Rencontres Twitter

Il y a deux ans, j’avais lancé l’idée des « rencontres Twitter ». L’exercice était simple, rencontrer pendant 3/4 d’heure ou une heure un de mes followers, et écrire en rentrant ce que j’avais pensé de la rencontre. Voilà ceux qui se sont prêtés à l’exercice :

@_m_arie_

Marie

@_m_arie_

(Je n’aurai pas du rencontrer Marie. Une autre nana a un empêchement, je twitte l’annulation de cette première rencontre, et quelques minutes plus tard, c’est Marie qui se propose. Je ne connais rien de Marie, je n’ai pas eu le temps de lire sa TL, elle m’est parfaitement étrangère.)

Marie je la reconnais tout de suite. C’est idiot pour quelqu’un qu’on ne connait pas et dont on ne sait rien, mais elle m’a dit qu’elle avait un bonnet bleu, et quand elle arrive à quelques pas de moi, on se reconnait, elle avance et on s’embrasse, c’est toi, c’est moi, c’est fluide, c’est chouette. Et c’est ce sentiment de m’être reconnue dans une autre qui va m’habiter le temps de cette rencontre, la certitude d’avoir par un hasard hallucinant croisé quelqu’un de très proche de moi en âme, ce truc un peu irréel qui fait que tu comprends tout de suite de quoi te parle l’autre, que si tes mots sortent parfois un peu en désordre, parce que tu bafouilles, que tu cherches à bien dire, tu n’as pas besoin de faire d’efforts particuliers pour qu’elle comprenne, pour qu’elle te regarde en penchant un peu la tête et en clignant les yeux, pour te montrer qu’elle t’écoute, qu’elle est là.

Marie me parle, vite, beaucoup, au début c’est étrange, cette confiance qui s’installe, qui est déjà là en fait, comme si elle pouvait tout me dire, le grave, le léger, les emmerdes, les doutes, comme si elle s’était déjà confiée à moi en me lisant, pas de système de défense, quand Marie me parle c’est joli, elle dit l’avant, sa mère, ses échecs, ce qu’elle est, sans rien rajouter de superflu, juste Marie, et ça me touche, ca me remue, parce que c’est bien dit, parce que c’est pensé, mais surtout parce que c’est offert, comme ça, pour moi, parce que j’ai la chance qu’elle me rencontre, parce qu’elle n’est pas là pour m’interroger, par curiosité bizarre, juste pour parler, se raconter et m’écouter.

Marie et moi, on se comprend, c’est idiot, mais ca rend tout simple. Je devine chez Marie sa sensibilité, quand elle parle elle se touche le front, ses mains se serrent, et puis son sourire, énorme, qui lui bouffe la tête, sa manière de me dire qu’elle est contente d’être là, son côté punk planqué sous son pull en laine, je sens en elle un compagnon d’errance mais aussi une fille qui a des choses à dire, des choses à faire, consciente, réveillée, et c’est bon.

Marie et moi on va se revoir. C’est sur.

 

@shark_y

Shark_y@shark_y

Quand il me contacte pour me rencontrer, il me dit qu’il veut être mon 0,43ème follower, et que je n’aurai droit qu’à une photo de ses jambes.

Alors oui, des jambes, mais si on regarde bien la photo, elle raconte un peu ce que j’ai vu de @shark_y.

D’abord c’est un homme, jusque là c’est facile, avec des pompes de mec sérieux, des chaussettes noires, c’est important, elles auraient pu être blanches et rayées bleu-blanc-rouge, ou représenter un super-héros, un pantalon gris, smart, mais un peu dandy, cintré sur la cheville comme un costume des années 50, un mec avec un vrai travail de grande personne, mais un genre d’esthète aussi, d’ailleurs quand tu manges en face de lui, tes yeux sont attirés par les détails, sa bague, jolie, son col de chemise, un peu rétro, la cravate sous son pull, si Woody Allen avait couché avec Morrisey, @shark_y est leur enfant naturel, il trimballe dans son sac son nécessaire de mec névrosé qui s’assume, sa maison sur son dos, ses mouchoirs et sa clé usb, son iphone et son paquet de clopes vide, d’ailleurs son sac je lui aurai bien piqué, mais comme je suis bien élevée, j’ai juste dit qu’il était chouette.

