Porn for Ladies

Oct 11 2011

Je l’ai rencontré sur Internet, une nuit d’ennui. Une de ces nuits où tu sens les muscles de ta chatte se contracter seuls, juste en pensant à une queue qui vient te pénétrer, à une langue qui passe entre tes fesses, aux allers-retours de son sexe dans ta bouche, compression de ses hanches contre ton visage, ta salive qui coule le long de ta gorge, abandon total de tes réfléxes raisonnables aux fantasmes qui refusent d’arrêter de te hanter. Je n’en pouvais plus. J’avais tout fait, pris un bain trop chaud, brûlé mon sexe avec le jet puissant de la douche, craché dans mes doigts pour continuer à me masturber après l’orgasme, comme si rien ne suffisait plus, comme si seule une queue inconnue pouvait venir me calmer. Le seul problème, c’est la fidélité de corps à laquelle je me suis attachée, impossible de céder à cette impulsion un peu dingue de me laisser baiser par n’importe quel mec, verrou invisible posé par la promesse faite à mon compagnon, loin de s’imaginer que sa petite amie se torture l’esprit avec les images stroboscopiques de queues énormes, de torrents de spermes, de cris et d’insultes, les jambes en coton, le cerveau obsédé.

Il me plaisait. Ses photos, ses mots, tout me donnait envie de me livrer à lui. Je lui ai donc proposé le jeu suivant : me masturber devant lui, jusqu’à la jouissance. Il a le droit de se masturber lui aussi, de me parler, de m’insulter, mais pas de me toucher. Je ne veux pas l’embrasser, même pas sur la joue, je ne veux pas le connaître, je ne veux pas du goût de sa queue et de l’odeur de son cou. Je veux juste jouer avec lui, lui offrir mes cuisses ouvertes, mes seins qui se tordent sous mes doigts crispés, mes cris, je veux jouir du spectacle de sa queue, et penser pendant quelques minutes que tout peut arriver, me rendre chienne devant un inconnu, soulever mon bassin et creuser mon déhanché. Le regard des inconnus que je croise dans la rue, qui me déshabillent, qui posent les yeux sur ma poitrine ou sur mes genoux découverts ne me suffit plus. Je veux aller plus loin, allumer et éteindre, faire venir cet homme sans le toucher, regarder son sexe gonfler, enfoncer mes doigts tout au fond de ma chatte sous son regard étonné. Par un hasard heureux, il travaille dans le même quartier que moi, c’est parfait. Demain, à l’heure du déjeuner, j’irai me déshabiller dans une chambre d’hotel. Un sms avec le numéro de la chambre, la porte entre-ouverte, je l’attendrai.

Je ne pense plus qu’à notre scénario. Toute la matinée au bureau, j’enchaîne les cafés et les cigarettes, je fais les cent pas sur le trottoir devant mon entreprise pour me calmer, plus que quelques heures, plus que quelques minutes, est-ce qu’il va venir, est-ce que je suis folle, est-ce que je vais me faire violer, voler, frapper, je suis passée ce matin en arrivant à la réception du petit hotel pour touriste juste à côté, la clé de la chambre 114 brûle au fond mon sac, j’ai l’impression que tout le monde sait, que tout le monde a deviné, que je suis une femme de mauvaise vie, que mon sexe est à vif de l’avoir trop malmené, j’ai l’impression de sentir le sexe, de n’être plus qu’un animal, de ne plus pouvoir réfléchir, plus rien ne retient mon attention, je me retiens à peine de courir me toucher dans les toilettes. Je suis pire que ces hommes accros à la masturbation dont on lit les témoignages pathétiques sur Internet, j’ai honte, j’ai envie, je ne sais plus quoi faire, je ne sais pas comment je vais réussir à parcourir les quelques mètres qui me séparent de l’hôtel.

