Archive for the 'Ici on crie' Category

Auto Promo

Sep 14 2011 Published by under Ici on crie

Le coût d’un t-shirt à 8 euros 

Je ne fais d’habitude pas d’auto-promo pour les billets que j’écris ailleurs que sur ce blog. Ou alors pas trop. Ou en tout cas pas ici. Mais celui là me tient vraiment à coeur. Je ne suis pas née avec une conscience écologique développée. Je ne suis pas sûre d’en avoir développée une à ce jour. Je reste persuadée que ce n’est pas mon lavage de vitre au vinaigre ou mes trajets en RER plutôt qu’en voiture qui vont changer le monde. Je trouve que l’écologie appliquée au particulier est une masturbation morale. Tu peux uriner dans la sciure autant que tu le veux, toute une vie de miction sèche ne rattrapera pas l’impact d’autres actions. J’adore les enseignes biologiques, mais je suis souvent effarée par leur volonté de rester dans un cercle restreint de connaisseurs avisés. Non, tout le monde ne sait pas cuisiner la graine et la légumineuse, tout le monde ne trouve pas normal d’ingérer du soja pourri, et personne n’éduque vraiment le shopper lambda. Tout ca me paraît bien élitiste, et sans volonté d’ouverture, malgré les discours universalistes et bienveillants des stars de l’alimentation alternative. J’ai du respect pour ma planète, mais j’en ai encore plus pour le vivant. Pour les humains. J’ai développé une conscience sociale. Cette dernière s’imbrique dans l’écologie dans bien des cas, on maltraite aujourd’hui de manière globale l’organique et le végétal.

En quelques semaines, à force de me documenter et de m’intéresser, mon regard sur les objets et les choses a changé. Je ne vois plus de plastique, mais du pétrole. Je ne vois plus les sequins sur mon t-shirt, mais le travail d’une femme pauvre quelque part en Inde. Ca ne tourne pas à l’obsession, mais j’ai la conscience aiguisée. Je porte encore mes baskets adorées, mais j’ai un pincement à la gorge, pour de vrai. Je porte une certaine dose de culpabilité. Je ne peux plus ignorer que je porte littéralement à mes pieds le travail d’humains traités en esclaves. Bien sur, comme pour l’écologie, mon action seule ne suffit pas. Mais je n’ai pas ce goût amer quand j’urine dans mes toilettes. Sans doute parce que ma conscience n’a pas été réveillée assez fort. En attendant, j’ai décidé de limiter ma consommation de textile aux enseignes ayant une politique claire et forte de justice sociale et d’amélioration des conditions de travail de leurs salariés. Ca n’empêchera pas le monde de tourner. Mais ca me tient à coeur. Alors je voulais vous en parler.

Il est compliqué de s’y retrouver sur les sites des marques, de trier les informations et de se faire une opinion.

Pour le moment je me fie à l’Ethical Trading Initiative  (signé par ASOS et New Look par exemple). Il faut dire que la plupart de mes achats de vêtements sont anglais, ils sont plus cléments avec les dodus. Je consulte régulièrement les sites en lien ici , Business For a Better World, Anti Slavery, Clean Clothes.

Je boycotte en France tout textile de la marque TEX (Carrefour) et Jennyfer (opacité totale). Je vais tenir cette liste à jour dans les prochains mois.

 

 

 

 

 

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Secret Square, Public Offense

Mar 08 2011 Published by under Ici on crie

On sait tous comment fonctionne une entreprise commerciale, il y a toujours la même équation (quelque chose à vendre) + (quelqu’un pour le vendre) + (une tactique marketing)  = bénéfice. Je suis donc toujours surprise de voir la grande famille des blogueuses et des influentes associées tomber dans le panneau du Secret Square,cette boîte à Strip Tease parisienne, si bien vendue par sa RP qu’on pourrait la confondre avec le deuxième cercle des Enfers d’un Dante en porte jarretelle en cuir, où une Cléopâtre complètement bourrée vous accueillerait en déguisement d’infirmière avant de se frotter la chatte contre votre costume rayé laine super 100. Vous n’êtes plus cet homme mû par son envie et sa capacité à payer pour qu’une jolie femme secoue nonchalamment sa poitrine sur votre nez, vous êtes un esthète du genre, vous aimez les jolies choses, et c’est tout naturellement que vous accourez au Secret Square, « temple » du bon goût et de la non-vulgarité, si l’on en croit les descriptifs du site. Non, le Secret Square n’est pas vulgaire, il est obscène, dans sa manière de se servir de l’imaginaire d’une sexualité libérée, d’un endroit où tout peut arriver, alors qu’il s’agit tout simplement d’un bar à bouchon glorifié. Il est au summum de la vulgarité lorsqu’il fonde toute son approche commerciale sur « le respect des femmes », la luxure chic, la valorisation de la femme, alors que l’unique but recherché est la vente d’alcool,de repas « aphrodisiaques » et de lap-dances.

Ce qui frappe quand on visite le site de cet honorable établissement, c’est la différence entre les mots et les images. Le discours est accueillant, on tisse les métaphores du cul, on se donne du porno-chic sans le dire, on chante l’hymne de la femme, on valorise, on encourage les physiques différents, on est néo burlesque, on est aphrodisiaques, on vient seul, en couple, entre amis, en tout cas entre gens de bonne compagnie, versés dans l’art discret de la stimulation pénienne à travers string. Les mots parlent peut-être aux femmes, à celles qui hésitent encore, à celles qui veulent se renseigner, on prépare le terrain, on crie à la décence, on se protège. Et puis il y a les vidéos, le démonstrations des danseuses, les images d’ambiance. Et là, tout change. Les filles qu’on vendait comme sensuelles se frottent le pubis en gros plan, la lingerie est cliché, les déguisements risibles, les regards dignes d’un film pornographique, elle est à quatre pattes, elle cambre le dos et bouge ses fesses tout en jetant un regard par dessus son épaule, on l’imagine sans effort en train de sucer des bites à la chaîne, et c’est exactement le but de ce média, provoquer le désir, et jouer sur l’ambiguïté vieille comme le monde, jusqu’où cette fille est-elle prête à aller ? Officiellement, elles ne vont pas plus loin, jamais, le service de sécurité veillant à la fois sur la sécurité de filles (les clients confondent parfois les métiers de service, entre call girl et effeuilleuse branchée), mais également sur la morale de la maison, au moindre dérapage, l’établissement tombe sous le proxénétisme hôtelier. Officieusement, tous les clubs de strip de Paris sont sous la surveillance paisible des forces de Police, et sont parfois sanctionnés.

