Dedans Dehors

Dedans, le froid des courants d’air des couloirs immenses, qui s’étirent vers rien, succession de hublots aux paysages glauques, des cris souvent, un murmure informe, les lumières bleues de la télévision, blanche d’un néon, rouge arrêtez vous, vert, passez.

Dehors, le vide jonché d’objets, paquets de cigarettes vides, conserves aplaties, piles usagées, cantines cabossées, papiers roulés en boule qu’on déplie pour y lire une lettre, un mot. Plus loin un mur, terne, un vide encore, un mur encore.

Dedans le temps, ordonné par l’institution, levez vous, couchez vous, lavez vous, urinez, toussez, avalez, parlez, taisez vous, dormez encore. Ballet chorégraphié à la minute par ceux qui décident, pas de résistance possible, la couleur naïve des médicaments dans un gobelet de papier, bleu, rouge, rose.

Dehors entre deux murs, des gens qui fument, parlent, courent, dessinent ensemble sans le savoir la topographie de la folie, sillons dédaléens de chacun des pas, l’envie de mourir discute musique avec la schizophrénie, l’autiste adulte tape dans un ballon que lui renvoie le délire de persécution.

Dedans ensemble, au signal, ils parleront, leurs parents, la vie qui passe, la peur des autres, les hurlements à l’intérieur, les armes de destruction intime, au signal encore ils se taisent, se regardent et se jugent silencieusement, celui là est plus atteint que moi, celle là est irrécupérable.

Dehors il pleut maintenant, et les adultes sont inquiets, le temps se joue des fous, certains collés à la vitre contemplant l’eau qui fait ce qu’elle veut, suinte et dégouline sous la porte du préau, d’autres pleurent, la pluie comme injure, injustice personnelle, d’autres encore se battent pour la télévision, fenêtre vers un dehors où il ne pleut pas.

Dedans tu regardes les minutes défiler sur l’horloge de la salle de vie. Cachée derrière tes cheveux tu tentes de te concentrer sur ton livre, ignorant les borborygmes de ton voisin de canapé, qui récite depuis ce matin la même mélopée incompréhensible.

Psychiatrie de secteur, dépôt des malades mentaux en fin de course, des petits, des pauvres, des effrayants, des alcooliques, des toxicomanes, des déprimés, des autistes, des anorexiques, des malheureux, Ville Evrard, ville du non-droit total, de l’abrutissement aux psychotropes, et de la thérapie forcée, royaume des fous qui pleurent.

Ville Evrard, erreur d’aiguillage, demain tu sors.

RasHa. Atik saha !

Ce soir j’ai la rasHa. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme, ca se prononce <Rass><rra>, et c’est un terme oriental pour désigner la mélancolie, le regret, l’angoisse.

C’est un sentiment particulièrement “de chez nous”, le sentimentalisme de l’exilé, le soupir de celui qui pense au pays, ta grand-mère qui te raconte le soleil sur sa terrasse, les makrouds qu’elle achetait chez le pâtissier à côté du grand cinéma, qui te donne de la fleur d’oranger dès que tu as mal quelque part, du mazar, c’est bon pour tout, les mots du cœur comme ceux du corps, en cataplasme comme en infusion, ca sent l’orange douce et le miel, les pignons de pin et les épices, la feuille de rose séchée dans le couscous et la menthe ciselée dans les boulettes, elle te raconte en boucle son arrivée à Marseille, le train jusqu’à Paris, ce qu’elle a laissé là bas, les couleurs, les gens, la robe de ses 18 ans, comment elle a retrouvé ton grand-père en France, exilé lui aussi quelques années plus tard, qu’ils étaient voisins là bas mais qu’ils ne se parlaient pas, tu lui montres Google Earth et tu passes trois heures à zoomer pour qu’elle retrouve son immeuble, son école, la gare du petit train pour aller à l’Ariana, elle pleure un peu, elle te tient la main, et toujours les soupirs, plus lourds, plus profonds, les soupirs de l’exil, du pays, de sa jeunesse aussi, de ses parents qui sont morts maintenant sans jamais retourner, les mots en arabe qu’elle t’apprend, les sors qu’elle jette aux méchants, la façon toute particulière qu’elle a de taper dans ses mains pour rythmer la musique, la graine du couscous qui s’égraine dans ses mains, rajoute de l’eau ma fille, rajoute de l’huile, tourne ta main au fond de la gamelle en fer blanc, fait tourner la graine entre tes doigts, la graine c’est la base de ta cuisine ma fille, si tu fais une bonne graine à ton mari, il restera avec toi toute la vie.

Le mari justement,il arrive ? Belle comme tu es ? Tu as personne à me présenter ? tu sais je ne pourrai pas mourir tant que je ne t’aurai pas vue mariée, ma fille, mon amour, mes yeux, je t’aime tellement que lorsque je te regarde respirer j’ai peur que tu t’arrêtes, le mercredi après-midi je venais te chercher et on allait à Belleville, trainer chez les textiles, je t’ai bien gaté ma fille, tu étais la petite la mieux habillée de la classe, on allait chez Gabin manger un complet poisson en terrasse, tu te souviens, la testira sur le pain italien, le thé à la menthe que nous offrait le garçon, et la boule au miel qu’on partageait en remontant aux Buttes Chaumont donner du pain au canards, on a fait tout les Guignols de Paris, toi et moi, tu étais tellement belle petite, ma fille, mon amour, mes yeux, les cheveux tellement blonds que tout le monde me demandait d’où je te sortais, à qui je t’avais volé. Mais moi je te volais pas, mais tes parents, les pauvres, ils travaillaient tu sais, alors moi j’étais là, quand tu étais malade, la varicelle, les oreillons, pour les vacances et pour les mercredis, tu l’aimais ta mamie quand tu étais petite, maintenant je comprends plus rien à ce que tu me dis, j’arrive même pas à expliquer à mes copines ce que tu fais comme métier, c’est trop compliqué, et puis moi j’ai jamais travaillé tu sais, ton grand-père il était pas pour, alors les ordinateurs, la technologie, les téléphones, moi ca me dépasse.

