Pourquoi tu tiens un blog ?

Juin 30 2011

Pourquoi, parce que, pourquoi pas ? Voilà. C’est pas compliqué. Au début au moins. Parce que l’exercice est nouveau, que tu trouves l’inspiration un peu partout, que tu n’hésites pas à te retourner le psyché pour raconter un truc qui compte vraiment, un truc vraiment signifiant. Et puis il y a les petites choses de la vie, les minutes hors du temps qu’on se cale dans la mémoire pour plus tard, et qu’on vient raconter là, pour saisir quelque chose d’extra-ordinaire. Et puis les moment où t’as envie de gueuler, d’égorger un chien mort ou de te moquer, et où tu retrouves avec un certain plaisir ton « espace personnel sur le web », je suis chez moi bordel. Voilà pourquoi je blogue, tout en détestant ce mot, et surtout le statut de blogueuse, ce mot complètement vide de sens. Pas d’annonce de visiteurs, pas de backlinks et de SEO, pas de listes de mots clés de recherches foireux, non, pas de ça chez moi, merci. Pas de blogueurs invités, pas de publication sponsorisée, une réponse toujours négative aux propositions, je ne m’imagine pas coller des publicités découpées dans mes carnets, dans mes blogs déconnectés, pourquoi le faire ici ?

Pourtant, j’écris pour être lue. J’ai mis longtemps à me réconcilier avec l’idée. J’ai l’impression d’écrire avec moins de force quand je m’efforce de plaire. C’est idiot. Le plaisir que je prends à écrire un billet est souvent inversement proportionnel à la réaction qu’il va engendrer. C’est un bon rappel à l’humilité. Quand je crois pondre un truc assez cool, bien ficelé, qui claque sa chatte, et que je surveille le nombre de Like et de RT, je suis toujours déçue. Comme si les gens voyaient clair dans mon jeu. On ne récompense pas le melon chez nous, Miss Marx, passez votre chemin et continuez à gratter. Message reçu. La vanité, l’orgueil, voilà les IST que tu chopes quand tu te mets à bloguer. Elles sont parfois sans symptômes, pas de démangeaisons, pas d’écoulements verdâtres au coin des lèvres. Elles se réveillent comme un putain de bouton d’herpés, t’as honte de ta purulence, tu voudrais la faire taire, la planquer. Fière de quoi putain ? Fière pourquoi ? Et puis elles se rendorment, pour quelques semaines, quelques mois, en attendant la prochaine crise, le prochain commentaire qui te donnera envie de te la péter.

J’écris moins ici. J’ai arrêté de m’obliger à le faire. Fin du défi. J’écris maintenant pour gagner ma vie. C’est le grand changement lié à ce blog, tout de même. On est encore loin du paradis fiscal. Mais les choses prennent forme, petit à petit. J’écris sur tout et sur n’importe quoi, au kilomètre ou dans des cases dédiées, à la chaîne ou en artisanal, mais j’écris. J’ai un roman, presque terminé, sauvegardé bien au chaud dans un dossier. Je n’ai aucune idée de ce qu’il vaut. Je ne sais pas encore si je l’enverrai à des « vrais », à des gens du métier, à des éditeurs. Pour l’instant, je savoure le sentiment d’accomplissement. j’ai réussi, j’ai tenu mes objectifs, je me suis prouvée que je peux tenir une histoire sur plus de trois paragraphes. Je ne suis pas prête à abandonner cette petite fierté pour le moment. J’ai bien le temps de me prendre des lettres de refus dans les dents.

13 responses so far

  1. xxx

  2. Les bloggeurs ne sont que des exhibitionnistes frustrés lus par des voyeurs insatiables et insatisfaits.

    je t’envie pour le roman, j’arrive pas à finir ce que j’ai commencé, mais tente le coup, tu n’as rien à perdre et au pire tu auras tout de même la satisfaction d’avoir terminé ton oeuvre.
    Dans un voyage on peut prendre plus de plaisir sur le chemin qu’à destination.

  3. + 1 sucre pour ton égo.

    Moi je me force encore à écrire, pour être lu, mais aussi pour le défi, pour apprendre à le faire (mieux, plus long), et puis parce que merde, c’est un des rares trucs que je veux depuis longtemps, ce ne sera sans doute jamais mon boulot, mais c’est pas parce que j’en ai un autre que j’abandonne. Rienafoutre.