@shark_y m’énerve, pour rire, parce qu’il a tout compris, mais quand tu l’écoutes bien, tu comprends qu’il a tout compris parce qu’il a tout envisagé, tout réfléchi, mis l’une en face de l’autre toutes les solutions possibles de la même équation, encore et encore, qu’il le fait parce qu’il est profondément inquiet, de lui, de ce qu’il renvoie aux autres, qu’il veut contrôler, gérer, planifier le risque pour mieux l’appréhender. Quand je m’envoie du saumon fumé partout dans la gueule en me dépêchant de le repêcher sur mon pull avant de ressembler à un pot de tarama géant, @shark_y mange ses frites trois par trois, c’est presque enfantin, parfois je crois qu’il va n’en prendre que deux, mais la troisième n’est jamais loin, le suspens est intense.

Je ne dis pas ici le prénom de @shark_y, parce que je ne sais pas si il a envie que je le dévoile, parce que je sens chez lui une certaine pudeur de la vraie vie, quand on aborde des sujets un peu intimes, son débit se fait plus rapide, moins assuré, @shark_y n’est pas là pour se livrer, et quand il m’ouvre le quart de la moitié d’un morceau de son monde, c’est presque par erreur.

@shark_y est drôle, intelligent, et a une capillarité faciale exemplaire. J’ai beaucoup aimé déjeuner avec lui, et peut-être même qu’on recommencera, et qu’on s’apprivoisera.

 

@karimmiske

Comme je suis une gourde primaire, j’ai oublié de prendre une photo. Donc pas de photo.

Mais c’est pas de ma faute. C’est de la faute de @karimmiske. Parce que son métier, c’est de regarder les gens, de leur poser des questions, alors quand il me demande comment ca va se passer et si c’est moi qui pose les questions, j’attrape un vieux complexe, comme si j’arrivais à mes partiels encore bourrée, trou noir, comment je vais faire, angoisse passagère, ca ne dure pas, et finalement c’est moi qui parle, il est doué ce mec, il te pose des questions qui te donnent envie de parler, il te force à réfléchir en mangeant sa brochette de poulet.

@karimmiske fait des documentaires, aussi. Il a eu la gentillesse de m’apporter un exemplaire de son travail, un film qui suit des femmes enceintes et l’équipe médicale qui les entoure dans le cadre des interruptions médicales de grossesse. Je l’ai regardé hier soir, après notre déjeuner, et il représente bien ce que j’ai ressenti de son auteur : un observateur doué, avec un point de vue assez fin pour laisser sa place aux autres dans leurs questionnements, dans leurs différences, une vraie curiosité pour les choses graves, on interroge pas un sujet aussi grave que celui ci avec autant de talent sans avoir des questions à se poser sur soi.

@karimmiske a une capillarité faciale moins exemplaire que @shark_y, mais tout aussi attachante. Quand je lui demande d’où il vient, j’essaie de retrouver dans son visage des traces de ses origines, morpho-psychologie de comptoir, habitude culturelle aussi, les trois poils blancs de sa moustache te narguent, et lui donnent l’air d’un sage vaguement illuminé, quand il sourit il montre toutes ses dents, et ca aussi, c’est bien.

C’est drôle comme les rencontres que je peux faire sont à chaque fois tellement différentes. Chacune m’emporte dans un univers, me donne de la matière, du sens, ces petits morceaux d’humanité collés bout à bout dans ma tête, comme un collage énorme avec des lettres dedans. C’est vraiment bien.

Ce déjeuner aura été la parenthèse enchantée d’une journée où mon activité cérébrale se limitait à chercher le rouleau de scotch pour fermer un carton, j’en suis sortie pleine de projets, d’envie de réfléchir à des choses, de me sortir les doigts du cul, un peu

 

@Exirel

@Exirel@Exirel

@Exirel tu peux pas le louper. D’abord il me dépasse de 25 centimètres, il est tout en noir, mais ça finalement c’est un détail, il a surtout une tête géniale, parce que moi j’ai des préjugés, les mecs en noir avec des chaussures en métal c’est forcément des paumés, des idiots ou des bizarres, et puis les mecs à cheveux longs ca sent mauvais, enfin mes conneries et moi on était un peu impressionnées, et il a suffit de trois minutes pour nous faire changer d’idée.

