Les hommes violent

Déc 09 2015

C’était le 8 décembre 2015, Luc Le Vaillant publiait ceci, je répondais cela. Et dans une diarrhée verbale née de mon illumination soudaine sur le rapport entre l’islamophobie et la culture du viol, je m’épanche de ceci : tous les hommes sont des violeurs potentiels. Je n’ai jamais appris à modérer mes tweets en fonction du média : Twitter est rarement un lieu de débat constructif. C’est peut-être la seule chose que je me reproche. Cette phrase méritait des explications, que je n’ai pas voulu/pu donner, noyée dans la haine, des exemples :

… et toutes les femmes sont des salopes aussi pfff .. pauvre connasse

Du coup, si tous les mecs sont des violeurs, toutes les voilées sont frigides ?

ma phrase aussi etait tte con , ac sa gueule aucun risque de viol bref bonne aprem mdr

Genre un homme daignerai te passer dessus ? Meme en etant sous exta j’pense il hésiterai

Fais toi soigner sale folle.

avec ton visage maudis la grosse pute sans âme

Comment ça elle a des bourrelets sur les joues & elle se permet de dire « ts les hommes sont de potentiels violeurs »?

toi voilée ou pas tqt pas que j’imagine rien de rien

hey toi franchement vue ta race de mort j’preferais que tu portes le voile a jamais

Voilà pourquoi j’aime pas les féministes … Les femmes aussi à ce moment sale chienne va

a meilleure protection contre le viol ? Etre moche et conne 🙂

toutes des putes

J crois pas que qui que ce soit oserais te violer toi

Si c’est toi sur ta PP tu peux etre rassurée le potentiel va vite descendre a 0 en ce qui te concerne.

c est la fille d hitler réouvre les camps mais tu mets des hommes à la place de juifs. Pas drôles sa vie de persécutée

Toutes les meufs sont des grosses génitrices de fils de pute potentielle ou pas?

Je ne te toucherais pourtant pas avec un bâton de 10 mètres de long, même sous la contrainte ou en échange de 10000€

En tout cas t’es pas une victime potentiel toi

Qd tu croise une feministe une salafiste et une truie

Faut être au bout de sa vie pour te violer @dariamarx T’es tranquille avec les musulmans, il touchent pas au porc.

J’préfère enculer un porc que ce truc !

tu peux m’enlever de ta liste, vu ta gueule ca risque pas d’arriver de sitôt

je préfère me branler que la baiser.

une telle vache avec son anneau s’éxpose au salon de l’agriculture.

Ah mon avis toi tu ne risques rien, Deal with it

Aucun mec n’oserait avec ta tronche, t’inquiètes.

Ferme ta grande gueule en chien de bite. grosse pute que tu es.

Ton papa doit être fier de voir sa fille dire des conneries pareilles. Lui le violeur potentiel

kestu raconte tu croi sa fai bander une racli pa consentante?

ca explique que tu soit un enfant de viol alors.

C’est parce que tu ne trouves pas de partenaires sexuels masculins que tu en veux à ce point aux hommes ? 🙁

Pour les féministes qui pratiquent les réseaux sociaux, rien de très étonnant. Le même bingo bullshit patriarcal et ordurier revient à chaque intervention concernant l’égalité hommes-femmes. Top originalité cette fois ci pour moi, les références à mon papa, comme si j’insultais ma propre identité en étant fille de violeur potentiel. Oui, mon père est un violeur potentiel. Comme le sont mes petits-amis, mes amis, mon comptable et mon dentiste. Je n’ai pas de problème à le dire et je ne me sens pas insultée dans mon identité génétique en l’énonçant. D’autre part, si je suis fille de mon géniteur, je suis aussi une personne à part entière. Et cet être subi les pressions d’une société qui dégueule de culture du viol. Je suis la fille de quelqu’un, mais ils sont plus inquiets pour la supposée réputation de mon père que pour le viol en réunion qu’ils me souhaitent. C’est aussi ca le sexisme.

Nous vivons dans une société patriarcale et genrée. Les hommes cisgenres sont élevés dans l’idée d’être « des hommes des vrais ». Un homme qui ne pleure pas, qui ne porte pas de rose, qui ne cuisine pas, et qui baise des meufs, ainsi les hommes représentent 97% des agresseurs sexuels. Nous vivons dans une société dominée systémiquement par les hommes : ils gagnent plus que nous, accèdent à des postes plus importants plus facilement, sont à l’aise dans l’espace public à notre dépend. Cette domination s’installe aussi dans les relations hommes-femmes : ainsi 1 viol sur deux est le fait d’un partenaire, et 58% des violences sexuelles ont lieu au sein du couple (source UNICEF – Association Stop Au Déni).Nous vivons dans une société patriarcale, hétérocentrée, ciscentrée, qui n’éduque pas les garçons à ne pas violer. Au contraire, on préfèrera enseigner aux filles à prendre des précautions pour ne pas l’être : ne pas rentrer tard, ne pas mettre de tenues vestimentaires jugées comme provoquantes, ne pas « aguicher » l’homme, se tenir dignement : croiser les jambes, ne pas faire de bruit avec ses talons. On ne dira pas aux  hommes d’avoir une consommation d’alcool raisonnable pour ne pas violer, on dira aux femmes de ne pas boire pour ne pas être une proie facile. La culpabilité des agressions sexuelles est portée par les victimes jusque dans le dépôt de plainte : on demande alors à la femme de préciser ce qu’elle aurait pu faire pour provoquer son agresseur, de décrire avec précision sa tenue vestimentaire. Notre société accepte ce constat comme vérité : les hommes violent, et les femmes se « laisseraient violer ».

