Archive for the 'Cosmeto-pouffiaserie' Category

Les femmes c’est pas des mecs bien.

déc 08 2010 Published by under Cosmeto-pouffiaserie

J’ai du mal avec les filles qui font des listes à cocher des qualités qu’un partenaire se doit de posséder pour susciter leur intérêt. J’ai du mal avec cette séléction artificielle, avec ce fantasme du Prince Charmant plouc, il faudrait qu’il soit grand comme ca, musclé comme ca, en CDI et avec une bonne situation, sans enfants et déjà propriétaire à trente ans. Déja petite, je préférai scalper mes Barbies et prétendre que Ken s’était barré, j’ai donc du mal à envisager qu’on puisse se projeter dans un futur si plastique, comme si ces filles cherchaient juste un support en papier mâché pour coller leurs jolies images et leurs aspirations domestiques empruntées en Amérique, ces questionnaires pour savoir à quelle Desperate Housewife vous ressemblez, ces magazines qu’elles découpent pour mieux coller dans leur calepin secret. Comme s’il suffisait de correspondre à un profil statique pour s’accoupler, comme si elles n’attendaient que l’aval d’une société toute marketée pour être heureuse, courir encore après cette image parfaite, ce bonheur en toc, les dents qui brillent et ces intérieurs en pin aggloméré.

Je ne suis pas complétement idéaliste, je sais que certains paramètres floutent notre prisme amoureux, qu’on rencontre plus facilement les gens qui nous ressemblent, par habitude et par réflexe quasi sociologique. Je crois juste que chaque histoire, quelle que soit la forme qu’elle prenne, longue ou courte, sous la couette ou devant monsieur le maire, est incroyablement particulière, qu’elle fonctionne grâce aux individus, grâce aux angles et aux prises, grâce aux défauts et aux aspérités, grâce à l’envie, à la chair et à la tête. Et que la vision seule d’une fiche d’inscription chez Meetic me fait douter de la réalité de leur slogan, les belles histoires sont celles qui sortent des cases, qui s’étalent et qui débordent, celles qui vibrent trop fort pour être contenues dans l’espace fermé d’une description précise. Je sais que je ne suis pas seule à le penser, j’enfonce peut-être des portes grandes ouvertes, mais à la lecture de plusieurs blogs très girly-rose-princesse cette après-midi, j’ai eu un peu la nausée, une boule dans la gorge goût Barbapapa et Vanille Yves Rocher, l’envie de sortir ces filles de leurs bulles sucrées, parce que dehors c’est mieux, ca bouge et ca vit, rien n’est figé, tout est possible, il leur suffirait d’essayer.

La blague suprême, le truc qui me fait vraiment ricaner dans ma moustache fraîchement épilée, c’est la dichotomie flagrante entre le profil rutilant et imaginaire de leur promis et la réalité médiocre de leurs rencontres, leurs petites aventures sexuelles et leurs déceptions sur l’oreiller. Entre le pompier infidèle, le gendarme qui ne savait pas se poser, le chômeur qu’on essaie sur un malentendu, un soir de grande solitude, comme si elles devaient se justifier d’avoir craqué, comme si elles tenaient un carnet de correspondance des entrées et sorties de leurs vagins, j’imagine qu’une fois la perle rare dénichée, le garçon propriétaire et à la taille suffisante, catégorie CSP+ vérifiée, elles brûleront leur carnet à loseur dans un ultime auto-dafé, préférant effacer les souvenirs de leurs amants sub-par, de leurs histoires à  faire réécrire d’urgence par un biographe autorisé.

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Ahem

déc 06 2010 Published by under Cosmeto-pouffiaserie

Fausse poitrine, ongles en résine, cheveux décolorés, lévres augmentées, nombril percé, parfois j’en rêve, d’être une bimbo, une fille objet pour homme niais, je marche dans la rue, les têtes n’arrêtent pas de tourner, c’est ma démarche, c’est le son de mes talons sur les pavés, mes jambes bronzées sous uv se cachent sous une jupe trop courte, mes cuisses ne se touchent plus, le frottement s’est envolé, un petit sac ridicule sous mon aisselle parfaitement épilée, j’habite dans le 8 eme et je suis représentante en produit de beauté, même mon nom a changé.

Je me demande ce que ca fait, d’être une vraie femme objet, un trophée qu’on exhibe, un cliché parfait, je voudrais essayer, pour rire, juste une journée, mais je ne suis pas sure de vouloir revenir, je ne sais pas si je pourrai, reprendre mon corps d’origine, recommencer à batailler, soutenir les regards et claquer la gueule des connards, ca serait tellement facile, de pouvoir compter sur mon physique, tellement agréable, de ne pas avoir à affirmer en permanence qu’on existe, de ne pas avoir à se faire remarquer pour autre chose que son corps, de ne pas avoir à en rajouter.