Dans un club de strip, aussi chic, aussi « velours-tentures-maisons-closes » soit-il, on retrouve toujours le même fonctionnement : une armée de danseuses se relaie sur des podiums le temps d’une chanson. Non, ce n’est pas par amour de la danse, de la fête, ou parce qu’elles sont soudainement tombées amoureuses de vous, elles effectuent simplement leur tour de promotion. Le club espère que c’est en admirant les demoiselles se déhancher sur des tubes cheaps que vous aurez envie d’acheter les fameux tickets de danse, 15 euros pour qu’elles viennent se frotter, mais pas trop, 30 euros pour qu’elles le fassent nues et dans une salle privée. Les filles travaillent aussi en salle, quadrillant le club, souriant aux messieurs, plaisantant avec les dames, flirtant avec tous, afin que vous achetiez une danse avec elle. Les danseuses sont en effet généralement rémunérées directement fonction du nombre de tickets vendus et dépensés pour leurs faveurs. Dans certains clubs, elles paient même un droit d’entrée à l’établissement pour venir exercer, et sont donc complètement dépendantes de leur facilité à vendre leur cul, pardon, leur secouage de cul. Elles doivent s’assurer de garder de bonnes relations avec la personne chargée de vendre les tickets de danse : les clubs préfèrent en général garder une comptabilité propre en dévouant cette tâche à une sorte d’ouvreuse sexy, chargée de démarcher les tablées et de proposer les services des danseuses, tout cela dans la finesse et le bon goût, bien sur. Sa fonction d’agent double, à la foi comptable, chef de partie, bodyguard de danses privées et commerciale pour le club, et de RP pour les danseuses, fait d’elle un des personnages central de la salle de strip. On retrouve donc le schéma classique ouvriers, contre-maître, direction, avec la pression supplémentaire d’un salaire basé en trop grande partie sur les commissions directes.  Mais après tout, on a tous travaillé dans des boulots merdiques, et entre frire des burgers ou danser autour d’une barre, après tout pourquoi pas, la pudeur ne se situe pas pour moi dans l’étalage de viande, mais dans la façon de se laisser cuire.

Revenons donc à nos influentes blogueuses, effeuilleuses du dimanche, persuadées que l’invitation gracieuse à venir shaker leur boule sur un podium, habillée de lumière comme une fille du Lido sans en avoir la taille requise, va leur permettre d’accéder à une nouvelle dimension de leur féminité, le dépassement de leurs complexes, et plus généralement, l’avènement d’une révolution de leur utérus, ou je ne sais quoi d’autre d’extraordinaire. Il faut dire que c’est tellement bien vendu, on aurait envie d’y croire, Le Bal des Débutantes, comme pour les jeunes filles nobles, on ferait son entrée en luxure et en féminité au Secret Square comme on faisait son entrée dans le monde jadis. Coachées par les danseuses, saoulées de shots d’alcools au préalable par la RP, elles ont donc l’immense privilège d’accéder à la barre métallique senteur anus pendant environ 5 minutes, sous les regards émerveillés de leurs époux, amants, fans et followers. C’est le couronnement d’une vie de princesse paillette, et rien ne pourra salir ces souvenirs enchanteurs, pas même ce triste constat : vous venez d’imiter gratuitement au nom de votre cul des danseuses professionnelles salariées, et pour le prix d’un repas offert, vous avez été le temps d’une soirée l’excuse pour faire vendre des cocktails hors de prix. Quelle belle aventure humaine, que de devenir panneau publicitaire ambulant et mouvant, je crois que c’est ce qu’on dit dans ces cas là, quand on est trop consterné pour dire autre chose. Quelle belle réussite de la part des RP de Secret Square qui ont su exploiter les nanas 2.0, leurs failles narcissiques ou leurs égos surdimensionnés.

Je vais être claire, je n’ai rien contre les strip teaseuses, les danseuses, les burlesques, les neo-burlesques, les naturistes en boîte de nuit, et autres consoeurs sans habits. Je n’ai rien non plus contre l’industrie du divertissement pour adultes. Ce qui me donne envie de brûler mes nippies, ce sont les techniques de commercialisation mises en place pour s’assurer l’amortissement de sa Licence IV, et la crédulité des femmes qui se laissent manipuler par cette idée normative de l’érotisme et de la sexualité en pack, l’érection la plus tendance de Paris est au Secret Square, quelle tristesse. Et l’adjectif burlesque, qu’on colle maintenant à toutes les sauces, j’attends le PQ burlesque imprimé léopard-sequins prochainement, qui ne veut plus rien dire, le burlesque goût Aspartam, sans aucune autre revendication que celle d’être la plus belle, le burlesque associé à Cointreau, le burlesque niqué des adolescentes tatouées aux cerises, le burlesque associé sur la même page à l’enterrement de vie de garçon, institution red-neck glorifiée, comme le Secret Square finalement, copie glorifiée  malhonnête des Hustlers et des Hooters, juste un peu de paillettes et de dorure, pour une poignée de dollars de plus. Hustler, justement, l’autre visage du strip à Paris, juste des filles qui tournent sur une barre et des mecs qui paient, sans community management, sans blabla, sans mensonges aussi. Je préfère.

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Osez L’Amour Des Rondes – Marlène Schiappa – La Musardine

Fév 20 2011 Published by under Ici on crie

Selon les éditions La Musardine, la collection « Osez » rassemble des petits guides précis et ludiques consacrés à toutes les pratiques sexuelles. Osez L’Amour des Rondes fait partie des dernières publications. La première question que je me pose, avant même d’ouvrir le livre, est celle de la cible de l’auteure, Marlène Schiappa, lorsqu’elle écrit ce manuel de sexualité. S’agit-il de s’adresser aux hommes qui hésitent encore à révéler leurs fantasmes particuliers de femmes aux courbes exacerbées, ou va-t-elle aider les rondes à décomplexer leur approche de la sexualité, et plus largement, va-t-il permettre d’enterrer certaines idées reçues sur les femmes grosses ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que j’ai 30 ans,  que je suis une femme grosse, et qu’Osez L’Amour Des Rondes devrait donc me parler.