D’autre part l’imaginaire du viol, documenté par des films comme Irréversible, laisse à penser que les agressions sexuelles ont toujours lieu dans des lieux propices aux mauvaises rencontres, à l’isolement ou à la consommation d’alcool ou de drogue. On imagine le viol dans un parking mal éclairé par un rôdeur, le viol en boite de nuit par un homme alcoolisé … Mais la réalité du viol est tout autre, comme l’expliquent les statistiques précédemment citées. Les viols sont d’abord commis par des familiers des victimes, et plus particulièrement par des compagnons. Les viols ne sont pas seulement des pénétrations vaginales forcées, mais comprennent les pénétrations avec les doigts, les objets, et les pénétrations anales. Un homme qui force sa compagne à une sodomie lors d’un acte sexuel originellement consenti est un violeur. Un mari qui pense qu’une signature au bas d’un contrat de mariage l’autorise à utiliser le vagin de son épouse comme il le veut sans son consentement est un violeur. Un petit ami qui obtient une pénétration vaginale sous la pression (je vais te quitter / je vais dire à tout le monde que) est un violeur. Un homme peut violer sans même savoir qu’il est en train de le faire, dans cette zone dangereuse où se rencontrer le manque d’éducation au consentement d’un partenaire et la peur / l’impossibilité / l’angoisse de dire NON de l’autre partenaire.

Je ne regrette pas mon tweet. Je continue à penser que les hommes sont des violeurs potentiels. J’espère qu’à force d’éducation, de pédagogie, d’interventions d’associations dans les collèges et les lycées à propos de sexualité, de parents qui élèvent leurs enfants dans les valeurs de l’égalité homme-femme, et peut-être d’un sursaut miraculeux du gouvernement et plus particulièrement de l’éducation nationale et d’un hypothétique véritable ministère du droit des femmes, la situation changera. En attendant, je continuerai de parler de viol, et à parler aux femmes de leur droit à dire OUI comme de leur droit à dire NON, de la possibilité de l’autodéfense. Je continuerai à penser qu’il n’y a rien de plus sexy qu’un consentement affirmé, qu’il n’y a rien de négociable dans le sexe, et que nos sexualités n’ont pas à être régies par la pénétration. Vous me pensez radicale, je me pense réaliste face aux menaces concrètes qui pèsent sur le corps des femmes.

Vous vous sentez attaqués dans votre orgueil d’homme quand j’énonce que vous êtes un violeur potentiel ? Faites le tour de votre histoire sexuelle, posez-vous les questions qui vous mettent mal à l’aise, consultez ces 100 questions sur le consentement, évaluez vos comportements quand vous êtes ivres ou sous emprise, interrogez vos ex partenaires. Remettez-vous en question.

33 responses so far

  1. Blessé dans mon orgueil masculin, non.

    Les faits que tu avances sont justes. Mais pour être complet sur le sujet, il faudrait également préciser que pour les mêmes raisons (patriarcat, masculinité toxique etc.) les hommes victimes de viol n’en parlent jamais ou se prennent en retour des tombereaux d’injures et de moqueries. A plus forte raison s’ils ont été victimes d’abus sexuels de la part d’une femme.

    Aussi, insister sur cette généralisation selon laquelle les hommes sont tous des violeurs potentiels: 1/ nie le fait qu’ils puissent aussi être victimes 2/ que les femmes puissent elles-aussi s’en rendre coupables 3/ qu’il y a une différence essentielle entre être « violeur potentiel », « terroriste potentiel » ou « assassin potentiel » et l’être réellement.

  2. « Qui ne pleurent pas »

    Faudrait savoir, quand on pleure vous sortez les mugs « white male tears » !

    Les femmes sont également toutes des violeuses potentielles.

  3. Oh 🙁 je t’ai fait peur avec mon gros mug ?

  4. Je suis un homme et non je ne me sens pas attaqué. Je connais l’importance des mots et j’ai bien lu potentiel après violeur. Je sais bien que je vis dans un monde qui favorise la violence des hommes.
    Et je suis navré par les commentaires haineux et insultants que votre phrase a déclenché sur twitter, sincèrement navré.

  5. Bravo pour ce texte, pour ce que tu es et pour la force de ta pensée. Puisses-tu continuer longtemps et que nombreux soient celles et ceux qui te lisent.

  6. Je viens lire tes articles 1 fois tous les 6 mois (et c’est bien assez) quand je m’ennuie et que j’ai le temps de rigoler au taf.
    Il y a un truc dangereux avec les réseaux sociaux de nos jours , c’est que n’importe quelle personne avec un QI moyen (comme le tien sans doute) peut s’autoproclamer expert dans un domaine et balancer une ânerie sans conséquence, puisque c’est gratuit de twitter.
    Mais j’espère juste pour toi que dans la vraie vie tu te prends pas autant au sérieux et que tu penses vraiment pas que t’es en train de mener un « combat »? Car il y a d’autres manières de se rendre utile , s’engager dans l’armée , réserviste, …
    Allez à l’été prochain notre tête pensante , guerrière, militante du clavier, courageuse derrière son écran.
    de la part d’un homme .