J’ai 95 ans maintenant ma fille, mon amour, mes yeux, et tu sais, même si jusqu’à 120 ans je suis là, il y a un jour où je vais partir, alors je vais te montrer où je cache les choses. Parce que j’ai peur des voleurs, alors je cache. La bague de ma mère, sous la pile de draps pour les invités, les relevés de banque sous la latte du parquet qui grince, mes petits billets dans le coussin du grand fauteuil bleu, il y a un trou sur le côté pour les attraper, je te montre tout à toi, parce que tu as tout à construire, tout à vivre, et puis tu n’as pas encore de mari, alors tu auras besoin de mes petits trésors quand je serai partie, quand tu n’auras plus ta mamie pour te cuisiner la kamounia que tu aimes tant, embrasser ton front quand tu pars, et jeter un verre d’eau derrière ta porte pour t’enlever l’œil, personne ne fera ça pour toi, ils ont tous oublié, mais toi ma fille, mon amour, mes yeux, je t’ai montré comment jeter un sors au boucher qui te donne des mauvais morceaux, comment choisir les grenades et comment rouler la graine sous tes doigts, je t’ai emmené avec moi au hammam, je t’ai appris le savon noir et le rassoul, je t’ai dit à l’oreille les secrets des femmes alanguies, celle qui n’aime plus son mari et celle qui a un fils déja parti, je t’ai appris à écrire ton nom en arabe, à faire le gâteau sans beurre sans farine et sans œuf, je t’ai montré comment faire le youyou pour les mariés, comment mettre du khrol sur tes yeux, je t’ai dit tout mes secrets, mes amoureux d’avant, ma façon de cuisiner le mulet, retourner un balais pour chasser tes invités, à toi j’ai tout appris, j’ai tout dit.

Quand ma grand-mère est partie, 120 ans c’était un peu long finalement, j’ai retrouvé dans un couloir de sa cuisine, celui où elle cachait ses cigarettes, un petit cahier, aux marges passées, à l’encre délavée, les mots de ma grand-mère, ses souvenirs, avec une introduction simple, en arabe, “je préfère pleurer que tout oublier”. La rasHa, c’est ca.

Cerveau Pute

Ta peau qui me brûle, ta montre jetée par terre, ta main dans mes cheveux, l’heure qui passe pourtant, mon corps dans la lumière, mon cerveau dans ma bouche, ta bouche sur la mienne, pas un bruit, je suis en apnée, j’ai peur de respirer, si je bouge tu disparais, je vais me réveiller, pas de musique pour notre étreinte, parfois le bruit de nos corps qui se cherchent, les chaussures qu’on balance à travers la pièce, bruits sourds presque utérins, je ne respire plus.

Tu te perds sur moi, tes mains ne savent plus où aller, il y a trop à toucher, trop à sentir, trop à appréhender, comme écouter de la musique sous LSD, tes mains se perdent puis retrouvent des chemins connus, mes seins, ma chatte, mon cul, j’entends tes mains parler, je deviens folle, raconter le chemin jusqu’à cet appartement, les baisers sur le quai, ta langue ou la mienne, est-ce que ca compte vraiment, l’envie des jours d’avant, ton cerveau dans ma bouche et ma bouche sur la tienne.

J’ai oublié comment on fait, sucer, branler, caresser, mes mains sont informes, mes gestes maladroits, je me regarde faire sans comprendre les raisons du pourquoi, pilote automatique sous emprise, mes doigts ne racontent rien, ils sont paralysés, je suis molle, je suis morte, je revis, je te prends dans ma bouche et c’est comme la première fois, je te bouffe, je te mord, je m’étouffe de toi, je bave, je m’en fous, je m’oublie entre tes cuisses, j’embrasse, je lèche, je suce, je t’imprime dans ma joue, mon cerveau dans ma bouche et ta queue dans la mienne.

Je ne me souviens pas du reste, je sais que tu m’as prise, que j’ai joui, encore, toi aussi, qu’on a ri, qu’on a bu du mauvais thé et qu’on a recommencé. Je me souviens seulement du moment juste avant, juste avant que tu ne viennes en moi, mes hanches qui viennent vers toi, tu t’éloignes, c’est cruel, tu te poses à l’entrée de ma chatte, et je jouis. Je jouis parce que je sais que je vais jouir, je jouis parce que tu me tiens, mon désir entre tes doigts, ta queue plantée en moi.

Résolutions de merde.

Ouais, on change bientôt d’année ! Ouais !

J’ai jamais vraiment compris pourquoi c’était une occasion heureuse en fait. A part avoir le plaisir d’utiliser le calendrier offert par ma banque, mon boucher et mon restaurant chinois, vraiment, je vois pas. C’est juste encore un événement mis en branle par les concepteurs de ce putain de bonheur obligatoire, il faut donner de l’espoir à la plèbe des petits et des laborieux, on va leur donner une occasion de se mettre une mine monstrueuse et de croire aux lendemains qui chantent, d’effacer les erreurs et les problème des 365 jour précédents.

Et puis comme il faut être dans le développement personnel à tout prix, ils ont ajouté le petit cadeau Bonux du concept des résolutions. Faudrait pas qu’on se mette à croire que tout est beau comme une soirée de réveillon à la salle des fêtes de Bourg en Maroeil, que la vie n’est qu’une succession de coupes de mousseux et de canapés de mousse de canard, de chansons de la Compagnie Créole et d’embrassades sous le gui.

Non, la vie c’est pire qu’une baston dans Assassin Creed 2 (que je viens de finir), il faut s’améliorer, se donner des objectifs, rentrer dans une productivité de l’être, être heureux, être conforme, avoir les dents blanches et arrêter de fumer, perdre du poids avant les fêtes, perdre du poids après les fêtes, perdre du poids avant l’été, s’abonner au Moving, s’engager à passer de temps avec ceux qu’on aime plutôt que de jouer à la PSP, être gentil avec les vieux et embrasser ta tante Hughette, arrêter de dire des gros mots et s’habiller comme un adulte dynamique, penser à faire des économies et vérifier le taux d’intérêt de son Livret A, conduire selon les règles et sourire au mec du péage.