Ce qui frappe d’abord, c’est la couverture, illustrée par Arthur de Pins, illustrateur bien connu de la communauté des dodues, qui représente ici une femme géante aux fesses et aux seins démesurés, à laquelle s’accroche comme la moule à son rocher un petit homme maigrichon, qui se blottit dans les seins généreux de la grosse pin-up comme dans ceux de sa mère pour téter.  La femme ronde est donc symboliquement à la fois dominatrice et castratrice, et maternelle. Ca commence bien, en avant les clichés.

L’avant-propos arrive à point pour répondre à mes questions : le livre s’adresse bien à la femme ronde, que l’auteure s’acharne tant bien que mal à définir, s’appuyant pour se faire sur des sommités telles Karl Lagerfeld, le magazine Playboy, ou l’opinion publique. On ratisse donc large ! Les femmes deviendraient rondes pour diverses raisons : gourmandise, grossesse, dépression, pauvreté, génétique, ou tout simplement parce qu’elles « préfèrent passer leur temps à faire l’amour plutôt que de faire du sport en salle ». On pardonnera à Marlène Schiappa ces clichés grossiers, elle n’aura sans doute pas pris le temps de s’intéresser aux études récentes sur les causes mixtes de l’obésité. On la comprend, son propos doit rester léger ! Elle dédie son ouvrage « aux rondes et à ceux qui les aiment », et nous rassure : les grosses ne sont pas plus bêtes que les autres, il ne faudrait pas croire tout ce que les médias veulent nous faire croire ! D’autre part, l’auteure en est sure, études à l’appui, les rondes sont « les icônes sexy de tous les temps », et elle nous emmène dans un voyage adipeux, de la Vénus de Milo à Laetitia Casta, l’argument ultime de son argumentation étant la recrudescence des opérations de chirurgie esthétique visant à augmenter le volume des fesses ou de la poitrine. Les minces nous envient, la révolution est en marche, nous voilà rassurées !

Je vous passe les pages témoignages d’amants de grosses, qui rassemblent les stéréotypes les plus éculés sur les rondes, qui seraient à la fois plus douces, plus sensuelles, plus « pleines », mais également plus « affamées », bustées, et bien sur,  toujours « de bonne humeur ». Amies obèses, évitez donc d’être callipyges, de mauvaise humeur, ou simplement frigide, il en va de la survie de notre espèce ! On pensait les poncifs sur les femmes venus d’un autre siècle, mais pourtant, les paroles d’hommes choisies par Marlène Schiappa nous confirment le pire : soyez rondes, mais soyez soumises et sexuelles, c’est la seule façon de plaire.

Apprenons maintenant ensemble à devenir sexy tout en restant grosse, selon les préceptes d’Osez l’Amour Des Femmes Rondes :

–       Ne vous goinfrez pas en public. On mangera une sucette, pour rappeler l’aspect phallique du geste, mais pas un sandwich, qui pourrait faire penser à  votre indélicate surcharge pondérale.

–       Dansez, mais seulement si vous savez. Inutile d’essayer d’imiter vos copines minces qui se trémoussent sans avoir pris de leçons. Vous auriez l’air d’un tas. Prenez des cours de salsa, par exemple, car sinon, vous risqueriez  « d’incarner l’absence de maîtrise de soi »

–       Ne vous ruez pas sur la bouffe comme une candidate de Koh Lanta après un jeune forcé. C’est bien connu, les grosses ingurgitent des tonnes de nourriture en public, et cela sans aucune retenue. Sachez vous tenir, merde ! L’auteure vous conseille de « ne pas prendre de déssert si personne d’autre n’en prend à votre table » et surtout « de ne pas demander de doggy bag » (?!)

–       Mentez sur votre poids quand vous draguez en ligne ! Mais pas trop ! Juste ce qu’il faut pour attirer un maximum de mecs ! Vous vous arrangerez  avec la vérité une fois le temps du rendez-vous arrivé ! Si vous avouiez votre vrai tonnage, personne ne voudrait de vous, bien sur.

–       Soyez drôles, mais pas trop. La femme grosse a l’obligation d’être marrante, mais ne doit pas oublier que sa priorité doit toujours rester sa soumission totale à l’homme. Elle préfèrera donc rire aux blagues pourries de son compagnon plutôt que de se lancer dans un récital de vannes.

–       On se rend à la visite médicale sans rechigner. Je pense que cela se passe de commentaires. Les grosses se soignent, pas la peine d’enfoncer le clou sur l’énormité de ce conseil.

–       On suit la mode, mais pas trop. Parce que soyons honnêtes, les grosses ne peuvent pas tout mettre. Contentez vous donc de mettre une jolie broche, d’accessoiriser.

–       Restez fières dans les transports, « partagez vos Twix avec votre voisin dans l’avion ». Donc la grosse apporte du chocolat dans l’avion, puisque la grosse n’arrête jamais de bouffer. Voilà voilà.

Passons maintenant au cœur du message : Les rondes, des pièges à hommes :

Les conseils de ce chapitre me donnent envie de vomir. Strictement envie de vomir. Je ne comprends pas pourquoi l’auteure pense qu’il est utile de rappeler aux grosses qu’il faut se laver les dents, se laver, se maquiller. A croire que notre couche de gras nous empêche de nous mêler à la société, que nous vivons en tribu, dans une cave remplie de femmes obèses, sales, puantes et poilues. Et on retrouve en filigrane, l’obsession de Marlène Schiappa pour la prétendue oralité des rondes : ainsi, les grandes dents blanches préalablement lavées grâce aux conseils données serviront d’appâts, l’homme rustre associant toujours la bouche et les dents à la fellation.

L’équation (grosse=bouffe) + (grandes dents = grande bouche) = bonne pipe, semble être au cœur de la tactique primale de séduction de la grosse en goguette. La grosse est un trou béant, qu’il suffit d’habiller de quelques paillettes pour que la virilité d’un homme vienne s’y planter. Merci, tout cela est fort réconfortant, vraiment. On apprend également que la dodue doit éviter tout décolleté affriolant ou toute mini-jupe, sous peine de tomber immédiatement dans la catégorie « Vieille Pute », alors que sa consœur mince serait sexy et élégante, elle.