  7. D’abord tout mon soutien face aux armées de fachos qui n’ont pas manqué de débarquer.

    Je les laisse de côté pour néanmoins critiquer à mon tour et de manière constructive ton tweet et l’explication qui suit. Dire « tous les hommes sont des violeurs potentiels » est d’une part discutable d’un point de vue logique : ce n’est pas parce que 100 % des violeurs sont des hommes que 100 % des hommes sont des violeurs. Mais quand bien même on retient cette proposition alors on peut la prolonger à l’infini. Tous les hommes sont des génocidaires potentiels, tous les hommes sont des criminels de guerre, des tortionnaires potentiels ou à l’inverse des génie, des saints ou des bienfaiteurs de l’humanité potentiels. Et comment combattre ensuite les mêmes fachos qui t’agressent et qui n’ont de cesse de dire que tous les musulmans sont des terroristes potentiels (coucou Donald Trump).

    Ton tweet est soit une tautologie à l’intérêt limité soit un appel à la méfiance généralisée. Je ne suis pas un violeur potentiel. Je peux le clamer, comme n’importe quel mec vaguement musulman peut clamer qu’il n’est pas terroriste potentiel, même quand on vient défoncer sa porte à 4h du mat’, pour vérifier au cas où.

    Pour le reste, on est d’accord.

  8. Merci pour ton article 🙂
    J’irais même plus loin et enlèverais presque le « potentiels » dans « les hommes sont des violeurs potentiels »…*tristesse* *lassitude* *colère* *rire désespéré*

    Courage à toi <3

  9. je suis totalement d’accord avec cet article et, en m’interrogeant comme vous le demandez dans le dernier paragraphe, force est de constater que je n’ai pas toujours été toujours au top dans mes relations, pour parler par euphémisme. la horde de violents twettos prêt à menacer de violences physiques et sexuelles, il est évident que le problème est bien réel

    un élément de critique que vous donnez vous même: « Twitter est rarement un lieu de débat constructif. » mis en lien avec votre phrase « J’espère qu’à force d’éducation, de pédagogie, d’interventions d’associations dans les collèges et les lycées à propos de sexualité, de parents qui élèvent leurs enfants dans les valeurs de l’égalité homme-femme, et peut-être d’un sursaut miraculeux du gouvernement et plus particulièrement de l’éducation nationale et d’un hypothétique véritable ministère du droit des femmes, la situation changera. »
    mais comment faire de l’éducation et de la pédagogie avec des phrases aussi peu ouvertes? c’est une vraie question. twitter est il un vrai moyen d’échange et de débat pour des sujets aussi importants? peut on penser vraiment sur twitter.
    bref, merci pour cet article.

  10. Salut !

    J’ai fait partie des nombreux trolls qui sont venus te faire chier. Enfin techniquement non, vu que tu m’as bloqué… Bref, j’ai fait partie des gens qui parodiaient ton tweet, et je rejoins Vingtras sur quelques points. On est tous TOUT potentiellement, donc même si on voit où tu veux en venir, la formulation même de ton tweet ne fait pas sens.
    Ce qui me surprend à chaque fois, c’est cette incapacité que tu peux avoir de remettre en question ta manière de communiquer. Tout ce que tu dis au dessus est vrai, par exemple. Mais ne pas comprendre qu’il y a un souci dans ta manière de communiquer tes idées quand une majorité de gens se braque de la sorte est un sérieux problème, et je trouve ça un peu facile de toujours se cacher derrière un « oh je les ai choqués les pauvres lapins, dans le assurance de gros mâles dominants, etc ».
    Car en effet, pour résoudre une partie de ces nombreux problèmes il va falloir passer par une éducation plus approfondie des relations humains, mais pointer directement du doigt est généralement la pire des pédagogies.

    Donc oui, selon moi tu as raison, mais fais preuve de trop d’arrogance pour être entendue par les personnes concernées.

  11. Mince j’ai oublié de dire au revoir…

    Au revoir !

  12. Premier commentaire :
    « Blessé dans mon orgueil masculin, non.

    Les faits que tu avances sont justes. Mais… »
    Mdr
    Merci pour ce texte.

  13. Bravo, merci et courage.

  14. Mais, tu vis dans quel monde?

    Tu décris un monde obsolète, qui est aujourd’hui communément appeler « le monde des beaufs ». Le délire de « pas de rose, la bagarre et la baise » c’est de la fiction dans les milieux éduqués. Si ton propos est de dire que la France possède beaucoup de familles mais éduqués avec le père qui va au PMU le samedi midi, et bien oui, mais tu enfonces une gigantesque porte ouverte: rien à voir avec un « potentiel de viol » en « nous ». Pas de culture du « beauf bagarre baise » non plus, dans les médias c’est même tout le contraire.