Tout ca m’emmerde. Mais vraiment. Quitte à faire des résolutions que je ne tiendrai pas, parce qu’elles sont castratrices de bonheur et de liberté, chiantes comme la pluie et tristes comme Adamo sans sa perruque, je préfère en faire des complètement folles. Des impossibles, des fantasmatiques, des masturbatoires. Je les garde dans un coin de ma tête, et elles me foutent la pêche comme l’intro de Your Mangled Heart les jours où je suis forcée d’embrasser ma tante Hughette.

Mes résolutions :

Devenir une putain de rappeuse. Mais ouais. Je suis sure que je suis capable de pondre des textes qui déglinguent ta maman à quatre pattes sur la table basse en formica. Évidemment j’ai une voix de daube et aucun sens du rythme. Mais je suis capable de dire tout Demain c’est Loin sans respirer, et si tu me donnes deux cuillères, je te refais Belsunce Breakdown a capella. En privé. Devant mon miroir.

Jouer de la guitare avec les cheveux dans le vent. Donc, apprendre à jouer de la guitare, et me faire poser des extensions. Ok, ca contrastera un peu avec mon look de rappeuse, mais je peux le faire en baggy, ca me gène pas. Je veux prendre le TER région Oise avec ma guitare en bandoulière et parcourir le marais poitevin en chantant dans les bars PMU, des chansons pas connes et profondes qui racontent la mélancolie et le goût de la bière chaude, mes cycles menstruels et mes rapports conflictuels à l’ordre. Un genre de Fat Janis Joplin Unplugged, version rurale du Larzac, une Joni Mitchell avec des textes qui parlent de cul et de chatte, une bête de hippie post-moderne.

Faire un putain de documentaire sur Sarcelles. Parce que j’adore Sarcelles. Sans déconner. Pourtant j’ai vécu 20 ans à Paris, et j’étais parisienne-parisienne, je prenais mon passeport pour passer la porte d’Orléans, et mon Dramamine pour prendre le RER. Mais Sarcelles c’est juste un truc incroyable. Tellement des gens, tellement d’histoires, tellement de traditions, de cultures, d’associations, d’enjeux politiques, quand tu y réfléchis c’est fou. Et comparé à Paris, c’est tellement vivant pour de vrai. A Paris, tu as tout, l’accès à tout, mais les gens sont morts. A Sarcelles on a quasi rien, mais ca respire, ca parle fort, ca hurle, ca se tape, ca réfléchit, ca se bouge. Bien sur je généralise à mort, mais je ressens quelque chose comme ca.

Finir d’écrire l’essai que j’avais commencé. Pour de vrai. Et l’envoyer à des gens plus intelligents que moi pour en avoir une lecture critique, et me fermer le clapet sur mes possibilités intellectuelles. Et dans mes rêves les plus fous, le faire publier à compte d’auteur à l’Harmattan. Ou un truc qui sent l’intelligence quoi. Et, fière de mes 12 ventes, (ma mère), partir faire des interventions de terrain dans les maisons closes de la frontière belge.

Comme d’habitude, je sais par avance que je ne tiendrai aucune de ces résolutions. Parce que je suis une flemmarde, parce que je bosse pour payer mes clopes, parce que j’ai pas les capacités requises pour les réaliser, parce que souvent je préfère regarder la rediffusion de Belle Toute Nue plutôt que de ré-ouvrir mon fichier Word et de m’astreindre à ma page quotidienne, parce que j’ai trop peur de me crouter pour penser à sauter, et que les fantasmes ne sont pas tous fait pour être réalisé.

Twitter Parano

Faudrait se mettre d’accord. C’est quoi Twitter finalement? Un outil de micro-blogging, une plateforme de publicité pour se self masturber, un Meetic tu niques, un truc sérieux pour faire du link, un concours de popularité en mode élection de la Reine de la Promo ?

Pour moi Twitter c’est d’abord un genre de défouloir géant, un mix entre ce que je pourrai écrire dans mon petit carnet Moleskine (oui, je me la pète) et ce que j’aimerai dire aux gens que je croise dans la rue mais que je ne peux pas, parce que je suis une fille polie, un moyen de ne plus regarder la télé toute seule, un moyen parfois de se créer un groupe de potes IRL, un moyen de faire découvrir des trucs, bref un outil de communication. Je ne réfléchis pas à ce que je vais écrire, je ne m’empêche pas de twitter, je me fous d’être vulgaire, partiale, connasse. Je n’ai pas pensé mon usage de Twitter, je n’ai pas établi de stratégie, normal, je n’ai rien à vendre, rien à buzzer, je n’attends rien de Twitter, ni colis gratuits de crème de jour, ni invitations à des soirées de la hype du Net, bref, je m’en carre, je m’en balance, et je me l’enfonce jusqu’au coude.

J’entends déjà le cœur des influents répondre : Mais oui Daria, c’est normal, tu n’es rien, tu ne réponds pas aux critères de monétisation, tu ne présentes rien, tu n’as pas d’existence, tu n’es rien. Nous, on est des gens importants, on fait du name dropping avec des @ devant, quand on clash quelqu’un c’est pire qu’un upercut de Tyson, si tu nous critiques en 3 RT on te catalogue niquée de la tête, et quand on se réunit dans nos réunions secrètes de branleurs influents, on se gausse de ta petite prose facile et on conseille à nos amis de te suivre tellement t’es hors sujet, on écrit sur des blogs mode, des blogs beauté, on a des vraies informations, des vrais scoops, on a 8900 abonnés, on pèse lourd. On a du concept, du gros, des vidéos de de test de l’huile sèche Nivea, des billets sur l’importance capitale d’avoir le bon téléphone, du contenu quoi, de la vraie information qui crée du trafic, qui fédère. Quand on marche dans la rue les gens s’agenouillent et crient notre nom, lèchent nos Louboutins en nous suppliant des les RT pour qu’ils puissent gagner en popularité.

