The truth about Polly Maggoo

Mai 14 2012

Oui je passe une bonne journée, sauf qu’il n’y a rien dedans, alors je n’ai rien à raconter. Il y a les petites bonnes nouvelles, les éclats de verre dans le pied, les cascades du chat, les médicaments qui me font gerber, les heures de sommeil à rattraper, cette fatigue qui m’attrape dès que je me lève pour ne plus me lâcher. Il y a le temps qui passe et mon horloge détraquée qui arrête de compter, un jour ou une semaine, après tout, quand il n’y a rien, quand rien ne t’anime, quand rien ne t’intéresse, quand tout est accessoire, qu’est ce que ca peut changer ? Je voudrais qu’on arrête de me demander comment je vais, parce que je vais toujours mal, que c’est ca la putain de vérité, et que les infimes variations de mon humeur bloquée à grands coups de molécules ne me permettent plus de jouir de quoique ce soit, ni d’un livre ni de la bite, ni d’un déjeuner au soleil, ni d’un bon film. En attendant que « ca » passe, je suis emmaillotée dans une camisole protectrice, un mou salvateur qui me permet de ne plus avoir envie de me déchirer la peau à grands coups de couteau cranté, qui m’évite les crises de larmes et les angoisses ignobles, je ne crains plus le noir, je reprends l’ascenseur, mais en échange je ne ressens rien, ni le bien ni le mal, ni l’envie ni le charme. Je suis protégée de l’intérieur par ma couche d’antagonistes et autres thymorégulateurs, je n’ai jamais été aussi bien, c’est vrai, tellement bien que j’en regrette de ne plus en chier, de ne plus chialer devant la publicité pour les croquettes, de ne plus m’émouvoir d’un rien, de ne plus m’amouracher du premier croisé. Je suis mal, mais cliniquement très bien, alors contentons nous du bien mou, au lieu de chercher à s’épater sans cesse, à faire mieux, à faire plus, à faire plus vite, soyez indulgente, qu’il dit le vieux, laissez vous dormir, laissez vous être fatiguée, cessez de lutter, acceptez que vous n’y pouvez rien, alors je prie un peu, donne-moi la sérénité, d’accepter toutes les choses que je ne peux changer, donne-moi le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence.

9 responses so far

  1. Jerem B (@FausseGarde)

    C’est presque optimiste. Frais… Mais je ne suis pas objectif, j’aime comme tu écris

  2. Bon.
    J’ai une théorie moi.
    Basée sur mon expérience personnelle.
    Merci de ne pas rire.
    A te lire je constate que tu es assez (euphémisme) brillante.
    A te lire je ne peux que constater une certaine (euphémisme) sensibilité.
    Intelligence, sensibilité exacerbée…
    Hum Hum…
    Ça me renvoit à Haut Potentiel, Haut QI, surdouance, zèbre.
    Choisis celui qui te plaira.
    Je te conseille de lire Jeanne Siaud-Facchin, Trop intelligent pour être heureux ? : L’adulte surdoué, Odile Jacob, 13 mars 2008, 320 p. (ISBN 978-2738120878)
    (T’as vu? La totale je t’ai mis).
    Je te conseille donc de lire ça.
    Puis de méditer sur la vie cette salope.
    Sur les psys qui ne pensent jamais à cette merdouyerie là, les enfoirés.
    Sur la possibilité de se faire tester même arrivée à l’âge adulte.
    Puis éventuellement ensuite sur la vie qu’est pas si pourrite que ça une fois qu’on a intégré certaines données.
    Moi je n’ai pas passé le cap des tests, mais seulement parce que j’ai une fille de 7 ans qui me ressemble tellement, et qui elle a passé ces fichus tests.
    Me voilà armée pour l’accompagner dans ces vertiges là: être plus sensible (euphémisme…) que la moyenne des gens, plus fragile, plus…. tout.
    Tu peux même me mailer si tu veux qu’on en parle.
    Bises Bises.
    AB.

  3. Ben merde alors … C’est con la vie des fois.
    Prends soin de toi. Et continue à écrire parce qu’on adore ça !

  4. Anonyme (c'est nul ce pseudo )

    J’ai dû commenter une seule fois, je ne suis pas sûre et je ne sais plus sous quel nom, je lis, je suis discrètement, je réponds à quelques tweets que je trouve marrant, tant pis s’ils restent sans réponse, avec tous ces followers vous n’avez pas le temps, mais Daria, j’ai juste envie de commenter ce soir pour vous souhaiter tout le meilleur, que tout aille mieux.

    Quand vous chantez en capslock on est nombreux je pense à connaître la suite des paroles, même quand vous extirpez une de ces chansons oubliées, vous faites renaître des souvenirs, on sourit, on s’émeut, on vous suit, on rit, on plussoie, on s’étonne, on fait des « oh » prudes ou bien on se marre, bref… je ne prétends pas parler au nom de tous mais je pense malgré tout qu’on est très, très nombreux à vous aimer sans vous connaître, et à vous envoyer ce soir de très, très bonnes ondes, de jolies pensées, à vous souhaiter que le bonheur ou même, le simple bien-être revienne, petit à petit, sur la pointe des pieds tranquillement, pas avec ses gros sabots car vous l’identifieriez trop vite et vous méfieriez sans doute, non, juste comme ça naturellement, en ouvrant doucement la porte, et qu’il s’installe pour toujours. on vous le souhaite, car on a l’impression de vous connaître un tout petit peu et parfois, c’est vous qui nous consolez sans le savoir.

    Courage et merci pour ces lignes, qui témoignent d’une force et d’une créativité qui ne doivent rien à la clinique mais bel et bien à vous, juste vous.

  5. Tiens, c’est drôle, on vient de m’envoyer ça, un article du monde daté de 14/05 comme mon commentaire, et même que je l’avais pas lu avant: http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/05/14/les-maux-inavoues-des-adultes-surdoues_1700385_3238.html#xtor=EPR-32280229-%5BNL_Titresdujour%5D-20120514-%5Btitres%5D

  6. Idem…

  7. Qu’est-ce que t’es belle quand tu parles de toi…

    Rien a ajouter.

  8. yalena (mais en vrai c'est pas mon nom hein)

    Je kiffe je kiffe je kiffe.
    L’art c’est de créer du plein à partir de rien, mais là tu triches, tu pars de toi et c’est tout sauf rien.
    J’adore tes textes, alors continue à prendre les pilules (ou pas), mais raconte : ça fait du bien comme de la glace à la fraise des bois sur le bout de la langue (Bertillon(R)).
    Et puis aussi cette chanson à laquelle j’ai inévitablement pensé en lisant :
    http://www.youtube.com/watch?v=3a86yn8DnnI

  9. Peut-être qu’il faut passer par une période de mou triste pour pouvoir à nouveau affronter le nouveau et vivre réellement? Recharger tes batteries, te vider à l’intérieur pour que tu reprennes de plein fouet tes émotions dans la figure et que tu te remplisses de bons moments (et, lucidement, de moins bons aussi).
    Courage pour cette période.

Leave a Reply

Get Adobe Flash player