    Ensuite quand tu parles des « tweets » enragés, c’est fantastique de premier degré: quand quelqu’un te dis « ben pour toi, on passe notre tour… » tu comprends vraiment pas que c’est une vanne? Une phrase qui veut dire « si on part du principe qu’un jour je violerai, je pense que j’aurai de meilleurs gouts que de manger du cochon d’inde », du LOL, bordel de merde! Si une vanne n’a pas comme sujet « les gouts de chimies » ou « nicolas sarkozy » ça vous dépasse en fait? Ces gens là sont BIEN EVIDEMMENT CONSCIENTS que toi aussi, comme n’importe quelle fille, pourrait se faire violer, ils savent bien que le critère physique est pas forcément primordial, et puis: tous les gouts sont dans la nature, de toute façon.
    Pareil pour les supposés « menaces de viols », tu peux faire une vanne de merde, ça reste une vanne, personne t’as réellement souhaité de te faire violer. Personne a lancer un appel avec ta photo à ton viol. Réagis pas comme une idiote si tu veux être prise au sérieux, quoi. Comprends le second degré, et répond à ceux qui parlent au premier, rien de plus.

  15. je voulais dire « mal éduquée », au début. Et ensuite « les cours de chimie »

  16. Une petite chose me chiffonnait jusqu’à ce que je lise la fin:
    « Vous vous sentez attaqués dans votre orgueil d’homme quand j’énonce que vous êtes un violeur potentiel ? Faites le tour de votre histoire sexuelle, posez-vous les questions qui vous mettent mal à l’aise, consultez ces 100 questions sur le consentement, évaluez vos comportements quand vous êtes ivres ou sous emprise, interrogez vos ex partenaires. Remettez-vous en question. »

    Cette fin d’article illustre une volonté de trouver en chaque homme un fait qui prouverait le propos de départ. Comme ces femmes dont on est sûr que si elles ont été violées c’est (ne serait-ce qu’un petit peu – y a qu’à voir sa jupe) de leur fait.

    Deux solution s’offre à l’homme qui lit cet fin d’article (je reviens après sur le reste de l’article que je trouve très pertinent): Ou bien il a fait le tour de son histoire sexuelle, du consentement, ne trouve (heureusement) rien de déplacé, et se fera probablement taxer de menteur, ou bien cette fin porte un message erroné.

    L’homme (l’être humain masculin plus que « les hommes » en tant qu’individu) est un violeur potentiel (comme l’occidental pille l’Afrique plus que les occidentaux à individuellement) puisqu’il est fruit de son environnement qui promeut ce type de comportement.

    C’est peu comme nuance, mais… s’il est effectivement temps d’arrêter de chipoter et de prendre à titre personnel (moi en tant qu’homme) une part de responsabilité dans ce problème collectif (c’est, si j’ai bien compris ton propos dans ton « l’homme est un violeur potentiel »), on ne saurait résoudre ce problème collectif par la solution de la culpabilisation individuelle (cf ton dernier paragraphe). Parce que si, par le plus grand des hasards, je n’ai jamais eu à me reprocher un comportement déplacé (et supposons que je dise la vérité) cela sous-entendrait que, ipso facto, n’ayant aucune culpabilité à ressentir, ce problème ne me concerne pas.
    A titre personnel, ce problème ne me concerne pas. Et pourtant, il me concerne et je dois l’encaisser aussi. Même si je n’ai (peut-être) rien fait pour ça.

    Un super texte. Juste que, il m’a semblé à la fin que ta rhétorique partait du principe qu’on pourrait, en cherchant bien, prouver qu’individuellement la totalité des hommes ont eu des actes ou pensées confortant l’idée qu’ils pourrait effectivement être un violeur.

    Et si jamais ce point s’avérait faux (et il l’est selon toute probabilité), ça ne devrait pas empêcher les hommes les plus irréprochable d’accepter un peu du poids de la responsabilité.
    Parce qu’il vaut mieux que trop de gens accepte la responsabilité de la connerie, plutôt que personne.

  17. Bonjour Daria,

    Je découvre ton article à l’instant, et j’ai aussi lu les liens qui en sont la source.
    J’abonde dans ton sens, et bien que j’aie trouvé ton style d’écriture assez corrosif au premier abord, j’ai très vite justifié ce fait par la nécessité de parler de ce sujet, et l’importance de le traiter sans demie mesure. Car effectivement, ton article ne convaincra quiconque n’a pas une once de bon sens. Je désespère de voir autant de mâles émasculés s’exprimer dans les commentaires de tous les articles, toutes les vidéos, tous les supports qui mettent en scène, ou retranscrivent l’opinion d’une femme.
    Je voudrais te poser une question, si tu as le temps d’y répondre.
    Je suis un homme, féministe, et face à ce genre de textes, je doute de ma légitimité. Je crois pouvoir me représenter ce que subissent de nombreuses femmes au quotidien, tout en sachant que je ne pourrai jamais le ressentir aussi intensément.
    Comment, d’après-toi, un homme peut-il prouver ses idées féministes ? J’ai parfois peur d’évoquer le terme de peur de n’en pas saisir encore toutes les subtilités, et quand je le fais, je me dis souvent que les femmes à qui je le dis pourraient bien le voir comme une tentative de me mettre en avant et de m’attirer leurs faveurs, au sens le plus large qui soit. Bon, tout ça est davantage un questionnement volubile qu’une réelle question, mais je serais ravi de pouvoir en discuter avec toi d’une façon ou d’une autre.