Ouais, ouais ok, j’avoue vos arguments sont intéressants. J’avais jamais pensé à établir la Daria©, allez c’est parti je monte mon business plan pour le succès.

De quoi parler d’abord ?  La banlieue, l’obésité, c’est sympa, mais c’est pas très sexy, le cul ca fonctionne mais les lettres b-i-t-e de mon clavier commencent déjà à s’effacer.

Ok, ok j’ai trouvé. Je contacte Diet Avenue, Weight Watcher et tout les autres marchands de rêves pour pouffiasses complexées, et je leur vends un concept unique : une vraie grosse de la vraie vie, sponsorisée par vos produits, qui écrit chaque jour la merveilleuse histoire de son retour à la société normale des vrais gens beaux et glamour, grâce à l’unique effet de la poudre de pancake gout morve de chien hyper proteinée.

Bien sur au départ, je dirai pas que je suis sponsorisée, je commence en douceur par installer l’histoire de ma vraie vie désespérante et moche, je raconte les humiliations de mon adolescence et les remarques de la médecine du travail, et dès que j’ai le bon deal avec la bonne marque, je me lance à fond dans l’amaigrissement à fin lucrative. Ca y est, j’ai des fans, et du hate mail, les gens suivent ma progression et j’arrête pas de maigrir, d’ailleurs quand j’ai envie de bouffer une patate, je pense à mon contrat de sponsoring et à mes lecteurs, ca me motive. Bon ok, je perds un peu mes cheveux et mon mec m’a largué parce que je suis insupportable, mais j’ai la gloire, j’ai la thune, y’a même un article sur moi dans Closer, ultime reconnaissance.

Sur Twitter j’ai un nombre d’abonnés hallucinants, toutes les petites grosses de France me suivent, mais aussi les mecs qui attendent de voir quand je vais devenir socialement baisable, y’a des paris sur le premier qui me prendra ma virginité de mince, je me clash avec des nanas qui me reprochent de prostituer ma perte de poids sur l’autel d’un quart d’heure de gloire virtuelle, mais tout ca c’est bon pour moi, ca fait parler de moi, prochaine étape je suis invitée chez Delarue pour raconter aux ménagères mon incroyable transformation, je fais des videos avant après dans lesquelles je me moque de moi même, je chie à la gueule de ce que j’étais avant, je me vante de shopper chez Zadig & Voltaire et j’adopte un ton condescendant avec mes copines grosses qui me voient me rouler dans la fange des propositions d’articles, de piges dans Top Santé, je suis une putain de valeur sure de la génération mangez-bougez, même si avec mon haleine de phoque d’anémiée, je fais fuir tout ceux que je rencontre IRL, je me met à rêver, opération de chirurgie esthétique offerte par un tour operator des vacances-bistouri en Tunisie, en l’échange des photos post-op de mon abdomen défoncé, publiées en temps réel depuis le bloc.

Ce que personne ne sait c’est que la nuit je bouffe et je me fais gerber, que j’ai plus de vrais potes, que j’ai une frange parce que c’est cool, que mes mains deviennent bleues quand il fait froid, que j’ai pas pécho depuis 6 mois parce que je suis trop occupée à entretenir ma hype de fou, que je me tape la tête contre les murs parce que mon cerveau tourne à vide, le sucre ca nourrit les neurones, mais le sucre c’est l’ennemi de ma gloire, la fin de ma destinée de Porn Star de l’amaigrissement sponsorisé.

Un jour sur le quai du RER, j’écoute un podcast santé qui parle de mon blog, et soudain tout me revient à la gueule, l’envie d’affirmer qu’un autre moi est possible, les serments avec mes potes de ne jamais être une pute à frange, mon directeur de thèse qui ventait la justesse de ma réflexion, la première fois que j’ai milité, j’ai jeté tout ca aux chiottes, en vomissant du Nutella par dessus, tout ça pour gagner des euros, des week-ends gratuits en thalasso avec trois connasses qui bloguent, je passe ma vie à boire des cocktails dégueulasses avec des agences de marketing qui veulent vendre la graisse de ma lippo au gramme, avec des gens qui puent la merde et qu’il y a un an j’aurai même pas calculé. Mon cerveau en mode colique néphrétique de la conscience, j’attrape mon lexomil de secours mais ca ne passe pas, j’ai envie de cramer mon serveur ftp, je pense à tout les gens que je hais et à qui j’ai donné raison en devenant une connasse, prend le deuxième quart de lexomil, mais toujours rien, le cœur qui s’emballe, la bouche sèche, envie d’appeler mon mec mais j’en ai plus, envie de crier maman et de me blottir contre les gens, sur mon Iphone les mails n’arrêtent pas d’arriver, propositions grotesques destinées à une nana que je ne suis pas, le RER arrive et tu ne sais pas pourquoi, t’as juste envie de sauter, de balancer ton corps diminué de moitié sur la locomotive du ROVA de 8h56, parce que tu ne sais plus comment t’en sortir, parce que tu peux pas avouer que t’es en train de reprendre du poids, et que tout va s’arrêter, tu vas redevenir la risée de ton e-quartier, parce que ta crédibilité est en train de crever, parce que tu fais une overload de merde, tu fais deux pas en avant et tu te laisses tomber.

Ci git @DariaMarx, blogueuse amaigrie,

Qui à vouloir mincir, finit aplatie,

Connasse en bikini à l’âme endolorie,

Ni fleur, ni couronne pour cette grosse bouffonne.

(Vos donations paypal sont à envoyer à dariamarxisdead@weightwatcher.com)

Fat bitch.

Dans l’immensité des déviances sexuelles, j’ai la chance d’attirer particulièrement deux genres de pervers tout à fait particuliers : l’admirateur de grosses et le soumis.