Ronde et Désirable, le chapitre de la honte :

Pour être désirable, vite, conformons nous aux normes en vogue de capillarité, faisons nous épiler ! L’auteure se pose en spécialiste du sujet, détaillant pour la grosse novice les différentes formes possibles d’arrachage de poil, triangle inversé, ticket de métro, cœur, et intégral. Elle nous recommande le ticket de métro, car il aurait un effet amincissant dans une mesure de 1,5 à 3 cm de poils selon votre corpulence. Attention ! Vous tromper de mesure met en cause votre pubis de manière grave ! Vous risqueriez de dégoûter à vie votre amant de votre « grosse vulve » par cet « effet grossissant ». On peut donc être ronde, certes, mais pas  de partout, et certainement pas du mont de Vénus, ne choquons pas le mâle et son pénis fragile et peu habitué à cette colline de chair supplantant nos organes. Marlène Schiappa nous déconseille l’intégrale, qui est pourtant la méthode d’épilation la plus confortable et la plus seyante selon moi, car les admirateurs de grosses dames aiment les poils. Oui oui. Vous avez bien lu. Elle le dit, elle l’affirme, elle le sait.

Le pire restant toujours à venir, j’apprends dans le paragraphe suivant, subtilement sous-titré « Elle préfère l’amour en mer », que les grosses transpirent comme des veaux, « un peu d’émotion, un coup de chaleur ou de fraicheur, un petit effort, et hop, les aisselles, le dos, l’entrejambe se mouillent ». L’auteure nuance : les grosses sont, selon elle, bien sujettes à une perspiration anormale, mais ne puent pas. Ou plutôt, ce n’est pas de leur faute. Ou plutôt, on ne comprend pas vraiment le projet de ce paragraphe, les grosses sentent, ca, on l’aura compris, mais les explications restent floues. On retiendra le conseil de l’auteure, du déodorant matin, midi et soir, ou un amant qui aime l’odeur de votre transpiration (le même qui aime les poils, sans doute, comme plus haut). Pour pallier à ce désagrément majeur, la solution est toute trouvée : la grosse doit baiser dans l’eau ! Plus de soucis de sudation ! Quel excellent conseil vraiment, qui suppose donc que la grosse a un partenaire fiable et séronégatif avéré, puisque baiser dans une piscine (dans la mer en fait, dans le livre, merci pour la correction) vous empêche le port du préservatif … La grosse est donc la femme d’un seul homme, si elle a la chance d’en trouver un ! Vous aurez également noté que la grosse est uniquement hétérosexuelle, il ne manquerait plus qu’elle soit grosse et gouine …

Du cul, du cul, du cul

Quelques pages techniques maintenant. Vous avez réussi à ferrer un prétendant, malgré votre épilation ratée, vos litres de sueur, vos odeurs corporelles, votre sens du rythme à chier et vos blagues grasses ? Il est l’heure de niquer ! N’ayez pas peur, l’auteur vient à votre secours en vous recommandant par ordre de préférence les positions les plus folles !

–       La levrette : il s’agit ici de mettre en avant le meilleur visage de la grosse : son cul.

–       Amazone Light : La grosse pourrait briser son amant en deux. Faites vous légère !

–       En cuillère : la position recommandée pour les timides qui ne voudraient pas se montrer de face … mais strictement impossible techniquement si comme moi vous possédez un postérieur important et un amant en dessous des 34 centimètres

–       Sodomie mensongère : il s’agit ici de faire croire à votre amant qu’il vous sodomise alors qu’il s’introduit seulement entre vos deux miches. Technique usitée par la plus vieille profession du monde depuis des siècles. Merci pour cet aimable rappel de notre condition, Marlène.

–       Missionnaire : A l’Ouest, rien de nouveau, mais l’auteure ne manque pas de préciser à la grosse paresseuse et molle de ne « pas faire l’étoile de mer »

–       On évitera « de face », les bourrelets empêcheraient la pénétration. Pour être pourvue de bourrelets charnus, rien ne m’empêche de baiser en position du lotus, si ce n’est la souplesse de mon amant. Quand on ne sait pas, on se tait, non ?

–       Le Face Sitting, ou action de s’asseoir sur le nez de son partenaire, est formellement interdit par l’auteure, sous peine de graves souffrances. Dommage, il reste la pratique préférée des Fat Admirers de tout poils. On revoit sa copie, Mme Schiappa ?

–       Et bien sur, un chapitre entier lui est consacré, on sucera son partenaire, des heures durant, des couilles au gland, sans rien lui refuser, puisque la grosse qui aime tant bouffer aime forcément bouffer la queue de son amant. Le cliché de l’oralité est porté jusqu’à la fin de l’ouvrage, sans aucune trace de sarcasme dans les mots de l’auteure. Juste une femme de plus qui n’a rien compris, qui n’a pas cherché à comprendre.

A ce moment de la lecture, page 94 tout de même, deux Immodium et trois Valium plus tard, je me demande ce qui a bien pu pousser Madame Schiappa a écrire ce ramassis de merdes. L’appât du gain peut-être. Son vécu d’adolescente ronde mal digéré ? Ses propres angoisses vis à vis de la sexualité ? Ses problèmes de sudation ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est qu’il n’y a aucune recherche, aucun témoignage, aucun mot, qui résonne justement. Je suis une femme grosse. Ma taille de pantalon est 54. Ma taille de soutien gorge est 110 F. Je suis grosse depuis l’enfance, j’ai traversé l’adolescence, les premiers amours, la découverte de la sexualité, les petits amis, le couple, en étant grosse. J’ai appris à jouir et à faire jouir en était en surpoids, j’ai cherché, j’ai tâtonné, j’ai consulté, je n’ai pas toujours été bien dans ma peau, j’ai cherché à plaire, j’ai cherché à me protéger, j’ai vécu le parcours classique d’une FEMME. Pas d’une grosse, juste d’une femme, avec l’embarras de quelques bourrelets en plus.