    Bravo pour ton article. Je ne me sens absolument pas menacé par tes propos car j’en ai saisi la subtilité. Ce terme « potentiel », il renferme toutes les notions de passé, d’inconscient, de culture et d’éducation qui alimentent cette « culture du viol » et en font une donnée d’un réalisme sinistre. Je résume et sacrifie sans doute la portée de ton propos, mais j’espère qu’on pourra m’aiguiller si je me fourvoie !

    Bonne continuation

  18. Je suis bien évidemment d’accord avec TOUT l’article, merci.

    Ce qui est fou c’est qu’il y en a encore qui font semblant de ne pas comprendre ce que tu expliques.
    Qu’on te reproche qu’un tweet de 140 signes soit trop court pour être compris (et encore, je reviendrai sur ce point), passons. Le tweet est cru, le tweet est cash, et ne peut être « compris » que pas des personnes qui sont sensibilisées à la question, qui ont lu, qui se sont documentés, et donc qui comprennent très bien ce que tu veux dire. Ce tweet ne m’a pas choqué, j’ai même acquiescé en le lisant.
    Mais on constate qu’au final, avec un article clair, explicatif et simplement expliqué, y’en a quand même qui ne comprennent rien. Alors bon …

    En tout cas, rien ne justifie en rien la déferlante de mentions gerbantes, ignobles, … et en fin de compte typiquement significatives de ce dont tu parles. Ces connards qui se croient « drôles » en balançant du « t’inquiète, tu risques pas de te faire violer ». Ouuuuh le fantasme, on kiffe le viol. Et pas de réponse genre « non mais c’est pour vanner » s’il vous plait, ce n’est pas drôle, c’est déplacé, ça banalise le viol et c’est insultant pour les multiples victimes. A un moment, il faut savoir s’arrêter.

    Revenons au tweet : Jean-Eudes nous dit que tu as un problème de communication. Parce qu’évidemment, quand une femme se prend une avalanche de saloperies dans le genre … c’est de sa faute. Pourquoi tu parles comme ça aussi ? Tu l’as pas un peu cherché ?
    Mais dis donc … ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

    Alors vous savez quoi ? Merde. Y’en a marre de toujours devoir réfléchir à parler de façon mesurée, à être posée, et constamment pédagogue avec de toute façon une catégorie de personnes qui n’en a rien à foutre. Qui aurait quand même trouver à répondre des horreurs.
    Daria parle cash, et c’est comme ça. Elle dit des choses vraies, et sans subterfuge, et c’est ça qui vous emmerde. Je suis parfois saisie par certains tweets, certains propos (souvent des sujets que je ne connais pas bien, souvent ça explique beaucoup), mais ce n’est pas pour ça que je vais l’insulter ou l’attaquer.

    Si sa façon de « communiquer » ne vous plait pas, arrêtez de la suivre et laissez là tranquille. Mais à un moment donné, il faut arrêter de toujours rechercher la faute de celui ou celle qui s’en prend plein la gueule, quelle que soit la situation.

    C’était ma contribution, vénère et pas tellement ouverte à la discussion. Mais ça m’est égal, c’est ce que je pense.

    Daria : courage, soutien et encore des coeurs sur toi !

  19. A toutes les personnes qui s’empressent de se targuer que « oh mais ça me concerne pas ça, je suis un mec bien moi » : renseignez-vous et écoutez. Quand on écoute un peu les victimes (qui sont TRES nombreuses, oui même en France, c’est 75 000 viols par an, statistiquement une femme en France sur dix a vécu ou vivre le viol au moins une fois dans sa vie), on tombe très vite et très souvent sur des cas de type « il me disait que si je ne le faisais pas il me quitterait », « il me redemandait jusqu’à ce que je dise oui », « on était en soirée et il m’a attiré à part »…

    Des cas qui sont toujours largement minimisés, par tout le monde. La majorité des hommes qui ont violé nieront et ne comprendront même pas où est le problème. « C’est ma copine, c’est bien normal qu’on le fasse », « ça va c’est que du sexe », « elle m’a pas repoussé (même si j’ai insisté un bon moment pour la « convaincre ») », « mais moi je suis un mec bien donc y’a pas de risque », etc.

    Et en fait, les comportements qui se changent facilement en viol, c’est banal. C’est bien là le problème pointé : comme on n’éduque pas les garçons à demander et à vérifier le consentement, et qu’on éduque les filles à penser qu’elles ont un devoir, qu’elles doivent céder et que de toute façon si quelque chose tourne mal c’est de leur faute, eh bien on en arrive à des cas récurrents où le gars insiste, parle de « besoins », répète « mais moi j’ai très envie » ou « allez pour me faire plaisir »…

    Et franchement, combien d’hommes n’ont jamais fait ça ? Combien n’ont absolument jamais essayé de marchander un peu pour avoir du sexe, se sont dit « j’ai envie » sans aller plus loin ou ont pensé que le fait d’être en couple justifiait quelque chose ?

    Il est là le potentiel viol. Chacune de ces situations s’approche du viol et il n’est pas rare qu’elles en viennent effectivement à un viol. Refuser cette réalité, vouloir absolument, alors qu’on parle de causer des traumatismes à des gens, ramener la chose à soi, ça fait partie des raisons qui font que le nombre de viols est si élevé. Pensez-vous vraiment que les violeurs se disent « ah ben tiens oui moi j’ai violé, flûte alors » ? Ils sont comme vous, ils n’ont pas envie de se dire qu’ils ont pu violé, qu’ils peuvent violer, même juste « potentiellement ».