Je suis jalouse, c’est vrai, je suis presque aigrie, de voir ces filles si parfaites, si jolies, celles aux grands yeux et aux pommettes hautes, celles qui rougissent et qui se laissent courtiser, il y en a même des intelligentes, des drôles et des cultivées, elles ont toujours les bons numéros, elles gagnent toutes les loteries, elles habitent un charmant appartement de l’Est parisien, elles embrassent des grands bruns à l’haleine alcoolisée, je me retiens de ne pas les assassiner, tanner leur peau et m’en vêtir, Peau d’Âne 2.0, j’aurai leur os.

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Bonjour Connasse – La Rechute

déc 06 2010 Published by under Cosmeto-pouffiaserie

Bonjour Connasse, tu vas bien ? Ton jean slim ne rentre pas trop dans ton anus fraîchement épilé par l’apprentie de chez Body Minute ? Tes Minnetokas à talons de chez New Look ne frottent pas trop contre tes talons fragiles et gracieux ? Tu vis bien ta vie de pouffiasse en agence de communication ? Des journées entières à sucer des bites ca doit fatiguer quand même, être à quatre pattes pour se faire enculer et passer de la pommade en simultané, ca doit être difficile à gérer. Et puis tes journées sont tellement remplies, les déjeuners en terrasse, Ray Ban posées négligemment dans tes cheveux fraîchement méchés, ta copine Chacha qui te raconte les derniers potins absolument fabuleux et nécessaires à ta survie, pour que tu puisses toi aussi alimenter tes soubrettes avides de conneries et de putasseries. Et ce soir tu fais quelque chose connasse ? Une présentation du dernier fard à paupière de chez Lancôme, est-il en tube ou en boîte, est-il perlé, nacré ou mat, le suspens me flingue, j’ai envie de crier, raconte moi tout, avec des photos et des didascalies, prend toi en photo adossée au bar, la tête posée entre deux assiettes de sushis. Fais moi rêver, meuf, donne moi les détails, la façon dont la nana du vestiaire t’a reconnu, les gens que tu as croisé et ce mec qui n’a pas arrêté de te regarder, saute dans un taxi et pond moi 10 lignes sur ta bête de soirée, avec concours à la clé, la première qui devine la taille de la bite de ton PDG gagne un crayon pour lèvres que tu auras à peine essayé, compte tes visiteurs, publie tes statistiques sur Twitter, fais nous kiffer, on bave tous devant ton statut de putain de VIP du rien, on te jalouse et on t’envie, t’as tout compris, on est tous des putain de paysans, poussière sous tes ongles manucurés, balaie nous de ton orgueil de tenancière de bordel pour bobos décomplexés, le fric c’est chic, les thunes c’est la vie, ton sac Chloé, la cerise tatouée derrière ton oreille, t’es rebelle mais t’es normée, t’es parfaite, t’es au top, t’es la reine de la Prom.

Y’a les connasses intelligentes aussi, celles qui sont payées pour rendre sexy des articles chiants comme la pluie, mise en valeur machiste, community manager de la bite, je twitte mi-graveleux mi-smart, c’est une putain de stratégie, je suis débordée mec, tu peux pas comprendre, tout le monde m’acclame, tout le monde me demande, on ne saura jamais si c’est vrai, mais t’essaie si fort de nous le faire croire qu’on s’en fout de la vérité. Ton snood American Apparel limited edition shoppé à NY l’hiver dernier, ton sac vintage trop class et tes boots à clous, t’es rock’n’roll, t’es une artiste, t’as des connexions dans les milieux trop hype, limite de l’underground, t’es pas une bitch tendance Grazia-Envy-Be, ta came c’est les Inrock, Technikart c’est has been, tu méprises les dindes qui se trémoussent sur Lady Gaga, la musique c’est sérieux, quand tu sais pas, tais toi. Ta philosophie de vie c’est Kerouac mal digeré, tu l’as lu en terminale et depuis t’as décompensé, dans ton studio du 18e dans les cartons sous ton lit, le vomi de ton adolescence, le poster du Che et ton keffié, t’es bouffée par le système mais tu luttes, c’est pour de vrai, tu partiras en vacances en Toscane, pas parce que c’est trop cool, mais parce que c’est écologiquement responsable.