Midi et demi, enfin. Je refuse les propositions de mes collègues de partager leurs salades, j’ai tellement mieux à faire. Je dévale les escaliers, j’ai l’impression de courir, je marche pourtant seulement, je me demande ce qu’on va penser de moi, une femme seule qui rentre dans le hall d’un hotel à l’heure du déjeuner, je hoche la tête au “Bonjour” du réceptionniste, je cherche l’ascenseur des yeux, ma tête tourne un peu. La cabine est recouverte de moquette, j’appuie sur le deuxième étage, les portes se referment, je ne peux plus faire marche arrière, j’envoie le SMS, “chambre 114 dans un quart d’heure, ne sois pas en retard”. L’ascenseur sonne et me libère, à gauche dans le couloir, quelques pas, la clé dans le lecteur de carte, mon portable vibre dans ma poche “J’y serai”. Je suis en pilote automatique, je cale un cendrier dans l’ouverture de la porte pour la laisser libre d’accès, j’envoie mon sac, mon manteau et mon écharpe valdinguer sur le fauteuil près de la fenêtre, je ferme les rideaux, semi-obscurité, mes vêtements tombent un à un, je suis seule, nue, haletante, dans cette chambre anonyme. Dehors, un bus passe, une voiture klaxonne, il est en chemin, il arrive, je le sens.

Je tasse les deux oreillers dans une masse informe au milieu du lit, je détache mes cheveux, j’enlève ma montre et mon bracelet, et je m’installe. Tête haute, maintenue, jambes écartés, mes yeux s’arrêtent sur mes mollets, pas un poil, mes pieds sont vernis, les marques de ma culotte commencent à disparaître, je suis prête. Je crache dans ma main, et dépose ma salive froide à l’entrée de mon vagin, je l’étale ensuite avec ma main sur toute ma chatte, je descends jusqu’à mes fesses, je veux être parfaitement mouillée, parfaitement préparée. Sur la table de nuit, mon portable vibre “Je suis là”. Je ferme les yeux et je commence à écarter mes lèvres en grand de la main gauche, il ne manquera rien du spectacle promis. De la main droite, mon index s’active sur mon clitoris déjà gonflé, mes genoux se replient, mon bassin avance sur le couvre lit damassé. Des pas dans le couloir, mon coeur va exploser. La lumière s’éteint dans la chambre, il fait presque noir, la porte grince, il est entré.

Il est comme tous ces hommes qui travaillent dans un bureau. Costume sombre, chemise blanche, cravate rose claire, pardessus noir, chaussures cirées. Brun, mal rasé, pas très grand peut-être, mais il correspond bien à ce que j’avais imaginé. Il ne dit rien, il ne me salue pas, c’était dans nos règles, le moins de contact possible, ne rien échanger. Il se place au pied du lit, debout, face à moi, face à ma chatte et à mes doigts. Il enlève d’un geste son manteau qu’il balance sur le bureau. Il ne se deshabille pas, il se contente d’ouvrir sa braguette et de sortir sa queue de son caleçon. Je le trouve presque ridicule, tout habillé mais la bite à l’air, comme un gamin pris en flagrant délit par sa mère. Je n’ai pas le temps de continuer à me moquer de lui.

– “Ferme les yeux maintenant, et branle toi, salope. Fais moi voir comment tu t’occupes de ta chatte, rentre tes doigts tout au fond. Fais moi bander, sale pute, tu es là pour ca non ?”

Il a compris ce que j’attendais de lui. La tentation de jouir tout de suite est forte, juste en l’entendant parler, en entendant ces mots interdits, je me retiens, je veux le voir se masturber, je veux profiter du spectacle moi aussi. J’enfonce deux doigts, profondément, je sens ma chatte dégouliner, j’avais oublié à quel point je pouvais mouiller, les bruits de succion sont grotesques, à chaque va et vient de mes doigts, on entend mon sexe qui se rebelle, j’ouvre les yeux et je le vois, sa bite est énorme dans ses doigts trop fins, il la serre fort, il se branle rapidement, presque violemment, son gland est presque noir, de tout ce sang qui s’accumule, de tout ce désir, de cette situation folle que nous nous faisons vivre. Je vois ses yeux se poser sur mes seins, sur ma chatte, sur mon cul, slalom infernal entre ces trois points cardinaux, il me regarde pas dans les yeux, trop obnubilé par le spectacle indécent de mes cuisses qui n’en finissent pas de s’offrir, de mon corps qui vibre tout entier sous les assauts répétés de mes doigts énervés.