Je sais qu’il existe des centaines de femmes rondes, grosses, et même minces, qui sont sincèrement complexées par leur poids, et qui se tuent à petit feu en voulant à tout prix rentrer dans le moule impossible de ce qu’on leur présente comme idéal dans les médias et dans les films. Mais je ne comprends pas une seconde comme La Musardine a pu penser que ce genre d’ouvrage, plein d’idées reçues, de clichés, d’insultes presque, pouvait être une façon de se libérer, d’oser enfin vivre son corps pleinement, d’érotiser ce qui semblait en souffrance.  Au contraire, cet ouvrage, ce torchon, perpétue sans les interroger les idées qui nuisent depuis des années aux rondes, aux grosses, aux obèses.

Parce qu’Oser L’Amour Des Rondes, c’est oser s’aimer lorsque tout autour de vous vous condamne à changer, c’est oser affirmer qu’on désire être soi, malgré les obstacles et malgré la pression du groupe. Et pour un homme, c’est certainement autre chose qu’aimer la générosité d’une poitrine ou la pilosité odorante d’un pubis. Aimer une ronde, c’est aimer un individu, une femme. Si l’auteure avait vraiment voulu donner dans le pratique elle aurait du consulter les pages sexo des magazines en ligne de Fat Acceptance à l’américaine, qui consacrent depuis toujours des rubriques entières à l’art de l’érotisme et de la pornographie en XXL. Elle aurait du s’intéresser vraiment à son sujet, plutôt que de nous vomir cette soupe plate et conformiste, tout juste bonne à enchaîner celles qui se pensent grosses dans leurs complexes et leur mal de vivre.

Toutes les parties en itallique sont des citations directes de l’ouvrage.

Osez L’Amour Des Rondes – Marlène Schiappa – La Musardine – 8 euros

ISBN : 978 2 84271 419 2

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Pour la suppression de l’article 32 ter A de la LOPPSI 2.

Déc 14 2010 Published by under Ici on crie

On écrit à son député.

Parce qu’il fait froid sous les tentes, sous les tôles, parce que la France connaît une recrudescence de bidonvilles, d’habitat précaire. Mais que les solutions proposées pour remplacer ces installations précaires sont insuffisantes. Et que nous ne devons pas tolérer qu’il soit légal de détruire, d’expulser, de verbaliser ceux qui sont déja dans une détresse sociale et financière flagrante.

Parce que la LOPPSI 2 c’est d’abord ceci :

« La seconde version a été présenté en conseil des ministres le 27 mai 2009 et vise à compléter la première, avec pour objectif « d’assurer une réponse immédiate aux nouvelles réalités de la délinquance. Le projet crée ou renforce les instruments adaptés contre la cybercriminalité, contre le crime organisé, contre les violences qui fragilisent notre société, violence des bandes, violence dans les stades ou sur les routes, atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation. ». Cette nouvelle version de la loi prévoit, entre autres, la création du logiciel Périclès centralisant les informations. Elle prévoit aussi d’autoriser la police à installer des chevaux de Troie (logiciels espions) sur les ordinateurs français. »

Et que franchement, je ne vois pas bien le rapport avec :

Les ménages occupant des locaux et maisons construits sans permis : Ces situations sont nombreuses en France, particulièrement dans les DOM TOM, où la majorité des maisons ont été édifiées sans permis de construire et sont donc « illicites ». Ce sont des installations « en réunion » qui tomberont sous le coup de cette loi.

Les occupants d’habitat alternatif : Des modes d’habitat alternatif sont mis en œuvre de plus en plus fréquemment, poussés par des convictions écologiques ou les difficultés à se loger : il s’agit souvent d’habitat léger, mobile ou éphémère, respectueux de l’environnement, à faible empreinte écologique. Exemples : yourtes, tipis, cabanes, etc… A noter que de nombreuses personnes installent des yourtes ou des tipis dans leur propriété, pour leur famille : elles sont menacées de l’arbitraire là aussi par l’article 32 ter A.

Les habitants de mobile-homes : De nombreux mobiles-homes ont été installés dans des propriétés où le plus souvent il existe des maisons. Les habitants de mobiles-homes dont l’installation n’aura pas été agréée seront soumis au même régime.

Il nous reste quelques jours seulement pour écrire à nos députés en suivant cet exemple : LOPSI 2

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Cauet, puis-je te vomir dans la bouche ?

Déc 07 2010 Published by under Ici on crie

Hier soir, je suis en voiture, et je tombe sur l’émission de Cauet sur NRJ. Je pensais que ce monstre du PAF français était plutôt à la télévision, manque de bol, il envahit même nos ondes, à m’en faire regretter Max et les poèmes de Gégé. Que dire sur Cauet ? Que c’est certainement un business man de première classe, puisqu’il a compris qu’en faisant de la merde aux heures de grande écoute, il pourrait faire fructifier sa petite entreprise d’abaissement général de l’intelligence des français. Mon opinion est donc partiale, je le hais d’avance, je continue juste à écouter parce qu’il reçoit les danseuses du show New Burlesque, qui de passage à Paris, font de son émission un passage en promo obligé. On peut critiquer la tendance neo-burlesque qui se préoccupe plus du nombre de paillettes sur son téton que du message qu’il représente, mais je trouve que ces nanas ont su monter quelque chose de plutôt chouette, de différent, dans l’esprit direct de “Tournée”. Bref, ca m’intéresse.

Cauet, 1m80 de haut, tout en calvitie naissante et en mèche savamment rabattue sur le côté pour se laisser l’espoir d’une capillarité, s’empresse de faire remarquer que les danseuses ne sont pas mannequins, qu’elles ont toutes des gros culs, et que le show devrait être vendu avec une incitation à la diététique. Il décrète d’ailleurs que ce spectacle est d’intérêt public pour les enfants, puisque la vision horrible de ces femmes se déshabillant les dégoutera à jamais du moindre aliment hyper-calorique. C’est tout ce qu’il retient de cette troupe de performers. Il ne parlera pas un seul instant de l’esprit du Burlesque, du côté punk de la représentation, de l’aspect anti-conformiste du projet. Le picard le plus con de sa région confirme mes suspicions : pourquoi perdre une seule seconde à expliquer ce qu’il se passe vraiment sous ses yeux, pourquoi creuser, même une minute, un sujet ? Son émission est une auto-promotion permanente : les invités s’adaptent au moulin à merde Cauet, d’ailleurs la troupe est anglophone et ne comprend rien à ce qu’il dit. C’est la bétise crasse du mec un peu laid qui a lutté toute sa vie pour briller, et qui une fois parvenu préfère chier à la gueule du monde pour conforter sa place de premier roquet. C’est le trauma de psychologie de comptoir du mec qu’on choisit toujours en dernier pendant les cours de sport, qui passant contremaitre à l’usine, décide de se venger de tout ceux qui l’ont emmerdé. C’est le melon complet, la forme la plus laide de divertissement, l’annihilation complète de toute possibilité d’éducation ou de réflexion. Il aurait suffit de 35 secondes d’antenne pour expliquer ce qu’est le Burlesque. Mais pas chez Cauet. C’est tellement plus politiquement correct, ca rapporte tellement plus, de rester au premier degrès. Huons les gros culs. Huons les nains. Tuons les handicapés. Normal. Au Royaume de Cauet, seuls les hommes bedonnants ont le pouvoir de décision, retour direct aux bonne valeurs de la France rouge-qui-tâche, faudrait pas choquer l’auditoire.