Le premier trouve en moi tout les critères physiques nécessaires à la réalisation de son fantasme, prend du plaisir à te caresser les bourrelets que tu tentais jusqu’alors de dissimuler habilement dans ta nuisette noire, secoue son appendice entre ses seins en te faisant remarquer qu’il disparait complétement, ca le fait sourire, ca ne l’inquiète pas plus que ca, te demande de l’écraser de tout ton poids, de t’asseoir sur sa tête jusqu’à ce qu’il devienne tout bleu, technique qui demande une certaine maitrise si tu ne veux pas te retrouver en zonzon pour homicide involontaire. Si le pervers à grosse t’invite au restaurant, il t’encourage à prendre les plats les plus caloriques et les plus pantagruéliques de la carte, s’assurant ainsi de la continuité de ton obésité, et donc de la survivance de son objet de jouissance. Il prend ensuite un plaisir quasi sensuel à te regarder manger, comme si ta fourchette devenait une extension subite de sa queue, d’ailleurs lui, il ne mange pas, il est trop occupé à te regarder baffrer, la vision de toi finissant ton tiramisu ayant pour lui une portée érotique inégalable. Si tu parles de régime au pervers à grosse, il connaît son sujet et te démontre avec fougue pendant une demie heure que tu es parfaite et que tu n’en as pas besoin, que la société est pourrie et que tu es dans le vrai. Le pervers à grosse est souvent marié, avec une fille pas moche mais très maigre, qu’il a choisi en désespoir de cause, n’osant pas faire son coming out de pervers à sa famille et à ses potes. Il passera des heures à soupeser tes seins, à les comparer mentalement avec ceux de sa copine, en soupirant et en se flagellant de n’avoir pas le courage d’avoir une femme hors norme.

En bon fétichiste, le pervers à grosse est un collectionneur. Tu l’amuseras et le contenteras un instant, mais sache que si il croise une femme plus grosse que toi, il oubliera ton numéro de téléphone en moins de temps qu’il ne lui faut pour dire 200 kilos.

Le soumis lui, est attiré comme le premier par ton image de femme forte. Chez le soumis, le poids prend un sens symbolique, et fais de lui une petite chiffe molle et insignifiante, ce qui l’excite énormément. Au delà des sévices classiques d’une bonne relation Ds (qui n’a jamais rêvé d’être fouetté aux orties fraichement coupées devant un parterre de dominatrices, je vous le demande), le soumis voudra devenir ton tabouret, ton chausse pied, ton lit. Transformé en meuble, tu pourras t’appuyer de tout ton poids sur sa faible colonne vertébrale, pendant qu’il hurle à la mort, mais que non, surtout n’arrêtez pas madame. Le soumis fera ton ménage, ton repassage, tu peux même, si tu es un peu vénale, te faire offrir des bas en PVC et autres accessoires sexuels, dans lesquels tu défileras, sous le regard de vénération absolue de ton généreux donateur. Le soumis est également souvent marié, et te demandera dans un murmure de ne pas laisser trop de traces sur son postérieur, Madame pourrait se douter de quelque chose. Le soumis est extrêmement élastique du croupion, et donc si un jour tu ne sais pas où ranger l’aspirateur, dans son cul est un endroit indiqué.

Le soumis, trop heureux d’avoir trouvé laisse à son collier, ne partira pas. Il deviendra insistant, collant, voudra connaître les détails de ta vie, t’enverra des sms désespérés en te suppliant de bien vouloir le recevoir. Si jamais tu te prends d’affection pour le soumis et que tu tentes de le voir en dehors de vos séances de zizi-panpan, tu t’aperçois qu’il n’a aucune conversation, aucun répondant, aucune vie derrière ses lunettes, et qu’il ne s’anime qu’à la perspective d’une nouvelle technique de bondage à essayer. Il est mono maniaque. Pour t’en débarrasser, tu devras mettre en scène une cérémonie ou tu lui rendras sa liberté, avec pyrotechnie et effets spéciaux, et il repartira chasser une nouvelle Dame avec ta permission, et ton soulagement.

Je critique, je critique, mais moi aussi je suis fétichiste. J’aime les barbus, j’aime les petits, j’aime les drôles, j’aime les grands, j’aime les crânes rasés, j’aime les légionnaires, j’aime les muscles qui entourent le nombril et qui descendent vers les cuisses, j’aime les poignées d’amour, j’aime les mecs à lunettes, bref, je suis bien pire.

Le Duplo

Après notre première, et dernière roulade dans le stupre et la luxure, il me dit  :

“Tu vois, moi je suis un Lego, toi tu es un Duplo, on peut pas bien s’emboîter”

Jolie métaphore de trous et de bitonios à rentrer dedans.

Bien sur j’aurai du fuir.

Un mec qui fait porter la responsabilité de son échec sexuel à un jeu de construction pour enfant de moins de 12 ans, c’est presque pathologique. Mais sur le coup, j’ai rien pu dire. J’étais tellement affreusement déçue qu’un mec si brillant, si marrant, si joli, soit si incapable de me faire jouir, et un peu tristounette aussi de la taille de sa bite, il faut le dire, que j’ai pris cette affirmation comme une insulte. Moi je suis un Duplo ? Moi je suis un Duplo ?

D’abord mec, pour faire jouir une nana, il faut lui donner envie. La renverser mollement sur son pieu en faisant une blague grasse du genre “attention ma chérie tu vas voir le 7e ciel”, même en imitant Lino Ventura, c’est un mauvais départ. J’ai passé les 13 minutes de notre coït endiablé à me demander ce que je foutais là, et surtout comment je pouvais me laisser faire par un manchot de la teub.

Je ne vais pas parler des préliminaires, et pour cause, il n’y en a pas eu. Enfin je pense pas que se déshabiller (juste le bas pour toi, c’est plus class) compte comme des préliminaires. J’ai essayé de t’intéresser à des trucs simples, mes seins par exemple, mais tu étais concentré, avec un petit air de Jack Nicholson dans Shining. Aucune interruption possible.

