemple, y’en a plein d’autres que je défie en pensée dans mon ring de Free Fight privé, le contrôleur nazi de la RATP qui se pense trop fort parce qu’il a un uniforme bien repassé, celui qui te tutoies et qui te crache les mots à la gueule parce que tu as le malheur de frauder, le bon gros beauf à qui tu peux rien dire, parce qu’il est persuadé de représenter l’autorité nationale, tout propre sur lui, tout assermenté, celui qui te plaque contre le mur cradingue de la station puante au lieu de t’interpeller dans le respect. Y’a aussi la connasse de petite morue qui se remet du gloss et qui ne sait pas placer l’Allemagne sur une mappemonde, ces belles gosses peroxydées qui veulent contrôler le monde au rythme de leurs contractions vaginales et du cliquetis de leurs talons, mais ouais meuf, t’as pas besoin de comprendre, t’as pas besoin de t’intéresser, t’as une bouche de pute et le mental d’un VRP, ton avenir est tout tracé. Y’a aussi les mecs qui baisent les petites morues sus-citées, connards en costards, mariés, deux enfants, appartement dans le 17eme et salle de bain en marbre, femme jolie mais enceinte du petit dernier, qui niquent sans capotes à l’heure du déjeuner, je suis vieille France, ca me dégoute, ca me donne envie de gerber, ils rentrent à l’heure, fiers d’eux, insupportables de suffisance et puant l’argent qu’ils viennent de gagner, embrassent le ventre de leurs femmes avec la même bouche qu’ils collaient quatre heures auparavant sur la paroi anale de Kimberley.

Venez tous que je vous nique vos races, bande de chiens, je vous prends un à un, j’ai commandé le peignoir de catch XXL avec mon blaze brodé, c’est pas rationnel, je m’en fous, j’ai envie de vous défoncer, ca me prend entre les cotes, le plexus solaire ca s’appelle, ca fait comme une boule de haine, une boule de rage, ca fait mal quand ca déborde, mal au bide, mal au coeur, mal à la tête, faut que je me débarrasse, faut que je vous cogne, avec mes petits doigts dodus et mes ongles manucurés, j’aurai l’air de rien, je me prendrai surement des pains, j’aurai le souffle coupé et les joues écarlates, l’impression de crever, mais putain, la satisfaction de foutre une seule bonne tawa, le sentiment de justice débile, ca vaut le coup, j’en suis sur. Bien sur ca n’arrivera pas, et je vais continuer à gueuler, à écrire, à parler, j’aurai toujours la boule de harissa dans le bide, prête à vomir, prête à cogner, ronger son frein, faire des concessions, fermer les yeux, fermer sa gueule, fermer la page, ne pas exploser, mais je me tiens prête. A chaque fois que je me prends la tête avec un con, à chaque fois que je me prends un mur de connerie dans la gueule, au lieu de me résigner, au lieu de pratiquer le yoga, le zen ou la tisane à la verveine, j’écoute du son et je tape des trucs incohérents sur mon clavier, je me claque contre un mur et j’engueule mes potes, à l’intérieur ma barre de vener augmente, comme dans Street Fighter, un jour j’éclaterai le big boss, peut-être pas dans la rue ou sur un ring, mais dans une conversation, dans un papier, ou dans la vie. Je canalise, à défaut de te niquer ta mère.

21 responses so far

  1. adidas bleue au château

    Ben dis donc.

  2. Sans compter les paires de ciseaux mal placées. Elles trainent souvent sur la table, bien en vue, juste à ce moment là. Et, tous ces cons, ils te tendent, te tournent le dos. Comment résister à la tentation… Je me le demande à chaque fois.

  3. Laisse tomber, je suis non violent et je ne rends pas les coups…

    (mais j’encaisse très bien)

  4. à mon avis, en venir vraiment aux mains avec un sale con, c’est pas aussi jouissif que de lire un texte comme celui là.
    Mais j’aimerais bien essayer une fois, moi aussi.

  5. De l’énergie pure, cette rage. Bon rap à mettre en musique…

  6. Belle catharsis:-)

  7. euh un conseil arrête le redbull…

  8. Je n’ai jamais vu un contrôleur RATP dont le costume ne ressemblait pas à une serpillère. Et les grolles ..!

  9. le con ne perd jamais son temps ; il perd celui des autres…

  10. Un truc de ouf, pire qu’une course poursuite. J’ai eu mal pour toi-vous. Et le clavier vit encore ? Quelle rage magnifique.

  11. J’ai une copine qui en était là au bureau. Elle est passé du mode survie à un control relatif en faisant du « Cardio combat » à la salle de gym: ça simule des combats violents sur de la musique rapide. En tout cas, ça la rend Zen ensuite pour la semaine… et lui évite de faire sauter les têtes en réunion… Je suis sure qu’elle se fait des thématique, « tiens machin, face de rat, ton petit sourire en coin, pan dans les c…. » et « bidule qui fait exprès de faire déraper le projet, petite strangulation en douceur ».
    Dur la vie 😉

  12. Bon.. en même temps..ma copine, elle écrit moins bien que toi… fallait bien qu’elle trouve une échappatoire…

  13. La grande classe. Des mots qu’on rêverait de lâcher mais l’on est bien trop polis et bien éduqués pour le faire.
    Quand je me sentirais l’envie de crever un chat, je viendrais te lire, pour calmer mes nerfs.
    Well done 😉

  14. moi ca me fatigue cette rage- là…

  15. Raaaah mais c’est tellement ça qu’on dirait que tu as lu dans mes tripes (ouais beurk, nan mais c’est une image !) et que t’as mis des mots sur cette rage de folie.
    Merci

  16. Wahhhooouuuuu

  17. Vache oO

    Premier article que je lis, mais vache !
    D’autant plus vache (meuuuh jvais arrêter de me répéter oui ?) que c’est pile poil dans mon mood actuel.

    J’m’en vais continuer ma lecture.

  18. Respire 😉

  19. Tu m’as sorti les « maux » de la bouche!!! 1er article que je lis et je t’aime déja!!!

  20. Je crois n’avoir jamais commenté, mais je te lis ici, ailleurs, en silence. Mais là merci. Les mots qu’il fallait sur une rage que je connais, rarement, mais tout de même. (♥)

  21. Pfff…

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