    Mais si vous prétendez respecter vos partenaires, posez-vous la question, allez plus loin que de vous offusquer parce qu’on a osé vous dire que vous faîtes partie du groupe social qui, de très loin, viole le plus. Si vous trouvez ça terrible, plaignez-vous auprès des hommes qui violent, pas auprès des victimes et des potentielles victimes.

  20. Daria c’est le type de personne qui débarquerai en Corée du Nord avec ses gros sabots en criant:
    « Vous êtes tous cons!!! »

    Puis le lendemain elle rédigerai un billet:
    « Vous êtes tous cons, parce que… »

    Bref la pédagogie et le rapport à l’autre c’est pas ton truc, essaye plutôt le lattage de couilles… ;D

  21. j’ai bien ri, merci pour tout, merci d’exister t’es la meilleure ♥

  22. La majorité des violeurs sont des hommes en 2015, la phrase les hommes sont tous des violeurs potentiels est totalement exacte.

    Mais a-t’on besoin d’entendre ça ?

    Dans la même veine en 2015 :
    Tous les hommes sont des criminels potentiels (ça ne fait plus peur)
    Tous les musulmans sont des terroristes potentiels (ça chatouille l’amalgame là non ?)
    Toutes les Américains sont des tueurs de masse potentiels (trop loin on s’en fout)
    Toutes les femmes sont des violeuses potentielles (statistiquement moins fréquent, mais tout aussi correct d’un point de vue language)

    Je préfère l’infographie qui démontre à quel points les viols sont courants, souvent par un proche, souvent dans le couple, etc. C’est plus concret et semble moins dénigrant.

    Mais en effet tous les hommes sont des violeurs potentiels, comme toute personne adulte est pédophile potentiel ou fan de J.Bieber. C’est vrai.

    Maintenant dans tout ce débat j’aurais bien aimé, par curiosité et pour ma culture aussi, savoir quel pourcentage d’hommes sur terre a pratiqué le viol. 0,01% ? 1% 10% ? 25 % ?

    Ce serait intéressant et j’imagine que le chiffre ferait froid au dos de ceux qui pensent ne jamais en croiser. On a de bonne chance d’en connaître plusieurs sans le savoir ou pire pour certains, de rire de leur dernier exploit « avec machin qui était bourrée à mort ». triste monde tragique.

    Bises.

  23. Je rectifie : « ou fan de J.Bieber » potentiel bien sûr, on déconne pas avec ça !

  24. Laisse-moi te raconter mon histoire, comme la femme de 53 ans que je suis la raconte à mes enfants, qui doivent avoir ton âge.

    J’avais 14 ans, c’était le lendemain de mon anniversaire, j’ai pris le train pour aller à Tours. Je suis arrivée à la nuit tombée, il était vers les 18 heures. Un homme d’une cinquantaine d’année m’a violée. Devant la gare. Je hurlais, personne parmi les gens qui sortaient de la gare, PERSONNE n’a fait le moindre geste pour me secourir.

    Mes cris, la différence d’âge entre nous, rien ne pouvait laisser croire qu’il s’agissait d’un jeu… cet ordure m’a, entre autres, fracturé le nez, démis l’épaule, j’étais en pantalon, il me l’a arraché.

    Devant des femmes et des hommes qui passaient leur chemin.

    Arrivée aux urgences, je n’ai pas osé dire que c’était un viol. L’interne qui m’a reçue l’a tout de suite compris. Il faisait sa garde aux urgences, mais était en cours de formation pour devenir gynécologue. C’était un homme très concerné par les violences faites aux femmes.

    Il m’a orientée vers un groupe de parole de jeunes filles violées qui venait de se monter sur Paris (où j’habite). C’était un groupe organisé par une des nombreuses mouvances du MLF.

    Dans ce groupe, nous étions une demi-douzaine de jeunes filles (de 14 à 17 ans), toutes nos histoires étaient plus sordides les unes que les autres, toutes différentes, mais pas une n’était moins choquante que les autres.

    Une des leçons que ces féministes nous ont donnée, c’est de prendre notre sexualité en main, de ne pas laisser la victoire aux violeurs en devenant frigides (ce qui arrive trop souvent malheureusement), de ne plus être victimes de notre sexualité, mais actrices.

    Et aussi de ne pas tomber dans le travers de voir en chaque homme un violeur potentiel au risque de ne plus pouvoir envisager notre sexualité autrement que comme une agression.

    Oui, certains hommes sont des violeurs. Mais je reste convaincue, réellement convaincue que tous les hommes ne sont, et ne seront jamais uniquement des violeurs potentiels.

    Je ne veux pas rester at vitam eternam, cet enfant victime violée, tabassée sur ce parking de la gare de Tours. Je veux être et je suis une femme qui marche la tête haute et qui avance dans la vie avec ses forces et ses fêlures.

    J’ai rencontré des hommes merveilleux dans ma vie, qui m’ont aidée à me construire, à devenir celle que je suis.

    J’ai aussi rencontré des sales cons, des ordures, des mesquins.