Faut que j’avoue, en fait, @Exirel, je le trouve super sexy. D’abord il parle bien, il t’explique des trucs sans trop de prendre pour une conne alors qu’effectivement tu captes rien, il ne s’étonne pas de tes remarques préconçues, et il est même parfois d’accord, il a juste décidé d’être lui même, sans appartenance définie. Ensuite, mon imagination me joue des tours, et quand je le vois, j’arrive pas à ne pas l’imaginer à poil, oui je sais c’est mal, la différence de son corps contre le mien, le contraste de sa peau et de la couleur de ses cheveux, images dans la tête en boucle, restons concentrée, allume une cigarette et parle au lieu de fantasmer, ca tombe bien parce qu’@Exirel est bavard, tu sens un mec super pointu sur des sujets incroyables, la différence entre une gothic lolita et les autres, j’ai déja oublié, et quand il t’explique, ce que tu jugeais un peu vite fait comme stupide se met à prendre du sens, je suis à deux doigts de m’acheter une panoplie complète de Sakura.

J’ai passé un super moment avec @Exirel, et ca m’étonne à chaque fois de passer un bon moment, je suis en train de me réconcilier avec l’humanité sur un plan karmique, ou alors j’ai juste beaucoup de chance, j’ai passé une petite heure à échanger avec quelqu’un vers qui je ne serai naturellement pas allé, à cause de mes conneries et de mon esprit sans doute un peu étriqué, ca m’a donné envie de recommencer, mais je doute que les autres grands mecs chevelus aient d’aussi jolis sourires qu’@Exirel, qu’ils disent les choses aussi simplement et qu’ils soient tous prêts à écouter tes petits angoisses de fin de journée sans broncher.

@Exirel quitte bientôt Paris, c’est trop bête. En même temps c’est peut-être mieux, j’ai pas le temps de me mettre au jeu de rôle en ce moment, j’ai pas retrouvé ma perruque bleue, et ca m’évite peut-être de me créer un nouvel outil de procrastination, mais si vous ne suivez pas encore @Exirel, vous manquez vraiment quelque chose.

 

@Melle_Sarah

@Melle_Sarah@Melle_Sarah

Elle est déjà assise quand j’arrive, l’air fragile, et ca se comprend parce qu’elle se réveille pour moi d’une nuit un peu alcoolisée, ses mains trop blanches pour être réchauffées, elle tremble un peu, elle joue avec ses doigts.

@Melle_Sarah est une timide, entre les phrases et les sujets, une respiration, est-ce qu’elle se demande ce qu’elle peut dire, est-ce qu’elle a juste envie de vomir, alors tu poses un peu des questions, et la parole se fait plus facile, elle joue avec son riz et elle parle de ce qu’elle fait, la manière dont elle se voit et ce qu’elle aimerait, peut-être, elle acquiesce un peu, elle t’écoute parler et puis une nouvelle respiration.

Je suis toujours troublée de ces rencontres rapides, ce qu’on raconte de soi, ce qu’on voudrait paraître, ce que j’imagine qu’on veut me dire, un tri parfois difficile, mais comme ceux d’avant, @Melle_Sarah dessine simplement pour moi les grandes lignes d’elle, ce qu’elle fait et ce qu’elle a étudié, les sujets plus graves qu’elle effleure pour te laisser deviner, je sens qu’elle comprend sans pourtant en parler mes questions sur l’image, le corps et les reflets, les garçons et la fête, le monde impitoyable du net, et puis @Melle_Sarah et moi on partage nos secrets d’analyse, le monde merveilleux de l’inconscient et les découvertes symboliques, c’est personnel et intime, mais pourtant ca rapproche, elle mesure mieux que moi ce que cela implique, mais toutes les deux on sait de quoi on parle, on se comprend.

@Melle_Sarah est jolie, derrière ses lunettes à moitié sages, à moitié pas, ses collants rouges et ses chaussures, délicieusement rétro, sa jupe fermée par un badge pin-up,  ses cuisses qui se dévoilent, un peu seulement, le gros pull des matins trop froids quand ta tête se pose à côté de toi, elle roule du tabac parce qu’elle aime ça, elle prend même pas la blonde que je lui propose, elle préfère les garçons, c’est sur.