Connasses, pouffiasses, unissez vous parce qu’on est plein à vous détester, à avoir envie de vous tabasser, à vous envoyer en camp de réeducation en Slovénie, vous voir gratter des montagnes de patates crues avec vos ongles niqués, vous filmer en train de chier dans la neige le cul dans les orties, ca ferait une putain de télé-réalité, je serai la kapo de cette belle assemblée, je te ferai tellement trimer que tu chialeras, j’écraserai ton blackberry sous mes rangers et je couvrirai ton visage de merde, tu te laveras les cheveux dans la rivière glacée, à genou tu imploreras mon pardon, tu jureras de lire le journal et de faire attention à ta vieille voisine, mais je te nomine pas, tu restes jusqu’à la fin, jusqu’à ce que ton cerveau habitué aux douceurs et aux macarons Ladurée s’affermisse et se prépare à la vraie vie, retour en France, terminus Roubaix-City, je te lâche là et démerde toi pour rentrer, point d’orgue de la démarche initiatique forcée.

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Bonjour Connasse

déc 06 2010 Published by under Cosmeto-pouffiaserie

Je me suis pas battue souvent, enfin pas pour de vrai. Souvent avec des meufs, la pension ca te fait ça, moi j’étais une grande gueule, la grosse de service, j’en prenais plein la gueule mais je rendais aussi, et quand ca allait trop loin, ca virait catfight, je t’attrape par les cheveux et je te fais bouffer de la terre, j’ai l’avantage de peser plus lourd que toi, si je décide de te bloquer dans un coin je fais masse et je t’assassine, me demande juste pas de courir, ca serait tricher, laisse toi frapper silencieusement dans un recoin du couloir, chiale et promet que tu vas me buter, j’ai peur pas peur, quand j’ai la boule au ventre je sens plus rien.

La dernière fois que je me suis vraiment acharnée, c’était en terminale, récréation entre trois heures de philosophie un vendredi matin, je me moque ouvertement d’une fille que je déteste, que je méprise, j’oublie qu’elle est derrière moi et je me la joue vraiment, tout y passe, son physique de fourmi et ses dents de lapins, insultes faciles de gamine, comme dans un mauvais film je ne comprends pas pourquoi mon auditoire de réagit pas, comme dans une mauvaise comédie, c’est parce qu’elle est juste là, elle me saute dessus par derrière, tente un étranglement, elle finit par me mordre jusqu’au sang, m’arrache un morceau de bras dans la bataille, je suis obligée de la cogner pour qu’elle lâche, au départ je me défends seulement, je tente de la bloquer, et puis c’est plus fort que moi, la violence que tu ne contrôles pas, ca part d’un coup et tu peux plus rien gérer, elle tombe et je continue à la frapper, coups de pieds dans le ventre, je sais pas si je peux m’arrêter, j’ai envie de la tuer, j’ai envie de lui faire mal, qu’elle chiale et qu’il y ait du sang, personne ne bouge autour, ca va trop vite, il faudra que deux profs nous séparent pour que je la laisse partir.

Trois jours d’exclusion plus tard, des conversations avec ma mère, le mot d’excuse obligatoire que je dois faire, retour en pension, plus personne ne me parle, je suis devenue la cinglée, ca me va bien, c’est avec cette étiquette que je passe mon bac et que je finis l’année. J’ai pas de regret, plus de dix ans après, c’est peut-être inquiétant, je me revois la cogner et ca me fait du bien, son ventre sous mon pied, sa gorge que je serre, les cheveux qui restent coincés entre mes doigts alors qu’on nous sépare, j’ai recroisé cette fille des années après, j’ai toujours la même haine, la même envie de la taper, ce truc complétement débile et primal qui t’empêche de parler, seulement j’avais grandi, alors je l’ai juste évitée, changé de trottoir et explosée par la pensée, fantasmé sur ce que j’aurai pu faire pour finir de me venger, après tout j’ai toujours la trace de ses dents sur mon avant bras, il lui manque certainement un souvenir de moi.

Depuis j’ai balancé quelques coups de coude appuyés dans le métro, j’ai filé une ou deux baffes dans des situations critiques, mais pas de rixe, j’y pense souvent, j’avoue, c’est terrible de se dire qu’on pourrait en arriver là, mais c’est une excellente soupape que d’imaginer ta tête cogner contre le rebord du trottoir, tes cheveux longs qui trainent dans l’eau croupie qui traîne là, ton arcade devenue bleue et les griffures qui suintent le long de tes joues, je le ferai pas mais ca me détend, ca m’apaise, de t’imaginer privée de liberté, entravée par mes mains qui te tiennent, le ventre tordu sous mes genoux qui s’acharnent, le souffle coupé et les larmes d’impuissance, tu peux plus rien dire, connasse, tu paies juste enfin, t’as fermé ta grande gueule, au moins pendant que je te saigne, que je t’abime et que je te désintegre.

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