Je suis vieille, j’aurai 30 ans vendredi. Enfin je ne suis pas vieille, plutôt, je vieillis. La meilleure émission de radio que j’ai jamais écouté, à heure égale et à format comparable, à presque 20 ans d’âge. J’écoutais Supernana sur Skyrock, quand ils passaient encore du Rock, ca parlait cul, ca parlait différent, ca envoyait chier les gens, y’avait des personnages, des invités inconnus, des sons nouveaux, on avait la sensation d’entrer dans quelque chose de vraiment intéressant, dans l’univers de cette nana qui nous tenait la grappe trois heures par jour sans relâche, sa voix grave et son physique de camionneuse, ses déguisements pourris et sa grande gueule. Elle a été licenciée pour avoir chié à la gueule du CSA, elle est même morte maintenant, mais je pense qu’elle hurle six pieds sous terre d’entendre ces merdes, elle qui a façonné sans le savoir mon goût pour les chansons de merde, qui m’a donné envie de l’ouvrir quand on me marchait sur les pieds, c’était Supernana, c’était GNIAGNIAGNIA, et je suis une vieille conne, bonsoir.

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La Petite Vieille

Déc 07 2010 Published by under Ici on crie

Dans son panier il y a : une escalope de poulet individuelle, une petite conserve de haricots verts, 4 yaourts nature sucrés, deux pommes Golden. Elle a choisi le plus grand panier possible, celui avec les roulettes pour le trainer, mais elle le porte à son bras avec son sac à main, dans le plis du coude. Elle porte une jupe écossaise qui lui couvre les genoux, et une chemise bleue marine cintrée où on lit encore les passages du fer à repasser. Au pied, des Mephistos usées, beiges et plates. Les cheveux sont courts, entre le blond artificiel et le gris souris, une large mèche qu’elle porte sur les yeux lui occupe les mains dans la queue.

Elle guette le bon moment pour installer la barre en plastique du client suivant sur le tapis roulant. Elle la regarde depuis un moment. Je suis juste derrière elle, et dès que je commence à installer mes articles, elle pousse les siens, un peu plus loin, comme pour séparer un peu plus nos deux paniers. Pendant que la caissière scanne, elle sort de son sac à main un sac recyclable aux couleurs d’une autre enseigne, plié raide, l’allure défraichie, et empile consciencieusement son marché. Les yaourts d’abord, suivi de la conserve, les pommes, et pour finir, le poulet. Ses yeux ne lâchent pas l’écran lumineux de la caisse qui affiche maintenant le total des emplettes.

5 euros 04 centimes Madame s’il vous plaît.

Du sac en cuir encore ouvert, elle sort une feuille vert pomme, en tête à blason, une lettre de la Mairie. Elle la glisse à la caissière, comme une copie d’examen, la face contre terre.

Il faut découper le bon Madame, je ne peux pas prendre la feuille en entier.

Elle reprend la feuille. Elle est gênée. Elle tente de plier, elle tremble un peu, elle essaie de découper, elle pince le papier entre ses doigts, elle n’y arrive pas. Je crois qu’elle n’y voit pas. La caissière reprend la feuille et sépare le bon alimentaire du reste de la feuille d’un coup sec, le scanne, et tape un code sur sa machine.

Ca vous fait un total de 04 centimes Madame.

Elle cherche au fond de son sac. Comme il m’arrive de le faire quand je n’ai plus d’argent, quand je fouille les poches de mes manteaux d’hiver, mes sacs à mains et les tiroirs de la salle de bain. Elle cherche ses poches, la jupe n’en a pas, le sac est vide, la petite poche de devant aussi, rien dans le sac de course, et nulle part ailleurs où chercher.

Ce sont les pommes surement, qui m’ont fait dépasser. Vous pouvez les enlever.

La caissière soupire et fait claquer le tiroir caisse d’arrière en avant, lui tend son ticket, et lui demande de s’en aller. Elle ne dit rien de plus, elle est habituée. Elle ne fait pas la charité, elle se rattrapera en scannant deux fois le pack d’eau de la famille d’après. Elle la libère, parce qu’elle craint que la petite vieille ne se mette à pleurer.

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De l’usage du petit carnet noir

Déc 06 2010 Published by under Ici on crie

On a tous un petit carnet noir. Il peut être rose, et bordé d’Hellos Kitties galopant dans les nuages, Moleskine, électronique, ou tout simplement mental, mais soyons honnête, cette liste existe. Des hommes ou des femmes que nous avons croisé, à divers moment de notre vie, et qui sont prêts à satisfaire nos désirs sexuels avec la rapidité d’une livraison de pizza à domicile. L’équivalent en libido de la Paysanne extra-champignon, satisfaisante, bourrative, et légèrement culpabilisante quand on jette le carton dans la poubelle commune de l’immeuble. Loin du concept débile de sex-friend, compliqué et toujours à la frontière de la relation, plein de questionnement inutile et de codes muets, l’individu qui trouve sa place dans le petit carnet noir n’est pas forcément aimable, plaisant, ou même intelligent. Il possède uniquement les qualités essentielles à une baise rapide et jouissive, la proximité géographique et une rigidité de 10 sur l’échelle de la bandaison.