 

@happyloser

@happyloser@happyloser

Il est en retard mais finalement c’est presque bien, quand je passe directement du boulot à l’autre, j’ai encore la tête pleine, là j’ai un Perrier Grenadine de midinette et du temps pour lire sa TL, essayer de deviner celui qui va arriver.

Il arrive et il sent bon, il est beau et il a les yeux qui plissent quand il sourit, et comme je viens de Sarcelles et que parfois ca se voit, je résumerai en disant que ce mec est une vraie fraîcheur, si vous comprenez pas c’est pas grave, venez trainer chez moi ca prendra tout son sens.

Forcément un mec beau qui sent bon, tu te demandes ce qu’il fait là, il doit avoir 4 coups à boire avec 4 minettes différentes, alors tu te demandes, et quand il se lance tu comprends un peu mieux, sous les yeux qui te fixent et les cils un peu trop longs, y’a quelqu’un de pas très sur de lui, de sensible, il me donne l’impression de courir après l’image de lui qu’il projette sur un mur très loin, qui cherche à se rassurer dans les rires des filles qu’il drague ouvertement, séduire pour communiquer ou l’inverse, multiplier les occasions de parler, chercher des moyens pour mieux aborder, mais surtout se rassurer, se sentir désiré.

La photo est mauvaise, mais j’aime bien l’expression de son visage, un peu triste un peu surpris un peu stressé, il donne envie de lui dire que ca ira, même si il n’a pas envie de l’entendre, même si il n’a pas besoin de ça, du beau gosse qui sent bon l’image se délite, il y a dans ce qu’il me raconte le poids de ce qu’il ne dira pas, et si son expression est parfois théâtrale, il lève les yeux et il marque un temps, il ménage son audience, les sentiments sont encore purs, encore vivants, encore là, comme lui finalement, malgré les filles qu’il coure pour les faire rire et les histoires qu’il dit, les yeux plissés amande et la barbe ni douce ni dure, @happyloser est une si jolie rencontre que j’aurai aimé ne pas avoir à rentrer.

 

@maiwennw

@maiwennw

J’ai oublié de prendre une photo de Maiwenn. Peut-être que j’avais envie de la garder pour moi, de ne pas la partager, parce qu’elle est trop jolie, trop précieuse pour que vous posiez vos yeux sur elle. Ou peut-être que j’étais pressée et que j’ai oublié.

Maiwenn te regarde et tu as du mal à te concentrer, tellement ses yeux sont grands, tellement leur couleur est rare, tu cherches des rapprochements dans ta tête, mais ils n’ont pas tout à fait la couleur du miel, ni tout à fait celle d’une feuille d’arbre joli, c’est la première fois que je croise les yeux de Maiwenn et elle devient référence pour ceux qui viendront désormais. Quand je l’embrasse j’ai l’impression de faire le double d’elle, d’être un géant un peu gauche, elle est tout en détails, la manière dont elle s’habille, la façon dont elle roule des cigarettes parfaites, méticuleusement parfaite, jusqu’à la couleur de ses ongles qui déboite complétement mon rose pale débile.

En plus d’être juste incroyablement belle, Maiwenn est gracieuse, quand elle respire comme quand elle parle, les mots qu’elle dit sont justes, comme ses colères, ses questions et son rire. Maiwenn raconte le lointain, le proche, avec les yeux de quelqu’un d’immensément bon, pas gâchée par le cynisme obligatoire des aigris, juste la bonne dose d’énervée dans sept doses de beau, et puis elle me dit ce truc que je ressens très fort, les odeurs qu’elle a gardé dans une boîte, je l’imagine respirant les tissus, se laissant rêver encore à ce qu’elle a laisse d’elle dans ce là-bas, ce qu’elle a emporté aussi, de simplicité et d’âme en plus, de souvenirs et de curiosité pour l’autre, les bizarreries de la vie, le monde qui est plus noir que colorié, comme si en revenant elle avait grandi d’un coup, crise de croissances forcée pour une idéaliste forcenée.