    Je ne vis pas dans un monde merveilleux peuplé d’angelots bienveillants, mais la moindre des honnêtetés est de reconnaître qu’il ne faut jamais préjuger d’une personne, que ce soit en fonction de son milieu social, de ses origines, de ses croyances, de sa sexualité, de son âge et encore moins de son sexe.

  25. Merci pour la patience et la pédagogie de tes articles!

  26. Je suis un violeur potentiel. Ca vient d’un long apprentissage, commence depuis l’enfance. Le travail de deradicalisation sur mon endoctrinement phallocrate est sans fin. Bordel, l’efficacite du conditionnement machiste est terrifiante ! Et au bureau je suis a cote de Jean-Eudes, Mike et d’autres abrutis tellement bouffis d’ignorance volontaire qu’ils pensent toujours que le viol et la domination masculine sont des supers sujets de blague. Et comme on ne leur a jamais rien demande, ils pensent que le viol c’est les femmes qui en sont victimes, mais ils ne pensent pas trop aux hommes qui les commettent. A tous les hommes qui, comme eux, ont ete entraines a dominer, a s’oublier, a s’affirmer, a se rassurer, a exister a travers leur pulsion sexuelle, en convaincant une femme d’y participer volontairement… dans le meilleur des cas.

    Ca me terrifie. Ca me met en fureur. Et je suis un homme, du bon cote de la domination. Donc vu qu’en tant que femme tu te fais matraquer par le machisme depuis que tu es nee, bon dieu, ton billet est remarquablement mesure, argumente, et sous controle ! Ceux qui chipotent sur les termes « violeurs potentiels » soit ne comprennent pas et feraient mieux de relire soigneusement ou de demander des explications a quelqu’un qui sait lire, soit font semblant de ne pas comprendre, et dans ce cas devraient commencer par se sortir la tete du cul et a se la nettoyer serieusement.

  27. Je suis peut-être un violeur, un assassin, un bourreau d’enfant potentiel. Mais je ne le ferais pas. Comme tu l’es peut-être aussi, Daria.
    Oui, le potentiel est plus élevé pour les hommes, car la société ne nous éduque pas correctement, ni les hommes ni les femmes, sur les rapports inter-sexes. Ca n’empêche pas des hommes d’être violés par des femmes, des femmes d’être violées par des femmes, des hommes d’être violés par des hommes.
    Quand la question du viol et du consentement seront inclues dans l’éducation, la mentalité sera meilleure. Et si au passage on y inclue le coté obscure de l’être humain qui explique qu’une bonne mère de famille puisse se transformer en un monstre effrayant, ce ne sera pas mal non plus. Faut savoir guetter et surveiller le monstre en soi.

    « Je n’ai jamais appris à modérer mes tweets en fonction du média : Twitter est rarement un lieu de débat constructif. »
    Ben faudrait.
    Twitter et Internet en général (à fortiori les zones de pseudo-anonymat) sont les poubelles du net. Twitter et autres regorgent de trolls ravis de vomir leurs tripes, planqués derrière leur pseudo.
    On a la liberté expression en France, mais si je hurle dans un bar Marseillais: « l’OM c’est des gros nuls », y a de bonne chances que je me prenne pas mal d’insultes! 😀
    Tu as balancé à une bande d’idiots un propos qui déjà met mal à l’aise le mâle moyen. Ils n’ont pas compris ton propos et n’ont entendu qu’une insulte grave. Ils t’ont répondus comme ils pouvaient, avec leurs mots assez limités, avec leurs propres insultes. Ils t’ont insultée sur ton physique parce qu’ils ne savent même pas élaborer une contre-argumentation.
    Si ton objectif était de te défouler, mission réussie. Si c’était de démontrer que le vocabulaire de certains individus masculins a des progrès à faire ainsi que leur perception de la femme, mission réussie.
    Si c’était de les rendre moins cons, c’est raté et c’est dommage.

    Parallèle: si j’aborde mon grand-oncle qui regrette le temps du Maréchal en le traitant de gros con de faf’, il va se verrouiller et considérera que tous mes arguments futurs sont biaisés et stupides. Si je veux… l’améliorer, il faudra une autre méthode. Mais bon, en 140caractères, je doute que ce soit possible! Ceci dit, j’aime bien hurler en son absence que c’est « un gros con de faf’! ». Ca défoule :D. Mais comme je l’aime bien, malgré ça, j’évite de lui dire et je tente de l’éduquer un peu 😉

  28. C’est assez impressionant ces réactions hépidermiques lorsqu’une femme riposte à la violence misogyne sans concession, et en utilisant la provocation.
    Intéressant comment les hommes vont justifier les discours misogynes de leurs auteurs/artistes préférés, en disant qu’ils font passer un message fort par la provocation, que la subversion c’est trop cool, etc.

    Encore aujourd’hui, en 2015, l’agressivité et la subversion sont interdites pour les femmes, de tels discours sont impossibles à tenir, car nous sommes constament remises à l’ordre par les chien.ne.s de garde du privilège masculin.

    Courage Daria, ces imbéciles prouvent chaque jour que tu as raison de t’exprimer de la manière dont tu le fait.