La subtilité du petit carnet noir consiste à savoir l’entretenir et à le nourrir de plusieurs genres de partenaires. On retrouvera avec plaisir son amant de dix ans, avec qui on pourra évaluer sa progression sexuelle à travers les ans. On aimera également pouvoir y noter le bellâtre rencontré en soirée quelques mois auparavant, qui nous avait alors clairement signifié son intérêt sous forme d’érection sauvage pendant un slow collé-serré, avec qui on aurait pu finir la nuit, mais qu’on avait préféré écarter pour cause de mauvaise allure globale. Une fois nu, l’individu pourra se révéler un partenaire attachant et attachable, pour peu qu’il daigne arrêter de parler. L’individu ne doit pas avoir d’autre fonction que celle de sex toy palliatif. Inutile d’y noter vos ex, votre premier amour ou votre voisin de pallier, ils pourraient vous conduire à des situations asexuées et compliquées. L’habitant du petit carnet noir sait qu’il intervient pour un instant donné, comme l’homme qui tombe à pic. Il n’attend ni compensation sentimentale, ni promesses. Pas besoin de lui cuisiner un petit plat, ou d’acheter de nouveaux dessous. L’homme du carnet se satisfait de vous, nature.

Le contact de votre partenaire de Sex Carnet doit être franc et clair. On privilégiera l’usage du texto, putassier et court. “Chez moi ce soir ?” est une formule consacrée et appréciée à travers les continents, et peut facilement se traduire en toutes les langues. N’hésitez pas à utiliser la fonction “Envoi à plusieurs destinataires” de votre téléphone, il permet d’obtenir un pool de réponses en un temps record, et de faire un choix selon vos inclinaisons. Précisez ensuite l’heure, prenez une douche et procédez aux ablutions et élagages rituels, choisissez une tenue confortable, et facile à enlever. Vous ne voulez pas perdre de temps dans d’inutiles pourparlers. A l’heure fatidique, accueillez votre partenaire d’un baiser franc et mouillé, et entrainez le sans perdre un instant vers votre lit. Vous lui proposerez un verre d’eau après sa première éjaculation.

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Histoire de Rom

Déc 06 2010 Published by under Ici on crie

Il y a dix ans, j’étais pote avec deux roms. Ils vivaient dans un appartement squatté pas très loin de chez moi. A l’époque, je ne savais pas qu’ils étaient Rom. Ils venaient juste de Roumanie, ils avaient fui la pauvreté comme tous les autres, ils vivotaient en bordure du périphérique, un peu de manche, un peu de ménage chez les bonnes femmes du coin. On se croisait, on papotait, il me filait un coup de main pour bricoler, elle me faisait des coiffures dignes de Miss Romania 1976, on parlait un mélange d’espagnol, de français et d’anglais, il jouait de la guitare, c’était plutôt chouette. Je n’avais pas vraiment compris la détresse, la misère. Ils ne vivaient pas en bande, comme les Roms qu’on croise aujourd’hui, ils étaient venus seuls, ils avaient laissé deux enfants au pays, une histoire d’immigrés classique finalement.

J’ai compris à quel point ils étaient pauvres quand l’hiver est arrivé. Un bon hiver. Avec des températures en dessous de zéro. Du givre à l’intérieur des vitres, même dans mon appartement chauffé. Ils ont fait du feu dans leur squat. La cheminée n’avait pas été ramonée depuis des années. Le feu a pris dans le conduit. Les pompiers, la police, l’incendie. Soudain ils n’avaient plus de toit. Et puis elle était enceinte. De quelques semaines seulement. Elle cherchait à avorter. C’est drôlement compliqué, quand tu n’as ni papiers, ni argent, ni maîtrise de la langue, et que tu as peur des institutions. Peur de te faire dénoncer, embarquer. Elle avait tellement peur qu’elle en devenait transparente, elle passait ses journées à vomir et à errer de services sociaux en soupe populaire. Il devenait plus sombre, presque irascible. Ça sentait le désespoir et le manque, jusque dans leurs valises éventrées, entreposées à la va-vite dans ma cave vide.

On a du aller loin, faire une heure et demie de train, pour trouver un hôpital qui accepte de l’avorter et de la prendre en urgence. On a du encore faire deux heures de transport pour aller chercher le sésame de prise en charge de la sécurité sociale. Je l’ai accompagnée, à chaque rendez-vous, quarante cinq minutes de marche de la gare au CHU, moi ca allait, elle gerbait, en cadence, tout le long de la route, dans les poubelles et dans les buissons. Ça avait un côté tellement hors de la réalité, presque drôle, absurde. A l’hôpital, ils l’ont traité comme une merde. J’étais là. Je traduisais. Pas tout. Je n’ai pas traduit la remarque de l’infirmière, qui disait en substance qu’elle devrait se faire ligaturer les trompes, que son utérus était dangereux pour la France. Je l’ai vu subir une échographie pelvienne, je lui tenais la main. Je sais ce qu’est une échographie pelvienne, j’en ai subi, dans le confortable cabinet de mon gynécologue du 7eme. On ne peut pas dire qu’elle ai eu droit aux mêmes égards. Comme une bête. Sans jamais la regarder. Sans jamais un mot de réconfort. Comme une merde.

On leur a payé une chambre d’hôtel, à côté de l’hôpital. Pour la nuit d’avant et la nuit d’après. On avait pas trop les moyens, avec les potes, et puis c’était mieux que le 115. Ils étaient toujours séparés, dans les foyers du Samu Social. Jamais de place pour les couples. On les a accompagné, le même train de banlieue pourri, la même marche grotesque vers le CHU, je l’ai embrassée, je l’ai mise au lit, et je suis partie. Et je n’ai jamais plus eu de nouvelles. Elle est allée se faire avorter, le lendemain matin, j’ai reçu les papiers de l’hopital quelques semaines plus tard, j’avais laissé mon adresse pour “besoins administratifs”. Mais je ne connais pas la suite de leur histoire, de leur errance. D’abord j’étais en colère. Je leur en ai voulu. J’avais donné de moi, de mon temps, de mon argent. Je voulais savoir. Je voulais les revoir. Et puis finalement, j’ai compris, un peu. Qu’est ce qu’on se serait dit ? Qu’est ce que j’aurai pu faire ? Il y a la honte, la misère, la culpabilité, l’avortement, le déracinement, toutes ces choses tellement difficiles, tellement dures, au cœur de notre amitié.

