Baisable, baisée

Oct 05 2015

Depuis ma trop récente séparation, j’essaie de savoir si je suis encore baisable. C’est pathétique. Je cherche dans les clins d’oeils, dans les pokes, dans les sms quelque chose que je ne trouverai pas. Je creuse la faille de San Andreas de mon ego à chaque fois un peu plus. Au lieu de me rassurer de l’attention circonstanciée des pénis qui me sollicitent, je me sens seule et moche dans mon slip. C’est ca ma vérité du moment. Je ne suis pas une célibattante ou une autre connerie de périphrase inventée par les magazines féminin. Je suis une meuf un peu triste qui cherche à se distraire, mais qui n’y parvient pas. Je suis une meuf un peu assise sur son cul à se demander ce qu’elle fait là. Je prends conscience du violent chemin qui me sépare de moi. De ce qu’il va falloir soulever de montagnes de peine, broyer, digérer, jeter. Je m’aperçois du vide terrible juste à côté de mon gras. Ce vide qui était tout comblé de lui, quand il était là, même mal, même pas. Je tente de m’étourdir, je m’inscris sur un site, je réponds 3 fois, je supprime mon profil. Je swipe droit des abrutis qui taperaient dans une vache morte si ils en avaient l’occasion, un trou avec de la viande morte autour, voilà ce qu’ils me renvoient.

Ca ne me rassure pas de savoir que mon vagin est potentiellement pénétrable par beaucoup. Ca ne me rassure pas de pouvoir baiser quand je veux. Ca ne me plait pas d’être sollicitée pour la taille de de mes seins ou de mon cul. Ca ne me rassure pas qu’on me propose de me rejoindre à 3h du mat pour finir une soirée. Ca ne me fait pas envie non plus, passé le rictus débile de la nana qui pose un trophée sur sa cheminée. Lui, je pourrai l’avoir. Si je voulais. Je pourrai me vanter d’avoir attiré entre mes cuisses ce très beau mec qui ne m’assumerait jamais dehors. Super. Quelle chance vraiment. Que de vide. Quel néant. Je suis cette meuf un peu triste qui sait que des milliers de bites ne la rempliront pas. Que faire bander c’est facile. Ca n’engage à rien. Sans prise de tête en 5 à 7. Je connais le refrain. J’ai pas envie de jouir. Pourtant je vais chercher de l’attention. Pourtant je me laisse draguer, des mots, copier-coller, les mêmes à moi ou à Patula87, discussion automatique, tu fais quoi, t’es d’ou, tu cherches quoi, t’aimes quoi, t’avales. Next. Après quoi on court. Je ne sais pas ce que ca fait de pénétrer une meuf triste un peu vide. Même avec beaucoup de plein autour. Est ce que c’est pareil ? Est ce que sa chatte se serre sur ta queue quand même ? Est ce qu’on se laisse baiser, étoile de mer, penser à autre chose, prier qu’il ne reste pas après, se laver. Pourquoi je cherche à me remplir de vide, pourquoi je n’accepte pas le temps du rien, pourquoi chercher encore à exister dans le regard ou dans les bourses d’un inutile, d’un mec dont je ne saurai rien ? Allumeuse, tu promets, mais tu n’écartes pas, tu dis que tu ne veux pas, mais tu te laisses compter fleurette, sale garce vide et moche, qu’est ce que tu cherches ? Je les méprise, ceux qui voudraient se masturber dans mes chairs. Tu crois te taper un quintal de salope chaude comme la braise, tu rentres dans rien, ta queue s’émiette.

Je vais arrêter de me laisser solliciter. Arrêter de faire danser le vide. Je ne suis pas là. Regarde. Je ne suis pas là. Pas là, pas à attraper, pas à soumettre, pas à enculer, pas à doigter, pas à pénétrer. Tu crois que c’est plus facile de baiser de la grosse ? Qu’on s’échappe moins vite ? Le truc c’est d’arrêter de vivre dans son corps. De s’en foutre. Alors attrape moi, enfonce ta bite. Elle ne sera jamais assez longue pour me ramoner le crâne. Size does matter. Désolée. Ca sera le 18eme lapin, ca sera le 67eme correspondant bloqué, ca sera la 4eme experience gonzo-sociologique de la valeur de mon cul sur le marché. Toujours les mêmes cycles, les mêmes sites, les mêmes pseudos stupides, s’inventer une vie pour éviter de se souvenir de la sienne, qui je suis aujourd’hui, qu’est ce que je voudrais être, tout ceci ne compte pas, tout ceci n’a aucune importance. Je n’existe pas et ceux à qui je parle n’existent pas non plus, ils pourraient être des robots, ils pourraient être personne. C’est moi que je cherche dans cet amas de merde. C’est moi que je veux attraper, au milieu de la mort du reste.  Je me tape de la théorie du sexfriend, du PQR, de la relation libre, des codes ou des rites qu’on voudrait m’apprendre, je n’ai pas envie d’être éduquée, je veux rester sotte. En union de prière avec moi même. En totale autarcie sexuelle. Peut-être qu’un jour je rencontrerai quelqu’un de plein, qui n’aura pas besoin de me remplir pour se sentir exister. En attendant, j’arrêter de chercher.

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