Après avoir essayé de m’enlever mon soutif pendant 12 secondes, tu m’as donné l’ordre de l’enlever toute seule, pendant que tu t’occupais, tout seul, de ton pantalon et de ton caleçon. Tu as gardé ton t-shirt moche, et je me suis dit que tu devais être complexé du poil ou du muscle, ou du gras, et j’ai presque trouvé ca mignon.

Je me suis approchée de toi pour, ahem, comment dire, m’assurer que tu étais techniquement apte à l’acte sexuel et éventuellement t’apporter une aide, voire même te faire profiter de mes techniques de folie, et là, tu m’as demandé si j’avais des capotes.

Évidement j’ai des capotes. Mais était il vraiment nécessaire d’en mettre une alors que je n’avais encore qu’entraperçu ton membre glorieux et dardé ? Fallait il déjà, alors que nos muqueuses étaient encore à 1m l’une de l’autre ériger cette barrière de latex ?

Oui, parce que nos muqueuses allaient se rencontrer plus vite que prévu.

Je retire une capote de dessous mon matelas (toujours prête !), je la balance avec nonchalance sur le pieu,pensant te rassurer sur la présence des dits préservatifs, et donc pouvoir détendre l’atmosphère, mais non,  tu te jettes dessus comme un chacal, tu la mets toute seule et en 2 sec chrono (petite bite), tu te projettes vigoureusement entre mes cuisses, et tu cherches avec entrain l’entrée des artistes. Ah non. Tu cherchais bien ma chatte. Ah non, le cul. Ah non. Ah oui. Ah non. Ca glisse ? Oui, c’est normal. Allo t’es puceau ?

L’acharnement que tu as ensuite mis à bouger au dessus de moi, épileptique mouvement de tes hanches, m’a fait penser que nous étions bien en train de baiser. J’ai donc essayé de me concentrer sur mon vagin, mais malgré mes efforts, impossible de localiser ta queue. J’exagère un peu, je l’ai sentie buter, encore et encore, dans mon aine, sur mon pubis, contre ma cuisse, à tel point que j’ai voulu t’aider, mais trop tard, ma cuisse lubrique avait eu raison de ta virilité. En gros, tu avais joui comme un gros porc, beuglant comme un veau, alors que j’avais à peine eu le temps de réaliser qu’il y avait eu pénétration. J’ai même pas eu le temps de penser à simuler tellement la situation était grotesque.

Pourtant ca avait bien commencé entre nous, c’était l’été, dans une soirée chiante, j’étais bourrée, tu étais marrant et pas trop laid, un peu artiste, un peu bizarre, comme j’aime, on avait bu des 8.6 au bord de la Seine avant de venir se finir chez moi, tu m’avais embrassé dans les escaliers, et ton air vicieux me laissait penser que ca allait être bien dégueulasse et bien fun.

Comme tout les mecs, tu as mal supporté mes remarques sur notre moment de bonheur charnel. Tu m’as piqué ma dernière clope, tu t’es levé, toujours avec ton t-shirt moche et ta bite encore dans la capote pendouillant mollement entre tes jambes toutes maigres, et tu m’as expliqué ta théorie de l’emboitement.

Le seul truc mec, c’est que je suis un putain de Mecano. Demande à ton frère. Ahah.

(Sunday, December 27, 2009)

Les hommes n’en veulent qu’a mon #cul

Faut que j’avoue.

J’ai plein d’amants. Enfin. Je parle beaucoup de cul avec des #mecs.

Ne se passe pas une seule journée sans que je me fasse sexter, sextwitter, cybersexer.

Je suis une #femmefacile. On aurait tort de se priver.

Mais entre celui qui me montre sa queue depuis 2 mois alors qu’on habite à 500m, celui qui m’envoie des textos enflammés alors que j’essaie de conclure avec un vrai mâle, celui qui me réveille en pleine nuit la voix haletante et le souffle court pour me dire que vraiment je suis très très excitante, je suis un peu over-cyber-sexuée.

Et le véritable problème, c’est que je ne peux m’en prendre qu’à moi même.

Quelques régles simples pour toi, jeune femme :

1- N’utilise jamais … dans tes conversations virtuelles avec un #boy. Il s’en servira de toutes facons pour y voir un sous entendu sexuel. Et il te répondra avec …………. . Et la machine infernale sera lancée. Les trois petits points sont le début de la fin de ta cyber-virginité.

2 – Ne dis jamais que tu as une cam. JAMAIS. Parce que sur un malentendu, tu vas l’allumer. Et un quart d’heure plus tard, sans que tu le remarques, tu parleras à un gland, et tu auras les nichons à l’air. Alors qu’au départ tu conversais agréablement du dernier album de Joe Dassin.

3 – Ne fais pas genre d’être une trainée. Les hommes n’ont aucun sens de l’humour. Et même si tu es une trainée, ne t’en vante pas. Les hommes n’ont aucune idée du schéma mental de la trainée. Alors qu’ils trouvent super génial que tu assumes ta sexualité, dès que tu commences à dire que tu en as assez de lui dire que oui, certes, tu es une grosse cochonne pour l’aider à se palucher, il décidera que tu es une mythomane frigide et te plantera pour un film de boules Est allemand.

4 – Ne pense jamais que l’homme à une vision vraie de toi. Tu as beau lui expliquer en détail ton physique, avec les centimètres, les diamètres, les kilogrammes, les bonnets, lui envoyer des photos (oui, même celle du dossier photos_trop_cheums), il pensera toujours que tu es une déesse qui ne pète jamais, du moins tant que vous resterez dans le monde virtuel des bisounours partouzeurs.

5 – N’accorde aucun mérite à l’homme qui te contactera “juste pour te souhaiter une bonne journée” ou “juste parce qu’il pense à toi”. Il viendra t’emmerder pour voir ta chatte dans quelques heures/minutes. Inutile de te dire que, quand même, il n’est pas qu’un obsédé planqué derrière son ordinateur. Il l’est.