Je ne sais pas pourquoi je raconte ça. Ca n’a rien de très intéressant, de particulièrement politique, de déterminant pour le débat. Je voulais juste laisser un trace des Roms que j’ai connu. Pour les détacher un peu du reste, pour leur redonner un caractère vivant. Une condition humaine.

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Billet sponsorisé

Déc 06 2010 Published by under Ici on crie

Hello les filles !!

Ce matin il m’est arrivé une drôle d’aventure ! Je me réveille tranquillement avec mon boyfriend qui est trop beau et qui sent trop bon, et tout d’un coup, mon anus me gratte ! J’étais vraiment surprise, car comme vous le savez, je suis une folle de l’hygiène anale, et j’ai testé pour vous de nombreux produits sur le sujet ! Damned ! Comment cela est-il possible ? Je n’ai pourtant pas abusé du chili con carne épicé calienté oh-la-la de ma belle mère et nous n’avons pas tenté la sodomie au piment depuis notre échec du mois dernier (voir ma note précédente hihi). En plus, j’avais rendez-vous avec ma BFF Agathe-jolie-prunelle pour une opération marketing Sloggi ! La honte ! Je me voyais mal aller essayer des strings avec ma purulence anale !!

Heureusement, et tout à fait par hasard, j’ai été sauvée !! La marque Hankyprout m’a envoyé ce même matin un produit ré-vo-lu-tionnaire !! Le spray anti-glaire-qui gratte !! J’avais déja vu ce produit dans les rayons de mon supermarché et j’avais déja trouvé le packaging super moderne !! J’adore les petites fesses toutes rouges et l’anus violet de la modèle sur le paquet !! Ah ces publicitaires, ils savent vraiment comment nous faire craquer ! J’étais donc ravie de recevoir mon petit paquet de bon matin, et je me suis pressée de claquer une bise à mon coursier préferé ! Il me joue parfois de vilains tours en me faisant attendre toute l’après midi mes petits cadeaux de presse le méchant !

Je me suis précipitée dans la salle de bain, et j’ai commencé à me mettre en position pour pouvoir me décongestionner les muqueuses anales : j’ai mis mon pied sur la baignoire, comme si j’allais me fourrer un tampax en pleine nature, j’ai attrapé une de mes petites fesses pour dégager mon petit trou précieux, et avec mon autre main j’ai empoigné fermement le spray NOGLAIRE. Ce qui m’a tout de suite plu, c’est la sensation de fraîcheur que m’a apporté le spray NOGLAIRE, j’ai senti mon anus boursouflé gémir de plaisir dès le premier PSHIT ! Quel bonheur de trouver un tel apaisement anal en seulement quelques gouttes ! Et ce qui a vraiment fini de me convaincre, c’est le deuxième effet KISS KOOL (LOL) : l’odeur !! Quelle fille moderne et fabuleuse n’adore pas avoir son petit trou parfumé au senteur eucalyptus et mara des bois !!

Pour conclure, je dirai que le SPRAY NOGLAIRE est vraiment l’alliée des nanas hypes et urbaines trendy-chic-boheme-tralala qui comme moi adorent avoir le bourbier déridé avant de commencer la journée ! Je remercie vraiment mes partenaires de la beauté anale d’avoir pensé à moi pour ce test ! Il tombait vraiment à point nommé, comme par hasard ! Le SRAY NOGLAIRE est disponible au rayon frais dans tous les supermarchés pour seulement 14,99 euros, foncez les girls !!

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Sexualité pour les nuls, ultime mode d’emploi

Déc 06 2010 Published by under Ici on crie

Y’en a un peu ras le cul, de toutes ces émissions, de tous ces articles, de ces livres et de ces émissions, le sexe pour les nuls, la sodomie pour les demeurés, le cunnilingus pour les abrutis, ca m’agresse, ca me donne envie de faire un gang-bang avec 34 mecs cagoulés sur le parking d’un hypermarché plutôt que d’appliquer à la lettre les conseils et statistiques des chercheurs en sexologie, ces mecs en cravates qui comptent les rapports et chronométrent les instants, 24 minutes de préliminaires, c’est bien, en progrès, demain vous passez à la pénétration, nous ferons un brief de campagne avant l’éjaculation, continuez vos efforts, vous allez y arriver, vous ferez bientôt partie de la bonne moyenne molle des autres français.

Si on commencait par se dire que la sexualité est diverse, qu’elle change, en fonction des saisons, des envies, des hommes et des femmes que nous rencontrons, de nos histoires et de nos fantasmes, du temps et puis des circonstances, qu’on ne jouit jamais deux fois de la même façon, que nos muscles se contractent différement selon notre forme et nos désirs, que notre respiration ne change jamais de tempo pendant les mêmes caresses, que la répétition d’un exercice n’en fait pas forcémment une réussite, qu’on baise ou qu’on se fait baiser, qu’on fait l’amour et qu’on en donne, qu’on en fait tourner, qu’on peut aimer avoir mal, se caresser et même ne pas jouir, qu’on peut se laisser aller avec un inconnu plus facilement qu’avec son mari, qu’on peut aimer s’interdire de prendre du plaisir ou d’en donner, que la sexualité ne se résume pas à sucer et à branler, aux 108 positions validées par la maréchaussé.

Si on laissait les femmes se découvrir, se caresser, apprendre à se toucher, à se regarder dans un miroir et à s’aimer, si les hommes se laissaient caresser, si ils n’avaient plus honte de se masturber, de désirer, si on expliquait aux enfants que la sexualité est naturelle et plutôt magnifique, si la prévention se liait aussi à des messages de plaisir, si on expliquait qu’on est aussi performants à 8 ou à 28 centimétres, que les corps ne sont pas seulement des outils, mais aussi des messagers, qu’ils racontent des histoires qu’il faut prendre le temps de décrypter, qu’on peut pleurer en jouissant, et qu’on peut rire en se faisant violer, que s’abandonner c’est gagner, que l’hyper contrôle dans lequel on voudrait nous enfermer ne peut pas s’immiscer dans notre intimité, si seulement on laissait les gens baiser comme ils le veulent, à quatre pattes ou à genou, soumis ou révoltés, avec ou sans chaussettes, en porte jarretelles ou en tong à paillettes.

Le mode d’emploi ultime pour la sexualité selon Daria Marx : essayez.

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