  29. Les réponses à cet article (auquel j’adhère en grande partie) sont tristement édifiantes. Entre Mike qui, lorsqu’il faut donner quelques exemples pour se rendre utile, ne trouve pas d’alternatives à l’armée (encore faut-il démontrer l’utilité de l’armée de nos jours mais c’est une autre histoire), et Jean-Eude qui s’étonne qu’une personne ne trouve pas drôle l’évocation de son viol par des contradicteurs visiblement hostiles… c’est tellement pathétique.
    Merci de votre article Daria et de remettre les choses à leur place, courage aussi quand on voit les réactions suscitées.

  30. je ne me sens absolument pas attaqué dans mon « orgueil d’homme » – encore faudrait-il que j’éprouve un sentiment d’orgueil – et je rejoins à 100% ton analyse. oui, tout homme est un violeur potentiel, point barre, c’est une pure évidence. rien que la violence des réactions, la méchanceté des insultes, en témoigne. je suis toujours sidéré devant la négation systématique, par les hommes, des fondements ô combien patriarcaux et sexistes de nos sociétés, à coup de « mais c’était avant », « mais non c le monde des beaufs », etc, etc.

    j’aurai juste un conseil: la vie est courte, ne sacrifie pas ta vie à t’épuiser. fuit, construit un truc avec quelqu’un, apprécie les trucs simples à la con. la vie est trop courte pour se sacrifier. la vie peut être belle quand tu vis loin de toutes ces conneries, tous ces cons paternalistes, tous ces enragés à la petite semaine, tous ces frustrés, tous ces bouffons. bises.

  31. Ce qui me fait mal au coeur, surtout, c’est que même ici les commentaires paternalistes abondent. Cf ci dessus.

    Je plusseoie largement ton article: le consentement, les arcanes du même, etc, en tant qu’homme, visiblement on doit apprendre ce que c’est. Le féminisme et l’antisexisme ne nous viennent que très rarement naturellement, et la majorité des féministes masculins que je connais ont juste eu la chance de rencontrer, à un moment de leur vie, des gens ou des situations capables de leur mettre du plomb dans le crâne. On ne le dira jamais assez: il ne suffit pas de se dire « pour l’égalité des sexes » pour ne pas être sexiste. Il s’agit aussi, en grande partie, de reconnaître et déconstruire ce que l’on a appris en matière de genre, de rôle, et d’autres choses (jusqu’au verbe).

    Messieurs, l’antisexisme n’est pas seulement la « libération » de la femme par rapport à l’homme (bien que ce soit bien sûr le point le plus urgent), c’est aussi la libération de l’individu par rapport au genre. Alors sortez vous un peu la tête du cul, reconnaissez vos privilèges, reconnaissez les dynamiques de société les régissant, renoncez-y, et travaillez ce renoncement. Merci.

  32. Alors moi en fait j’ai juste envie de t’envoyer une charrette de tendresse. Paske je sais même pas comment tu fais pour te prendre toute cette haine et ces attaques immondes dans la tronche et réussir à encore te lever le lendemain matin pour contiuer le combat. J’crois que je pourrais pas, et pourtant j’en ai déjà pris des coups.

    <3

  33. C’est dingue comment des mecs (et non pas « les », se serait une insulte pour ceux qui sont au-dessus de ça) osent s’insurger en lisant un article qui froisse leur égo. Parce que, et qu’ils ne viennent pas dire le contraire, il s’agit toujours d’égo. Si vous n’êtes pas concernés par l’expression « potentiel » pourquoi venir vous justifiez avec des discours bidons ? Vous ne voulez pas qu’on pense que vous êtes un connard ? Bah pourquoi vous comportez comme ça alors ? Vous avez peur de quoi ?

    Je suis un homme et quand j’y pense je me dis : je ne voudrais pas qu’une chose aussi ignoble arrive à ma fille, à ma femme, à ma mère, ma sœur, ou même à moi. Mais sérieusement vous savez ce que ça fait quand quelqu’un profane votre corps ? Votre esprit ?

    T’as des types qui passent leurs temps à exiger que les femmes admettent leurs erreurs… WTF ? Et quand il s’agit de se remettre en question, ils ont encore la prétention de se sentir offenser. Toujours à se chercher des boucs-émissaires pour ne pas avoir à se regarder en face.

    Puis les gars, vous avez toujours pas pigé qu’une femme libre, c’est un homme libre ? J’en ai ma claque qu’on impose un modèle complètement foireux à la gente masculine, tout ça pour correspondre à une image de virilité absolue.

    J’emmerde les mecs qui emmerdent les femmes, parce que du coup vous emmerder le monde entier.

    Ah t’es pas content ?
    Eh oui ça fait peur de se dire qu’on peut finir seul ou qu’on l’est déjà hum ?
    Alors on se cherche des alliés, on tente de se convaincre qu’on a raison pour atténuer nos petites angoisses ? Admettre ses torts c’est dur parce qu’on est faussement persuadé d’être un faible n’est-ce pas ? Heureusement pour vous il y a encore beaucoup de beaufs qui pullulent.

    De toute manière, homme ou femme, personne n’a le droit de s’imposer aux autres en les traitant comme des sous-humains.

    Pouah… ça donne envie de vomir. Ne lisez pas de commentaire haineux avant de mangez, ça vous le coupe. L’appétit hein 😉

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