6 – Souviens toi que l’homme est fourbe, et qu’il peut te screener. Et que l’idée de se retrouver en train de jouer avec une carotte sur porntube ne plait à personne. Si jamais tu sautais le conseil n°2, ne fais jamais rien à la cam qui soit affreusement affreux. Ainsi je déconseille formellement le déguisement en mère Noel, le roleplay débile, les légumes, les fruits ou les animaux. Pense à ta grand mère qui vient juste de se connecter au Net. Oui, les vieux matent Porntube.

7 – Ne raconte pas ta vie de pauvre fille désespérée qui cherche un mec à ton pervers 2.0, surtout un soir de rentrée de soirée avec 12 kirs royaux dans le nez. Fort de ta faiblesse, il saura te perturber assez pour que tu te mettes à penser qu’il est celui que tu attendais, lui et son micro-pénis qu’il filme en contre plongée à la cam pour lui donner du volume. Tu te sentiras obligée de répondre au moindre désir lubrique, envoi de strings portés par coliposte (je conseille la cancaillotte), tu commenceras à parler de ce #mec à tes copines qui te prendront pour une tarée.

8 – Ne crois jamais qu’en cas de rencontre (ne t’inquiète pas trop, il est trop occupé à trouver d’autres partenaires de secouage de poireau pour trop te solliciter à ce sujet, et il a trop peur de révéler sa nature réelle de gros nul au pieu), tout se passera comme dans tes fantasmes les plus fous, qu’il te sautera dessus avec respect (Ahah), que son dard sera exceptionnellement doux et dur à la fois et qu’il te chantera la ballade de Johnny-Jane pendant l’orgasme. Non non. Et même si il te l’a promis sur msn, ce sera vilain et bizarre, tu te sentiras obligée de te déguiser en prostipute et il se sentira obligé de fourrer sa grosse langue de blaireau de 4e.

9 – Ne te mets pas à penser que sous prétexte que grossebitte93, cherchelamour99 et Tudac33 te cherchent des morpions dans la toison virtuelle toute la sainte journée, que tu es devenue une vraie bombasse. Tu es juste toi. Ils se branlent uniquement sur la vision fantasmée de la femme. Tu n’es qu’un support à fantasme. Un porte manteau à éjaculation faciale. Pas la peine de te la péter.

10 – Enjoy quand même. Mais les meilleurs plans culs sont souvent ceux qu’on ne devine pas à l’avance, ceux qui arrivent un peu trop vite, ceux où tu partais juste boire un café et tu rentres chez toi 3 jours plus tard avec une cystite.

The characters and events depicted in this
note are fictitious. Any similarity to
actual persons, living or dead,
is purely coincidental.
(Texte pour Brain Magazine)

Les hommes sont des petits lapins. Poussins. Coin-Coin.

Les hommes ne sont pas les meilleurs amis des femmes. Non non.

Les hommes sont des petits lapins.

Parfois il faut les attraper par les oreilles pour les foutre à la casserole.

Parfois il faut les dégager à grand coup de pompe dans le derche pour qu’ils arrêtent de te chier sur les pompes.

Parfois tu as envie de les prendre dans te bras tout mous et de leur faire des calins, mais parfois, t’as juste envie de faire partie de celles qui aiment avoir un animal de compagnie.

Quand tu te promènes dans les animaleries, tu as du mal à te retenir, tu aurais bien 4 petits lapins chez toi, mais tu résistes, parce que tu ne pourrais pas t’en occuper. Alors tu prends du plaisir à caresser le petit lapin de ta copine, en plus du tien.

Le problème des petits lapins, comme des animaux de compagnie en général, c’est quand tu veux partir en vacances, en week-end. Quand t’es une gentille propriétaire, tu les laisses à une copine, pour qu’elle s’en occupe. Quand t’en as rien à foutre, tu te barres en laissant une vieille assiette de croquettes et un bol d’eau croupi, en espérant qu’il se soit barré quand tu rentres.

Le monde un peu comme une SPA géante. Ils sont tous là à te regarder avec leurs grands yeux de petits lapins tristes.

Et puis quand tu as eu des petits lapins, parfois, t’as envie d’autre chose. D’un furet. D’une petite souris. Ou juste de rien. Alors ton petit lapin maigrit. Il commence à ronger la bouteille de JB. Il bouffe tes restes de pizza froide en grelottant sur le carrelage de la cuisine. Alors t’es partagée, entre l’envie de l’euthanasier, pour la souffrance tu comprends, ou alors de passer une dernière fois ta main entre ses deux petites oreilles velues, histoire de se quitter sur un bon souvenir.

Bien sur parfois, tu perds ton petit lapin. Tu tournes la tête, tu vas bosser, ou simplement tu respires, et dans l’instant qui suit, il disparait. Il laisse souvent des traces derrière lui, petites crottes moisies sous le lit, que tu frottes contre ta joue en chialant. D’abord tu comprends pas, tu veux pas comprendre, t’es sure qu’il reviendra, mais non ma grande, te raconte pas d’histoires, c’est fini, tu le sais parce qu’il te le dit, dans un café pourri, en public comme si il flippait, comme si en tête à tête tu allais le tuer, le frapper, l’assassiner. Mais il a simplement peur que tu chiales, de voir que vraiment t’es mal, alors il te paie un dernier demi, il se rachète une conscience en se disant qu’au moins, lui, il te largue de vive voix. Toi tu chiales pas, parce que t’es glacée, congelée, que ton cerveau ne fonctionne plus, tu cries pas, tu hurles pas, tu demandes même pas pourquoi, parce que tu sais que la réponse est “c’est pas toi, c’est moi”. Mais c’est pas toi, c’est lui, c’est sa nouvelle pute, celle qui écarte les cuisses mieux que toi et qui a la nouvelle PS3.