 

 

– “Branle toi le clito. Et le cul. Et crie, ma pute, je veux que tout le monde t’entende te frotter, te faire plaisir, je veux que tout l’hotel sache à quel point tu es une petite salope qui vient se faire baiser à l’heure du déjeuner”

Je passe un bras sous mes fesses pour atteindre mon cul, il est noyé sous ma cyprine, je n’ai pas de mal à y enfoncer un doigt entier, le plaisir est incroyable, je suis humiliée mais je contrôle la situation, je n’ai pas peur de cet homme qui m’insulte, je me sers de lui et de sa bouche pour vivre mon fantasme, mon envie, il n’est qu’un jouet dont je tire les ficelles au rythme de mes doigts. Ma main droite rejoint mon clitoris, tout devient flou, critique, la pression est trop forte, mes épaules se relâchent, je me sens partir, j’ouvre les yeux pour me ressaisir, je l’aperçois lui aussi, tout au bord, le visage crispé, les yeux fermés, la mâchoire comme démantibulée, son sexe remonté jusqu’au nombril, une tâche de liquide sur sa chemise, une main derrière le cou, comme pour se soutenir, l’autre sur sa queue, toujours aussi rapide. Je ne suis pas une crieuse, mais je veux lui faire plaisir, je me mets à gémir, de plus en plus fort, des râles rauques, des petits cris aigus, je me joue de son envie, j’en rajoute, je jubile. Mon clitoris est énorme, mes doigts ne glissent plus, je crache à nouveau dans ma paume, et recommence, mouvements sinueux et circulaires pour éviter de jouir trop vite.

– “Tu vas jouir ma pute. Je vais compter jusqu’à 3 et tu vas jouir. Tu as compris ? Tu vas jouir quand je vais le décider, pas avant, pas après.”

1

Je vais jouir immédiatement, c’est trop difficile, je peux plus me retenir, mes doigts s’emballent, tout mon corps se soulève, mes yeux l’implorent d’accélérer le décompte, je ne peux pas continuer, c’est cruel, je l’adore, mon cul est ouvert, j’enfonce un second doigt, je crie au passage d’une phalange, je ne suis plus qu’une chatte, je ne suis plus qu’un cul, je veux qu’on me finisse.

2

Je me mets à penser à sa queue, et si je cassais ma promesse, et si je craquais. J’ai tellement envie d’être remplie, d’être possédée, d’être pleine de lui. Peut-être pas sa queue, je ne pourrai pas, mais seulement ses doigts alors, ses quatre doigts dans ma chatte pendant que je m’occupe de mon cul, ce serait tellement bon, j’ouvre la bouche pour parler mais rien ne sort, je sais que je ne dois pas lui demander, je ne sais pas comment il le prendrait, casser les règles, se foutre de tout, se laisser aller.

– “Je vais jouir, tu l’as bien cherché, tu es vraiment incroyable, je ne pensais pas que tu irais jusqu’au bout, tu es une pute parfaite …”

3

J’ouvre les yeux juste à temps pour le voir éjaculer. Le premier jet de son foutre vient se poser sur ma cuisse, c’est trop, je jouis moi aussi, je sens le liquide sortir de ma chatte par vagues, les draps se mouiller, je jouis d’avoir réussi à me contrôler, je jouis de sa queue qui se vide sur le couvre lit, de ses yeux révulsés. Je jouis par décharges électriques énormes, mes pieds convulsent, mon cul se referme brutalement sur mes doigts, c’est fini.

Se doigts repoussent sa queue dans son pantalon. Il referme sa braguette, attrape son manteau, ne prend pas le temps de le mettre. La porte claque. Il est 13h15.

 

(As seen on Porn For Ladies en Février)

6 responses so far

  1. Je tombe par hasard sur ton blog, j’y reste un sacré bout de temps (si seulement je pouvais ne pas avoir à nourrir le chat, faire le ménage et autres conneries quotidiennes pour le terminer), et j’apprécie grandement.

    C’est une façon de dire « putain j’aime », je reviendrais, j’te follow, j’te « blogroll » et tout et tout. »

    Tu fais du bien par où tu passes.

  2. ………. j’en ai oublié de respirer avant le point final!

  3. Pfiou, ça m’a presque autant excitée qu’une scène de viol dans un roman

  4. Bah c’est malin…
    J’ai chaud partout maintenant…
    Pfffff…

  5. Ben moi « t’es une salope puisque tu aimes ça , sale pute » ça me fait pas mouiller du tout, et ça gâche tout le récit 🙁

  6. Bravo ! Quel talent ! On est très vite aspiré dans ton récit qui prends bien soin de ne pas nous laisser respirer une seconde, et c’est en apnée qu’on plonge plus profondément dans ton monde, tout excité par la justesse de ton audace ! Encore !

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