J’aimerai bien revoir Maiwenn, pour tricoter ou juste pour parler, parce que cette toute petite heure passée avec elle m’a apaisée, qu’elle m’a fait du bien, juste en parlant, juste en fumant, sa présence, sa douceur, ses grands yeux grands ouverts, le regard si particulier qu’elle porte sur les gens, plein de bienveillance vraie, ni forcée ni sur-jouée, ca m’a réchauffé du dedans.

 

@lereilly

@lereilly@lereilly

J’avais pas envie de passer un bon moment. Pour la première fois j’arrivais un peu armée, j’avais lu son blog, un peu, j’avais envie de lui pèter les dents, un peu, mais j’avais oublié pourquoi alors je lui ai laissé le bénéfice du doute.

J’ai beaucoup écouté. Je le laisse parler, un peu exprès. Parce que bizarrement, je vis @lereilly comme une imposture, dans la façon dont il parle, dans ce qu’il raconte, j’ai l’impression qu’il y a là une mise en scène très contrôlée, une rigidité dans la manière de se présenter, la volonté de ne rien dire mais de tout laisser deviner, imaginer, quelque chose de calculé, de voulu. Peut-être que @lereilly est mis en forme par ses études, que c’est le syndrome de l’étudiant en marketing, de vouloir faire de tout un process, d’analyser sa cible et de vouloir s’y adapter, benchmarker.

Les traits de la mise en scène me semblent grossiers, mais j’apprécie le spectacle. @lereilly est intelligent, il parle vite et c’est pour moi une qualité essentielle, il me fait rire, et puis il a dans sa rigidité une volonté, une détermination, à être, à publier, à briller sans doute. Ce mec sait ce qu’il veut et il a compris comment y arriver, mon exact opposé.

Finalement c’est la voix de @lereilly qui me donne envie de le revoir, de lui parler encore. Sa voix pas encore assurée, qui tremble un peu, un peu trop haute sur les syllabes pour être posée, les bruitages qui scandent la conversation, ça le rend vrai, ça le rend vivant, sympathique au fond. Ça me laisse penser qu’il y a quelqu’un derrière le discours rodé, et comme il aime se laisser deviner, j’ai envie de continuer et de confirmer mes intuitions, peut-être de lui parler aussi, de transformer ce sentiment ambivalent de rencontre avec quelqu’un d’autre que lui en véritable conversation.

 

@Sened

@Sened

J’ai oublié de prendre une photo de @Sened. D’abord j’étais pressée, un peu stressée, coup de fil de mon boss au moment du café, en retard. Et puis aussi j’étais un peu sous le charme. J’avoue.

Je pensais rencontrer un mec cynique, super second degrés, un mec un peu méchant, même pour de rire, même pour se marrer, je pensais parler de fesses, je pensais que j’allais pas trop l’aimer, avec son avatar de mec un peu trop cool pour être vrai, un peu trop branché, en mode pétasse avec un pénis, un mec un peu égoïste, un peu nombrilo-centré, un peu chasseur de minettes bourrées, celui qui chope à la fin de la soirée.

En fait j’ai rencontré @Sened, pour de vrai, ou peut-être pas du tout, c’est difficile de faire le tri. J’espère que c’était le vrai, parce qu’il est gentil, mais vraiment, il est beau et il a un cardigan, ce qui fait de lui un mec parfait. J’exagère, un peu, et puis @Sened a l’avantage de ressembler physiquement à mes cousins, à mes potes, il m’est familier, il a le type même du mec sur qui je kiffe depuis des années sans oser lui dire, et puis en plus on a été dans le même collège, on frise l’inceste.

@Sened fait des trucs secrets dont je n’ai pas le droit de parler, d’ailleurs vous faites tous chier à me dire des trucs secrets, de quoi je parle moi après ? Il s’intéresse à moi, à ce que je dis, je crois même qu’il partage ma façon de voir, où alors il ment vraiment bien, je le chope plusieurs fois en train de mater mes seins, et finalement je trouve même pas ca désagréable, et si c’est un morceau de daurade échoué qu’il regardait, laissez moi avec mes illusions, merci.