Tu rentres chez toi, c’est comme une maison témoin. La traces de son cul encore dans le canapé, les mégots dans le cendrier, témoin de ce qui a été, de ce qui est cassé et de ce qui maintenant n’existe pas. Tu pètes un peu les plombs, t’attaque la vodka, tu tapes dans ta coke de l’année dernière, celle que promis tu toucheras pas, tu réponds pas au téléphone, tu vas pas au taf, tu regardes le plafond et tu attends que ca s’arrête, que ton cerveau se réveille, que le cauchemard s’arrête, mais ca s’arrête pas, ca devient plus dur, maintenant tes potes sont au courant, ca sonne à l’interphone et on te demande de parler. De parler de quoi. T’as pas envie d’avouer que ta dernière requête Google c’est suicide, mode d’emploi, que tu pues le tabac froid, et le vomi un peu aussi. Que tu t’en veux, que t’es moche et inutile, que tu te sens crevée du dedans, que t’arrive pas à effacer son dernier SMS, son dernier mail, sa voix sur ton répondeur, avec ce message que t’écoute en boucle, celui ou il te dit qu’il t’embrasse, pourtant c’est rien, mais ca te sauve un peu la vie de penser que t’as pas rêvé tout ca, qu’il y a encore quelques heures t’étais importante pour quelqu’un, que t’étais pas juste cette pauvre fille un peu borderline, un peu cramée putain.

Un matin tu te réveilles, tu mets du rock qui hurle et du rap qui claque, tu mets des fringues de pétasse et ton maquillage de macrelle, t’envoies le même message type à tout ton répertoire masculin, le premier qui répond tu l’baises. Parce que 100 peines de cul sont plus faciles qu’une seule peine de la tête. Que ton corps ne te trahit pas, alors que ton cerveau tu sais plus comment l’arrêter, il tourne à vide, tourne en rond, pour le faire taire tu te fais jouir en désordre en te branlant contre des connards qui se branlent à l’intérieur de toi. T’oublie leur queue dès que tu sors de leur appart, tu reprends le métro et tu repenses à ton mec, et tu te vomis d’avoir fait ca, d’avoir encore une fois fait n’importe quoi. T’es saoulée de toi, t’as envie de te jeter contre un mur mais t’es plus forte que ca, tu ravales ta bile et tu changes de playlist, tu penses à des trucs un peu débiles, le soleil le matin en été, l’odeur de ta mère, tu chiales un peu, tu fumes beaucoup, t’efface ton répertoire de toquards, un jour il vient récupérer ses clés, tu lui balances à la gueule en le traitant de connard, tu revois tes potes qui sont inquiets, qui te prennent pour une tarée, qui écoutent tes histoires en pensant que t’es paumée, perdue, foutue, mais t’es juste sur la bonne voix, tu recommences à parler de toi. à déconner, à sortir, à glander, t’as presque tout oublié.

(Wednesday, December 16, 2009)

My mother never saw the irony (…).

Tout ca tout ca et puis le reste. Avec ? Et je vous mets ce qui dépasse ? y’a 600 grammes, je laisse ?

Mais ouais, laisse ma grosse, après tout, un peu plus un peu moins, de la bile ou de la bave, ce ne sont jamais que de vilaines sécrétions, bien plus hardcore que la mouille qui ne coule pas de ta chatte pour cause d’hypertrophie de la bite de ton mec.

Attention, c’est là que je prends ma voix de Diams et le flow de “De l’amour à la haine” de TTC :

T’as voulu jouer à la maligne, ok, je respecte, c’est mon jeu preferé, mais maintenant va falloir assumer, et venir avec ta petite tronche de taupe recevoir ta branlée. Tu veux jouer la victime, ok, c’est un registre que je connais moins, mais je connais bien plus ton programme, amour gloire et beauté, embauchez moi, je suis une fille dynamique et même pas névrosée.

La différence majeure c’est que moi j’assume, les conneries, la baise et les idées qui puent, j’aime le ridicule, j’aime ma chatte et mes seins, je les montre à qui j’veux, et en plus j’aime ca, je suis fière et je suis moi. Tsais quoi, j’assume même mes pires plans, mes galères et mes horreurs, les nuits où je me tape la tête contre les murs pour arrêter de penser.

J’ai pas de gros blog tendance sur mes cuisses dans un legging lamé, faut croire qu’il y a des gens beaucoup plus doués que moi pour ca, et tant mieux. Le seul truc qui me ronge c’est ton attitude de wannabe de la beauté, comme si tu voulais faire la course avec toi même, comme si il y avait quelque chose à prouver. Mais meuf, regarde toi, regarde toi bien et arrête de t’accepter. T’es risible, tu fais peur aux enfants et les vieux te font des croches pieds.

Si un jour je me retrouve avec le même mental que toi, par un soudain oubli de deroxat ou par un autre truchement chimique, mais meuf, j’attends pas, je prends le train vers le pays des moches et des pas belles, et comme toi, j’essaie d’en devenir la reine. Parce que ta stratégie à deux balles, t’inquiète, je l’ai bien capté. Avec tes cartes de visite pour ton blog à peine buzzé, tes fringues qui puent la mort d’avoir encore grossi, et ta tronche de CAP de vie ratée.

Ca y est t’as compris ? Ou je continue jusqu’à ce que ca fasse bien mal ? Je parle de ton mec tellement chlass qu’il ouvre pas sa gueule, coincé devant son écran comme une souris dans un labo. Mais tu lui as fait quoi meuf pour le niquer à ce point là ? Tu fourres ses Kellogs au xanax ou tu lui as fait peur en lui montrant ta chatte ?

Alors continue à parler, continue à jacter sur ma gueule, dans ta grande incapacité à répondre sur le fond, attaque la forme, dis moi que je suis moche et re-moche, grosse et dégoulinante, que j’ai le stupre au cul et l’herpès aux fesses, balance tes rumeurs les plus moches, fais parler les vieilles capotes, acharne toi sur mes seins, mon bide ou mes cheveux, décortique ma vie de long en large si ca te soulage quand tu chiales la nuit d’avoir mal partout et d’être une vieille enfant inapte à tout.

Ou alors ferme ta grande gueule virtuelle, j’attends ton mail.

(Monday, December 14, 2009)

Grosse féministe