  4. Je comprends ça… Moi je blogue justement pour me forcer à faire, à terminer… Une sorte d’obligation morale : « j’ai des lecteurs donc, je vais au bout de mes ambitions ». Un peu con, mais quand on a tendance à rien terminer de ses projets, comme moi, ça oblige, pour pas passer pour un con…

    Donc voilà, l’orgueil peut aussi être un moteur. Je t’admire d’avoir su faire un truc sans avoir eu recours à ce moteur là…^^

    J’espère avoir de bonnes nouvelles de ton roman bientôt.

  5. Chère Daria Marx, j’aimerais vous dire que je ne sais pas pourquoi je vous lis, mais je reviens quaso quotidiennement. Ce n’est pas le cas de nombreux autres blogs qui ne tiennent pas sur la durée à mon goût. Je ne pense avoir fait qu’un seul commentaire, j’aurais pu en faire d’autres tant votre écriture m’interpelle… mais je vous sens si peu encline à accepter la flatterie, que je m’en suis gardée!
    Aujourd’hui je me lance, espérant (présomptieusement?) que ces quelques lignes pourraient vous rassurer sur le plaisir que d’autres peuvent avoir à vous lire…

  6. Je t’envie pour le roman. Je n’ai toujours pas réussi.
    En tout cas, toujours un plaisir de te lire.

  7. J’ai reçu un mail me notifiant du nouveau post de ton blog, je ne sais pas pourquoi, t’as peut-être reçu une invite Google + vu que c’était un mail sponsorisé par ce nouveau service, mais autant je honnis et je frissonne devant tout mail de spam, j’ai vu Daria Marx écrit dedans, donc je savais que ça ne présageait rien de mauvais. Alors du coup j’ai cliqué, et j’ai lu ton post, tiens. Parce que chaque fois que je passe je suis silencieusement admirative des nouveaux articles postés de manière régulière, moi qui trainasse dans un vieux blog moisi qui m’a fait aussi basculer du côté obscur du taux de rebond et du nombre de visiteurs mais que je ne médiatise quasiment pas, exprès, parce que j’ai autant à la fois envie qu’on me lise que je n’ai jamais été du genre à en foutre des liens partout et publier sur facebook le lien vers le blog pour que tous mes supercopinous puissent lire les quatre articles par an que j’y ponds, et puis surtout GG pour le roman, j’ai toujours eu du mal à tenir la distance sur les histoires, devoir inventer des traits de caractère, des boucles de cheveux, des mélancolies étrangères. Au final écrire sur autre chose que sur moi-même, c’est chaud. Ca t’intéresse hein t’as vu. Bref, c’était un commentaire spontané, c’est vraiment génial d’arriver à vivre de sa plume même si c’est vivoter ou invivable. Bref, bisou sur la joue.

  8. Il ne faut pas s’obliger à écrire je crois. En tout cas, toujours un plaisir de te lire.

  9. Pas s’obliger? Je pense qu’il faut une discipline, comme en sport. Faire et refaire le geste. Ciseler la pensée, tailler le verbe, affuter l’esprit.

    Donc respect Melle Daria. Respect d’avoir eu la discipline, d’avoir été assez tétue, obstinée… atteint une étape. 🙂

    Ps: dsl, pas d’ami possédant une piscine et prêt à donner un double de la clé.

  10. Une petite pointe de jalousie m’envahit, moi qui écrit parce que j’en ai besoin autant que de sexe ou de manger, mais qui ait toujours tant de mal à me faire à l’idée que des me lisent… un peu comme s’ils me voyaient faire du sexe ou manger (mais, ma pudeur est placée bizarrement, j’ai moins de mal avec ces deux dernières idées)

  11. Dat true

  12. Tombé ici un peu par hasard. Quelques textes m’ont embêté, j’en ai trouvé d’autres intéressants et marrants. Dans tous les cas, ils m’ont touché d’une manière ou d’une autre. Cool, je bookmarke.

  13. Le blog est un bon exercice et aussi une sorte d’exutoire…je me retrouve un peu dans tes écrits…et moi je dessine, mais pas pour le blog…mon blog sert plus de témoin ou de mise en situation, mise en ordre entre autre de la mémoire, virtuel, numérique ou pas, un test, un avant projet hasardeux qui se concrétise au fur et mesure des posts, comme un journal de bord, un témoin de la navigation de l’inspiration, la muse ou l’âme humaine, on a le choix de tout ces mots.
    Content de te lire à chaque fois en tout cas.

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