@Sened partage cette fois pour de vrai, c’est sur, ma haine farouche des clichés, des images qu’on colle aux gens, d’où ils viennent, ce qu’ils sont et ce qu’ils font, on a pas les mêmes combats, mais on se ressemble, bizarrement, chacun dans son coin on porte un projet, une envie, celle de faire juste un peu changer les choses, faire fermer leurs gueules aux ignorants, dans une certaine mesure donner l’exemple, ni les mêmes armes, ni les mêmes cibles, mais une révolte qui se rejoint idéalement.

@Sened ne ressemble en rien à son personnage Twitter. Je le soupçonne d’avoir créer @Sened pour être quelque chose d’autre que lui, un personnage peut-être un peu moins politiquement correct, un peu plus énervé, la part vener de sa tête, et finalement si @Sened me fait rire virtuellement, je suis aussi convaincue par le mec que j’ai en face de moi, moins dans le choc, moins dans la provoc, mais cohérent, intelligent.

(Et vraiment bogosse, maman comme il est frais !)

 

@prejudiciable

@prejudiciable

Pas de photo, décidemment. Mais pour faire une description sommaire, @prejudiciable est une gracieuse jeune femme, perchée sur ses talons qui claquent le pavé, et elle me dit qu’elle a mal aux pieds, donc je l’aime.

D’abord elle est perdue, parce que je suis un peu abrutie, et que donner rendez-vous aux Halles à une jeune nouvelle parisienne, c’est vraiment pas la meilleure idée de mon week-end. Je la retrouve à mi-chemin, entre elle et moi, dans l’allée centrale du jardin des Halles, et à 200 mètres de distance, je sais que c’est elle. Son avatar Twitter lui ressemble sans lui ressembler, la sensation que j’avais d’elle en la lisant et en échangeant avec elle est la même que celle que je ressens en la voyant marcher vers moi.

@prejudiciable a 18 ans, et non, ce n’est pas son seul argument, c’est aussi une fille belle, cultivée, intelligente, tellement sensible que lorsque tu lui parles, tu sens les pores de sa peau frémir ou se recroqueviller, tellement elle écoute ce que tu lui dis, tellement elle vibre de l’intérieur, en résonance avec toi, son empathie n’est pas feinte, elle prend les gens à cœur, et quand elle te raconte qu’elle a du mal à prendre le métro parce que la misère qu’elle y croise la peine, tu prends toute la conscience de @prejudiciable, du paradoxe de sa voix assurée au téléphone, de sa démarche de bombe, et de la fragilité et de l’univers qui habitent sa tête.

@prejudiciable débarque à Paris, et elle mérite d’y trouver une nouvelle bande, parce qu’elle a un très gros potentiel de nana géniale, de fille qui te tient les cheveux quand tu vomis, d’amie avec qui partager des choses légères ou graves, @prejudiciable est un produit multi-usage, vous pouvez la trainer dans un musée ou la sortir boire, elle saura s’adapter à toute situation. J’espère bien la retrouver souvent, et vite. Je vous intime également l’ordre de la suivre, et de la découvrir.

Si j’insiste lourdement sur le fait qu’elle a 18 ans, ce n’est pas par jalousie, par méchanceté, je me reconnais un peu dans @prejudiciable, 10 ans avant, les mêmes aspirations, les mêmes doutes sur la suite, les mêmes relations compliquées au monde et aux gens parfois, les mêmes démons qui nous hantent, les formes sont différentes mais les histoires se ressemblent, c’est naïf sans doute, mais c’est la leçon principale que je tire pour l’instant de mes quelques rencontres Twitter, l’universalité d’une condition humaine malgré les différences et les parcours, peut-être nous reconnaissons nous, pour nous rassembler et nous tenir chaud, c’est la théorie de ma nouvelle amie.

5 responses so far

  1. Moi aussi je veux bien te rencontrer, didju.

  2. Il a une tête cheloue LeReilly.

  3. Bonjour,
    N’y a-t-il pas une personne avec laquelle ça ne s’est pas bien passé du tout?Ou bien tu es trop polie pour nous le dire?
    S.

  4. Très bonne idée ces rencontres Twitter. Bravo. B.R
    @brunojohnroch

  5. & nous c’est quand qu’on s’rencontre ?
    <3

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